j’achète un couteau – non, un couteau c’est trop chaud. genre un miracle insoupçonné te rends-tu compte? non, tu ne te rends rien du tout, si ce n’est à dieu. du moins au dieu frileusement absent. au dieu qui a renoncé, comment dire, au posséder, au dominer. au dieu malgré soi en quelque sorte. cette métamorphose-là
galeux, un chien vibrait en moi. il s’appelait juste comme il faut. erratique racine. carte mouillée – un peu comme un sexe de femme, labyrinthe sans fil. un chien aboyait au fond de mes os, ma déstructure. je croyais rêver or je ne rêvais pas: j’envisageais seulement de me déguiser ne ce que je toujours fus: un pur néant de beauté, de hasard, d’abstraite inattention
il fait plus beau dehors qu’ici, par ailleurs tout terrain va miné. ne pas bouger diminue le risque, mais élargit la mine, faut-il sauter d’un bond. le salut ne sauve de rien tu le sais bien, hein, dis-moi que tu le sais bien. tu te ressers un verre, un verre encore, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. on se sent vivant tant qu’on meurt, tant qu’on meurt pour rien
je ne me souviens plus. ni de ceci, ni de cela. pas même de ceci. et si je m’en souviens c’est tout comme de ne m’en souvenir pas. alors ne m’en veuilles pas. ne m’en veuilles pas surtout si je chante faux. c’est moins grave au bout du compte que si je chante juste. ce qui n’est heureusement pas le cas. pas le cas. heureusement
un chien devant l’autre et la mort à côté. sacrée maraude. le texte comme prétexte, les lignes desservant l’entre-ligne. l’entre-ligne l’entrejambe. je n’étais pas là le jour où, le lieu lorsque, la lèvre sur. le doigt loin dedans, l’œil ou le gîte. sacrée maraude…




