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assis là sur un banc


  • et tout ce qui fait pshit

      on se raccroche à quelque chose. quelque chose coule
    un pneu, une couille
    la mort au bout du rouleau. et le héros également, tout fier d'un gant.
    je m'achète une corde de guitare
    sans la guitare évidemment, cela ne rime à rien



    tu te souviens de quelque chose, toi ? non, moi je ne me souviens de rien
    l'amour une mine, une mine à tout bout d'champ. l'amour une corde.
    on s'assoit là et puis l'on reste rien
    l'on reste rien, la bouche ouverte



    je viens de dire non. non à la forêt qui pousse, non à la pierre
    angulaire comme de voûte. je m'arrache une dent or une dent n'importe quoi
    mourir à la moindre des choses



    le pôle s'endort. t'achètes un bijou j'te nique un doigt
    on fera avec ce qu'on n'a pas, définitivement
    derrière moi un schéma. devant moi ce néant aberrant



    donc tu t'envoles, dans l'infini tout s'envole
    dieu toute allure, dieu comme si l'on ne
    s'y attendait pas. j'écarte les jambes
    j'écarte les jambes, et toujours rien ne vient



    je voudrais bien te dire quelque chose - un butte dorénavant, un soleil en mi-teinte
    mais rien. non, je n'ai rien à te dire. les ovaires les ovules
    et tout ce qui fait pshit
    20 juin 2026

  • frotte la besace

      je voudrais être l'homme auquel
    tu ne donnes rien à boire. c'est comme ça tout le temps :
    tu te retournes et y a personne. alors que toi aussi réponds absente quand
    qui que ce soit se retourne, sans crier gare



    des bouches à travers chaque trou, on ne s'en lasse pas.
    je me regarde travailler. travailler à ne rien faire.
    assume un ch'val, assume enfin
    une journée de ta vie claire



    penser qu'on s'en sortira comme ça. au pire comme ci. penser
    raccommode les trous. les trous vibrant d'eux-mêmes.
    c'est la déchute. tout l'monde à terre, c'est la déchute



    soluble dans l'insignifiance, je me regarde les doigts d'pieds. je me regarde les trous d'nez.
    on meurt à n'importe quoi. n'importe quoi c'est soi, tel qu'il se décrit
    je m'apprête à t'aimer, n'importe qui c'est soi



    caresse une borne. et puis dans l'autre sens.
    si j'étais mort je te dirais quelque chose - une connerie genre... enfin tu vois.
    jouir de travers ne nous aura pas grandi. jouir de travers...
    et si seulement



    et si seulement t'étais morte à ma place, je te
    caresserais les cheveux, je te masserais le crâne
    - on s'envole on s'envole, mais dans l'infini tout s'envole
    17 juin 2026

  • la mourir m’a bouffé l’cœur

      je préfère perdre dieu - c'est la façon parmi nulle autre
    d'y rester fidèle : mourir de vivre, embrasser sur la bouche
    un bazooka en jupe



    tu te rappelles quand on n'avait rien, mais alors rien du tout ?
    pas un trognon, mauvaise figure, par un temps de flemmard
    dieu est-il beau ? dieu m'aime t-il ? j'accouche, soit
    mais j'accouche d'un rien, la tête morte



    j'ai mangé toutes mes dents, une à une, comme si de rien n'était
    dehors est mort, effroyablement mort
    dedans la lie remue encore, acharnement neuroleptique



    j'te verrouille le visage, j'te racornis l'image, rien n'y fait :
    tu resplendis. chiant d'la boue, recrachant la moitié de l'océan, tu resplendis
    j'étais pas prêt à ça. je m'étais juste
    habitué à rien



    toucher du bois mes p'tites fêlures
    j'ai tellement peur, sans vraiment comprendre de quoi
    mort avant de s'en apercevoir, en tout petit, tout minuscule
    petit personnage...



    dévorant, l'appétit des vivants pour les défunts
    n'en reste que les os
    j'ai vendu ma mère, mon père, à un pauvre fabriquant d'jouets
    la toupie ma toupie, c'est ma toupie à moi
    14 juin 2026

  • les géraniums tremens

      une bulle s'ennuie, me roule sur le dos
    éclate à mon insu
    mon insu. béni soit mon insu
    souviens-toi d'un bouée, et coule
    coule avec elle, coule de toute ta
    verticalité. crécelle à l'agonie, j'crache mon tuyau, à la fin caressant
    la joue de n'importe qui, n'importe quelle



    je ne sais pas parler autrement, autrement qu'à une douille
    la grâce malgré tout, quand malgré tout s'enlise
    un désespoir ne viendra pas au bout du deuil, ni lui de lui
    on se touche le zizi. on rougit. la peur de soi
    nous sauve de l'oubli. pour l'instant.



