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assis là sur un banc


  • l’orgasme mélancolique

      vous êtes si moches, des gens si moches
    il y a une peluche à l'origine des choses qui n'auraient jamais du être cassées, jamais être déchirées
    et puis la mer au bout, fusion hostile,
    extrême solitude



    on se range versant nord et puis l'on pisse dessus
    je me sens abri-bus tout à coup, je me noie sous la bruine
    il n'y a personne. tu as beau regarder de tout côté, il n'y a personne
    et mon dieu, mais que personne est beau...



    demain un œil n'ira pas mieux
    il lorgnera d'un autre creux, d'un autre genre tu me diras laisse tomber, bébé, laisse tomber
    et je laisserai tomber - même la mort ne voudra pas de moi
    : nul os à ronger là



    on se rapproche d'un bitte on ressent un ferry
    et toujours pas de mer en vue nom d'un chien, et toujours pas de mer
    plus d'âme en moi, les bouleaux-pleureurs ne savent plus quel jeu
    jouer avec leur sexe. on attend la panique
    la très sainte panique



    d'un jour émerge un homme. d'un autre jour pas
    ou quelque part encore un simple phare, mi-lune mi-chagrin, parfois éteint
    on s'amuse comme ça, avec le vent venant de l'est, le vent venant
    toujours de l'en-dedans
    16 août 2026

  • vautré dans une indifférence désespérée, point virgule

      tant de lumière et me voici réduit à moi
    la mort m'aspire, pompe funèbre, la paille dans l'œil et cætera
    jusqu'à la nausée, aimant à vide...



    un petit garçon s'est faufilé d'entre les nombres
    quand on n'a rien à cacher, ne reste plus rien à montrer non plus
    et l'on meurt triste, à côté de la plaque apparemment



    d'un point de vue métaphysique, la liberté ne signifie rien
    le sein la bouche, rien de tout cela n'eut lieu
    mourir annihile la mort, c'est tout
    c'est à peine si être me retient



    une ville, une histoire de naufrage, le contraire d'une douche
    un paon m'appelle, à qui l'on a coupé la queue
    et bientôt je m'habille, pour je ne sais quel bal



    il y avait une virgule, il y avait un jour sans il y avait
    un deuil perpétuel
    alors on est tombé dedans, comme des grands, comme des trous
    comme de très grands trous
    13 août 2026

  • donner à boire aux animaux

      passer le temps, s'asseoir dessus
    ou par terre, s'il est encore une terre, un sol
    un sol commun, auquel aucun miroir
    ne renvoie l'écho - c'est donc ainsi
    qu'il se comporte, le roi-mendiant,
    l'assis sur rien



    je me promène, en temps voulu. le temps venu je me promène, encore
    il fait doux entre les gouttes, à température constante le révolu
    je t'attends là, à la
    sortie de métro, d'une bouche de métro, du trou en terre je t'attends
    là



    de mensonge en mensonge, comme si on n'arrivait
    pas à se dire, à passer à l'aveu
    un jour en soi personne ma bouche, on oublie l'heure
    le vide en vrille on oublie l'heure
    c'est mieux comme ça



    quelque chose au fond
    ne passe pas - le trou par trop étroit, le
    grain de sable têtu que sais-je, les deux doigts d'un main
    me grattent le front que sais-je, peut-être seulement pensais-je
    à l'heure qui ne vint, l'heure dont on rentre
    bredouille, un soir de rien,
    une vie entière...
    10 août 2026

  • ferme les yeux mange ton cheval – moi, je redeviens

      le pluriel cette année
    s'accordera au singulier. petit père des
    défaites imaginaires, souffle pour moi
    dans ton triste duduk et plante un arbre
    dans mon cimetière mélancolique ou sur ma tombe - crache sur le sol, je ne suis désormais plus que
    tympan pour le bourdon, une agonie d'injures



    judo de tous les côtés, et ce malgré l'été. je me love discrètement
    entre le vent futile et
    l'impérieuse canicule. y a tant d'argent
    y a tant d'argent et toi t'es pas content



    l'étau desserre le moi, je m'en vais
    sans contour
    sans sommeil c'est préférable, j'apporte
    un croissant à grand-mère, un cubi de rosé, que le loup
    reste en-dehors de ça - demain j'ai congé sabbatique demain
    réparera le jour d'avant, pour le jour d'après on verra bien



    je n'ai pas peur d'un homme c'est quand même bizarre un homme : il faut que ça touche
    pendant que moi console flagrante, je reste là penché sur ma poupée à lui
    laver la tignasse, la peigner la sécher lui
    torcher chaque orifice la pénétrer ne serait-ce que
    d'un silence radical
    7 août 2026

  • sous chapiteau

      à mi-chemin, faire demi-tour
    ne m'épile qu'un sourcil.
    un chemin de travers ne me traverse plus, j'ai rendu l'âme
    au plus offrant je crois - y avait pas
    foule au portique non plus : seul errait là encore
    un lendemain venteux...




    où l'on commence à douter de sa propre éternité, plus un pied dans l'eau
    un orteil disons - peut-être même
    qu'un regard suffira
    posé à la surface, oiseau à tout égard,
    filet ratissant large
    4 août 2026

