d’ailleurs je n’ai pas de combat, seule la défaite est mienne, et le sable qu’on souffle sur le leurre des paupières
tu t’attristes. tu t’attristes vraiment. tu déglingues un peu plus la carcasse du jour – j’admire, j’admire un trognon d’ pomme
ou l’algue échouée de la toute dernière pluie…
.
les morts nous nourrissent. nous nous nourrissons des morts. nous n’éprouvons de gratitude qu’envers les morts. la mémoire est l’espace sacré de notre solidarité
le souvenir du temps présent signifie alors que les morts vivent à travers nous. nous en sommes les yeux, les sens, la conscience. nous sommes l’organe sensible d’une éternité assoiffée
je n’ai à rendre compte de rien à quiconque – je suis l’enfant chéri des morts jusqu’à ce qu’à mon tour je devienne le père et le pain du vivant,
de par mon absence-même, mon retrait, et ma bénédiction
.
combien de temps dure le néant? et que s’y passe t-il vraiment? que se passe t-il quand il ne se passe rien, quand rien ne passe?
je n’étais pas dans le tombeau avec jésus, ni dans aucune tombe. sauf au premier toucher d’amour peut-être, quand le souffle coupé nous convoquions les anges de tous les horizons,
et du cœur de la mort un jet de lumière éblouissait notre soif infinie, ou presque
.
o ventre
ventre de Béthléem
j’ai mal un peu partout
et d’un peu partout d’ailleurs
– partout d’ailleurs…
o ventre
ventre de la sainte trinité
et du quarté gagnant
de la vie comme elle pend
à nos tristes possibles…
c’est fini.
.
vas
plus loin
plus loin encore:
au bout du paradoxe
viens
reviens
de nulle part
de nulle part encore
ici
est partout
partout mais il ne sait
pas où
vas
plus loin
plus loin encore – ça y est, c’est là:
TEPELENE