    manette, petite manette sur le côté. comme une narine poussant sur le pied.
    de l'étudiant pendu, la chaussette flottante.
    j'ai mine de rien. même le miroir
    me refuse l'image. je compte mes abonnés, mes abonnés absents
    arrache un cri au gris, avant que lui ne te l'arrache
    rien là c'est tellement grand
    11 juin 2026

  • un truc de fille

      scorpion, se parle à soi. crochet d'attelage, le cœur pendant
    j'ai mal à ta douleur alors je jouis dedans, je pisse mes dents. d'abord un chien
    puis la laisse. l'absence tenant la laisse.
    je te touche la nausée, je te caresse la mort
    tu ne dis rien



    si seulement mais si seulement, on gardait nos paupières
    relevées, même retenues par
    des pinces à linge, des trombones du fil chirur-
    gical et seulement, mais si seulement.
    je t'arrache une couille : ton regard toujours aussi doux, aussi triste
    la paix en dieu ça n'arrivera pas
    avant que l'on tombe tous



    subsiste un doute. le silence compact d'une douleur inextricable
    tu parles de quoi là ? non mais tu parles de quoi ?
    la redevance audiovisuelle, la taxe foncière, les ordures ménagères
    un jour un œil s'ouvre. jamais ne se referme. la mort soudain l'agrandissant
    démesurément ou je m'égare



    mort brune la serpillère
    on s'apprête à jouir, on se retient. de toute éternité on se retient. là tout au bord.
    torpiller les ballons. on fait semblant de ne rien se rappeler
    en chien navré, chien intégral, on s'apporte une cruche
    on se verse de l'eau sur le corps l'un de l'autre
    9 juin 2026

  • j’ai tellement aimé tes dents grises. j’ai sucé tes dents grises

      marelle pas belle. réussir malgré tout son coup
    au rayon viennoiserie reculer, s'écœurer, tâtonner pour un puits solitaire, un tunnel de fortune ou quelque
    issue de secours, petit bonhomme vert courant dans son rectangle blanc
    j'exècre ta chevelure, j'exècre ta culture - me voici chauve de chez chauve
    hautement, et consciemment ignare



    vivre s'appelle comme il peut - appelle-moi simplement lolek
    ou récidive, quand chien ne garde ou n'y prend garde. l'espace
    ne s'embrase pas, et l'on respire un peu
    un peu pousse une truie. un peu
    remonte le courant, et n'y survivra pas



    un poisson hors le flot. un poisson privé d'air. un poisson triste
    qui te regarde tristement
    que tu regardes tristement
    le ciel demeure invisible. le sexe du poisson relâche
    l'abdomen se rétracte
    tu peux souffler la chandelle



    n'ai que le souvenir mais n'existe que sans
    lundi mardi jeudi. un homme front contre vide
    s'y jette pour que l'en sauve un sursaut
    un réflexe de répulsion. mars avril juin, ne te découvre pas d'une tuile. il y aura bien quelqu'un
    pour te renifler l'aisselle, morte ou vive
    le trou en feu, l'appareil de travers



    je n'accepte plus. rien. de rien. je n'accepte plus
    tout me traverse, tout me contraint. je laisse faire
    je n'accepte plus, donc je laisse faire
    la mer abonde. j'ai très peur de me retrouver seul au petit jour, face au vide tout à coup du dedans débordant, et démontant les angles
    très peur. cependant je me sens en odeur
    d'absorber mon néant
    6 juin 2026

  • faire sans

      vivre me bar-tabace
    à chaque fois
    pour une raison ou pour une autre, probablement pour
    nulle raison. il n'y a au final
    pas de raison voilà, vivre me
    bar-tabace c'est tout



    sournoise o mer-tourmente - quand dieu-même ne saurait,
    systémiquement, me combler.
    néant, plus que néant, rien que néant, au large de l'au-delà
    et plus profond encore.
    le dé à coudre d'une main, de l'autre l'océan...