  • ce qui va de soi et ne cherche pas l’amour

      passer sa vie à dire adieu
    alors comment on fait avec les puces ?
    on s'envole pas. de toutes nos forces, on s'envole pas



    on s'embrasse comme ça, par le plus court chemin
    ne me dilue pas trop, et apprends-moi
    en quoi le néant n'a rien de féminin



    une fois la roue, une fois la tombe
    je n'y suis pour rien simplement je lève le bras
    en l'air, ou autrement
    la mort oublie-moi



    une étoile et un doigt mort - survivre mais à quoi ?
    en-deça de la mer crève, sinon regarde-toi
    crever



    que faire d'autre que partir, tandis qu'en contrebas s'écoulait
    au compte-galet
    la plage d'en-dedans ?



    serais-tu de celles qui
    apportent de l'eau à un noyé, ou leur rince les yeux ?
    dis-moi ce que tu veux, sauf la vérité :
    elle ne tiendrait pas dans mon carré...
    1 août 2026

  • quitté l’pays, l’origine, la raison

      chien manque d'espace, part en vadrouille - il faut
    tout pardonner et tant pis pour
    ce qu'on ne peut se
    pardonner soi-même



    dès que survivre ne sera plus le but, ni mourir l'espérance
    on fera mine de ci, on fera mine de rien, et de vivre
    si dieu le veut, par exemple



    les mots
    se détachent de mon esprit, peaux mortes
    et mon esprit de même, carcasse à la lisière
    mais j'm'en fous - tant que le très haut continue
    de payer mon loyer...



    vieux mort, jeune veuve
    sauf si tu la suces disons mille ans durant, et que durant ces mille ans
    tu te regrettes un peu...



    c'est comme si tout à coup on avouait tout, suicide ostentatoire c'est comme si tout à coup
    nous manquait le bras
    le doigt
    d'indiquer où l'on va



    à priori je ne suis guère reconnaissante, simplement je me contente
    de jouir
    sous la plante de ton pas
    est-ce clair ainsi ?



    elle se tient la main et moi, je tombe, d'être un autre homme
    après tout c'est l'inclinaison qui compte, l'oblique d'un trait fluide
    - et maintenant : partir
    29 juillet 2026

  • aussi simple qu’un lacet défait

      plante un drapeau sur une planète morte: la mort ne bouge pas
    au pire, elle change de trottoir,
    d'animal totem



    des tréfonds du miroir un homme
    se dirige vers moi.
    où que j'aille je me perds de vue, je me perds
    à perte de vue



    il a bu
    c'est l'heure rose après tout. il fait semblant de tourner
    sur une ligne irrévocablement droite



    quelqu'un a pied. plus loin, quelqu'un perd pied
    c'est tout ce que l'on sait de lui c'est tout
    ce qu'il y a a savoir, de lui ou d'un autre



    la nuit s'empêtre dans les couleurs: je n'ai rien à te dire
    le trou reste à gravir



    de dieu à dieu le trou béant. quelque chose
    m'écorche la joue - la ronce d'un ongle, une quelconque cicatrice
    une absence majeure...



    elle me respire, elle me respire enfin
    écarte bien les dents. laisse passer l'ombre
    26 juillet 2026

  • j’avais le feu dans l’appareil néant j’avais le feu

      le grand-œuvre achevé, on posera un caillou dessus
    puis il pleuvra



    j'aime une boîte. sans cesse cette boîte. le vide à l'intérieur
    le souffle de ce vide



    l'envers du décor faisant partie du décor, il fait pfft
    d'un geste de la main



    théocentrique à ces heures perdues, l'indifférence des mouches à son égard
    le méduse, lui ouvre
    définitivement l'esprit



    tremper un orteil dans le désastre, qui plus est universel
    ne le fait plus bander



    le poil planté dans la couille, poupée vaudou
    et le reste en plein mer



    d'alcool un chien, une corde
    le vide aux deux bouts de la corde
    allez petite fille, entre donc dans la corde



    j'ai gardé ma robe en rouge
    avec un pli sur le côté, un cloche-pied pour toute
    éternité
    23 juillet 2026

  • beauté triste de la résignation

      pas d'arbre sur cette route
    ni de route en cet espace, d'ailleurs
    un oiseau de malheur me confond avec le ciel, en ce miroir
    descendant, le miroir ascendant, marcher sur le pied d'une ombre cependant
    "j'en n'ai pas fait exprès", se défend-elle



    lumière suprême, lumière de fond, sœur lumière
    des p'tits pipis par ci par là, que l'on relâche dans la nature
    je garde quelques dents pour toi, la langue éteinte
    la pluie sous son palto dressant le portrait d'une ville



    il fait beau tout le temps désormais, même quand il pleut maussade
    autrement dit il pleut tout le temps, jusqu'au cœur de la canicule
    on s'habitue
    à rien. à être sans que cela ne porte
    à conséquence. on s'achète un troupeau, on se rend inutile
    seul jusqu'à l'au-delà, un peu plus haut encore



    touche à sa fin, laquelle moite, et caresse un poteau
    il va faire jour c'est sûr il va faire jour - que pourrait-il faire d'autre ?
    je ne pensais pas qu'aller nulle part aboutirait à cette éternité-là, d'un regard surplombant
    la douleur ancestrale
    20 juillet 2026

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