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assis là sur un banc


  • douleur claire

      comme un matin de gueule de bois, un non premier amour, comme une vie passée
      sur la touche
      une ligne imaginaire sépare le ciel de la mer, et je ne suis
      toujours pas mort


      dieu sur la butte, et le chevreuil en embuscade
      à force d’avoir tort une vérité finira bien par transparaître
      une vérité de transparence, comme lorsqu’on ne peut
      plus s’empêcher de…

      
      le haut se situe toujours au-dessus , que l’on se tienne au milieu ou se couche sur le côté
      méfie-toi du vent du nord
      aimer mourir aussi, nous a rendu plus grave, plus volatile aussi
      bref plus chèvre


      bientôt la mort n’est pas de trop
      bientôt seuls les silences ont la parole
      bientôt le vide ressemble à s’y méprendre
      au vide. mais que cela bien entendu
      reste entre nous


      quelqu’un perd ses dents. un animal en premier lieu
      le temps grandit en nous, la roue passe devant
      j’ai mangé un loup ce matin. cela ne m’a pas rendu plus sage
      c’était juste un loup

    3 septembre 2026

  • insalubre soleil

      ne t'approche pas
    ni de moi ni, reste à distance, c'est à dire de
    l'autre côté de nulle part, un peu plus à droite, là
    j'ai mal à mon poste, j'abandonne mon poste, là
    et donc ne t'approche pas, ne reviens pas vers
    ce qui n'a ni début ni fin, mais te regarde là
    te dérobant...



    je regarde loin loin derrière moi, par une funèbre après-midi de bruine
    cours devant, allez vas cours devant, que je ne
    te rattrape pas, ni en ce monde
    ni dans l'autre, l'ici-absent,
    le détournant



    d'une autre vie jachère m'encombre, je ne sais plus quoi
    penser, pleurer - elles batifolent comme des tarées elles batifolent
    à tire d'aile dans les airs, tétons en lutte
    comme émergées du vide
    ou échouées là



    tourne ton visage vers l'est, suscite-moi. un grand vertige
    un grand vertige c'est tout
    une poupée tendance grise
    ajoute un homme, à un autre homme, rajoute un homme
    sous un tas d'os, un ciel immémorable, disons
    de longue haleine. il pleut quand même
    c'est mercredi



    l'amour mange à sa droite. ça se passe comme ça
    l'immesurable longe les murs, retient son souffle
    tout redevient comme avant, avant quoi que ce soit
    c'est peut-être mieux ainsi. on se tourne de l'autre côté
    de l'autre côté, presque toujours et à jamais
    31 août 2026

  • allumette, gentille allumette

      un lieu comme un lieu où l'on n'enterre rien, mémoire douloureuse de soi
    une pilule, on ingurgite une pilule à la fois, faisant face au miroir boueux
    et front à l'élastique maîtresse



    on apparaît que sur de vieilles photos, de trois quarts dos le plus souvent
    la face restante pâle d'un œil mitigé
    je n'ai pas pris de parapluie cette fois-ci non plus - sans doute aurais-je du...



    je n'achète rien, et les jouets ne me sont d'aucun réconfort
    j'écoute le vent quand il n'y a pas de vent, je me vide la tête autrement
    raison pour laquelle rien ne se passe vraiment, qui disparaît déjà...



    elle ne mange pas de poisson. elle prétend que cela regarde l'océan et qu'à elle deux doigts suffisent amplement
    l'un pour ce qui ressort quand l'autre pour ce qui s'enlise, un truc de ce genre
    je n'ai jamais promis ni tenu quoi que ce soit, seulement rêvé
    d'allumette, gentille allumette
    28 août 2026

  • le seul mourant garçon

      le lieu n'aura pas lieu, ni la poignée de main
    le cheval du matin ne s'en remettra pas
    moi non plus, j'imagine



    le monde pétrifié mais l'âme en poupe. le monde chiffonné
    mais l'âme en poupe
    inéluctablement



    ce qui me manque encore : une étoile polaire, une impeccable syntaxe
    et le fond de la mer. j'ai dit le fond, pas le bord - le fond
    par-dessus bord



    tout ce que j'aboie retombe au sol - ne fait pas graine cependant
    un amour court toujours, sur des jambes imaginaires je suppose
    le reste du trou s'enlise



    on est supposé dire quoi, on est supposé dire quand - sommes-nous seulement supposés ?
    la mort attendra
    comme tout un chacun, l'ouverture de



    le chien aura du mal, comme on court après
    sa propre queue, comme on glisse dessus
    ou qu'on lui tord le coude



    le ventre une île. tu dissimules le haut de ton visage, c'est pire encore
    presque obscène
    en attendant - attendant quoi ? - la chambre reste froide
    25 août 2026