    chacun son petit bidon, faisant la queue au puits
    ta mère jadis, ta mère m'a dit
    il faut une vie pour vivre, une vie à vivre, une mort pour mourir mais là fous-moi la paix
    mais là fais pas de bruit - laisse-moi, sur le silence étendu,
    faire à jamais la planche



    j'appelle une berge, une berge s'approche, s'apprête et me lance un "retourne chez toi métèque, et nique ta chèvre"
    je lève les bras je ne m'envole pas - mes bras quoi qu'ils brassent
    ne sont pas des ailes. je lève la patte ça dégouline de partout, ma patte quoi qu'elle en pense
    ne paye pas de mine
    alors j'explose et je dis rien, j'explose
    d'inconséquence et je dis rien



    une nuit je m'imagine. le jour je tombe des nues.
    la zone. la mouise. le mitard.
    face au miroir se prendre pour soi, comme si de soi, comme si de ça
    j'y arrive mais à peine. et à peine y arrivai-je
    que déjà foutu l'camp
    3 juin 2026

  • la nuit sans qu’on s’en mêle

      concrètement ça s'passe comment
    comme en sursis, comme à la mer, c'est à dire qu'on n'en voit pas le fond
    seulement l'abrupt
    je me fais la courte échelle - concrètement ça s'passe comme ça, je me fais
    la courte échasse, la longue malle



    pom pom boy et tout ce qui s'ensuit
    le billard à trois bandes, les points sur le a
    une âcre odeur de sexe
    je me suis assis dans un coin. un fleuve ou toute une mer, je ne sais plus
    coulait en contrebas



    tu danses seul à seule, rajoutant des e muets en queue quasiment de chaque mot
    chaque syllabe
    chaque lettre orpheline
    des bêtes y en a tout l'temps, prêtes à te bondir dessus
    ou comment de proie se faire croix, se rendre inattractif



    vivre de quelque chose, même en désordre
    comme une dame dont on pourrait pincer et tirer le téton
    figuier sans figue, raison que n'incommode nul principe
    vivre de trois fois rien, à penser qu'en soufflant d'sus, ça finira bien par germer
    quoi qu'il en germe



    je n'ai pas beau, fatal. je ne maîtrise
    pas l'art du souffle, non plus
    s'assoupir le bon congé, la vaste lande. s'assoupir du pied gauche
    quand tout faisant mystère, transparaît l'évidence...
    31 mai 2026

  • je m’achèterais bien une robe

      on se rapproche du lieu, du lieu mourir heureux
    sauf que dans l'âme, bien au-dedans de l'âme, ça ratiboise
    entre-temps pensais-je, je boîte un pas sur deux



    fabrique-moi un jouet, n'importe quel jouet
    avec n'importe quoi, ou en n'importe quoi, d'un famille ouvrière
    d'un canard au bec tordu, le corps à l'abandon
    à l'abandon c'est pas gagné



    je ne me souviens de rien, d'un rien mais si confus
    tomber se dresse debout, supplier tend ses deux lèvres
    t'attends quelqu'un - du tout début jusqu'à la fin de quoi, t'attends quelqu'un
    une brouette



    l'effort de n'être pas.
    repousser l'échéance. enfreindre l'é-
    ternité ou du moins ce qu'on en pense, alors même qu'on ne, n'y pense pas
    je me réveille, mais ne constate aucune
    divergence. presque une similitude, une disons
    déroutante similitude...



    devant s'attroupe un homme
    un humain, pour ainsi dire
    la voix chante famine - chante t-elle famine, la voix ?
    aucun aucune, ne pousse en soi. d'aucuns d'aucunes
    ne pousse en moi, ballerine
    28 mai 2026

  • le vaste infini. détail

      je ne pleure pas. je me mets sur le côté et j'attends que
    cela passe, j'attends que
    cela passe ou non, figé en sa débâcle
    nombril en chute libre



    tourner en rond
    tourner en rond jusqu'à ce que l'esprit se mette à
    chauffer: manœuvre préhistorique, attitude foncièrement
    anhistorique. une paire de lunettes qu'on balance
    par la fenêtre d'un train



    rattaché aux humains par les mots
    au monde physique par la dévoration
    à dieu par l'angoisse, le néant



    tout cela commence avec soi - une rivalité sans fin, une
    chute ascensionnelle. l'espoir d'un improbable retour
    de nulle part vers nulle part, débordant sur les marges



    voir les choses telles qu'elles sont avant même qu'elles ne soient ce
    qu'elles sont. et passer outre. passer
    allègrement outre



    on s'apporte à manger. chacun son tour de rôle
    on se fait boire, à la gourde ou au sein, selon ce dont
    on dispose. on s'attache une corde au vide, on se plante un bouton
    d'or sous le menton, rêvant à vague ouverte d'un
    esprit sans rêve...



    on se rapproche de rien et comme c'est lumineux
    abat-jour et train de nuit - ça nous fait combien d'heures déjà, combien de vies?
    le rien et la lumière, au-delà même de l'obscène: des noces purement
    cérébrales...
    25 mai 2026

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