apparemment il va pleuvoir, cette nuit ou ailleurs
il est grand temps d’ailleurs – les fonctions sont à bout, la salive pâte dure
encombre les gosiers
personne n’est encore
revenu vivant de Troie (seuls les morts y ont droit)
ni d’un tour avec elle
cette odeur de mazout…
ma caisse a trois vitesse et pas de marche arrière, même en y pensant très fort
les routes sont désertes, avec un peu de chance il tomberait des gouttes
sur le dos de la main
s’y effrite un destin, ou quelque chose du genre
pathétique, à mendier un malheureux bout d’pain
au pigeon de midi – je traîne de l’aile
plutôt de la savate
par un geste semblable et par-dessus l’épaule, jeter un lent dernier regard
au renard qui s’enfuit
et le renard s’enfuie…
n’ayant rien à faire je pose un pied, à terre
rien à accomplir l’autre reste en suspens, latent
quelquefois j’ai raison, passe en revue chaque seconde, chaque minute
du temps perdu, allègrement perdu
petit poucet, gentil petit poucet…
qui donc me retient là, dans son filet maigreur? il va pleuvoir apparemment
apparemment seulement
personne n’est encore
ressorti de ce ventre-dolor, si ce n’est
en cendres, en cendres seulement
un mouchoir sur la tête…