  • les yeux dans les basses

      brave petite bête. et surtout brave
    le reste du temps elle oublie qu'elle existe



    peut-être un jour la bouche sur la bouche se refermera
    on sait jamais, après tout



    vivre m'aura dépassé. infiniment dépassé
    je n'ai même pas retenu ton nom. pire : je n'ai retenu que
    l'absence de ton nom



    je me glisse par derrière - c'est toujours ça de gagné
    par devant la mer rechigne. bref c'est la mer
    et elle rechigne



    on s'aime comme on se quitte : sur un malentendu
    un miroir n'en vaut
    définitivement pas la peine



    à force de ne jouer à rien j'ai récupéré les os
    et je n'ai su qu'en faire



    laisse-moi mourir autrement dit n'obstrue pas l'espace
    où je puisse mourir ou comment dire
    coïncider à moi-même



    j'ai attaqué un fou - comme ça, par principe, ou par pure folie
    se réveiller oui mais à quoi
    et l'eau si froide...
    22 août 2026

  • donne un bonbon à l’animal

      retour au clair
    que crame le filtre, tournoie la langue
    trois fois dans le sens élastique



    c'est quand tu pleures des cordes, et que l'maillot
    reste sec, grave sec



    on s'apprête à vivre ainsi, vivre ainsi
    sans même avoir vécu



    on s'embrasse sur les flancs, c'est comme ça qu'on s'embrasse - décidément
    pas faits pour le milieu



    j'aurais tellement voulu avoir un chien - un chien
    qui ne croit plus en rien



    heureux par défaut. un peu comme on se représente
    la vulve de la dame-pipi



    tu vas ou tu n'vas pas. si tu n'vas pas c'est qu' t'es mort
    si tu vas c'est qu'un mort va, et quand va le mort...



    je donne un bonbon à l'animal - s'il le recrache, le monde est sauvé
    or l'animal
    jamais ne le recrache
    19 août 2026

  • l’orgasme mélancolique

      vous êtes si moches, des gens si moches
    il y a une peluche à l'origine des choses qui n'auraient jamais du être cassées, jamais être déchirées
    et puis la mer au bout, fusion hostile,
    extrême solitude



    on se range versant nord et puis l'on pisse dessus
    je me sens abri-bus tout à coup, je me noie sous la bruine
    il n'y a personne. tu as beau regarder de tout côté, il n'y a personne
    et mon dieu, mais que personne est beau...



    demain un œil n'ira pas mieux
    il lorgnera d'un autre creux, d'un autre genre tu me diras laisse tomber, bébé, laisse tomber
    et je laisserai tomber - même la mort ne voudra pas de moi
    : nul os à ronger là



    on se rapproche d'un bitte on ressent un ferry
    et toujours pas de mer en vue nom d'un chien, et toujours pas de mer
    plus d'âme en moi, les bouleaux-pleureurs ne savent plus quel jeu
    jouer avec leur sexe. on attend la panique
    la très sainte panique



    d'un jour émerge un homme. d'un autre jour pas
    ou quelque part encore un simple phare, mi-lune mi-chagrin, parfois éteint
    on s'amuse comme ça, avec le vent venant de l'est, le vent venant
    toujours de l'en-dedans
    16 août 2026

  • vautré dans une indifférence désespérée, point virgule

      tant de lumière et me voici réduit à moi
    la mort m'aspire, pompe funèbre, la paille dans l'œil et cætera
    jusqu'à la nausée, aimant à vide...



    un petit garçon s'est faufilé d'entre les nombres
    quand on n'a rien à cacher, ne reste plus rien à montrer non plus
    et l'on meurt triste, à côté de la plaque apparemment



    d'un point de vue métaphysique, la liberté ne signifie rien
    le sein la bouche, rien de tout cela n'eut lieu
    mourir annihile la mort, c'est tout
    c'est à peine si être me retient



    une ville, une histoire de naufrage, le contraire d'une douche
    un paon m'appelle, à qui l'on a coupé la queue
    et bientôt je m'habille, pour je ne sais quel bal



    il y avait une virgule, il y avait un jour sans il y avait
    un deuil perpétuel
    alors on est tombé dedans, comme des grands, comme des trous
    comme de très grands trous
    13 août 2026

  • donner à boire aux animaux

      passer le temps, s'asseoir dessus
    ou par terre, s'il est encore une terre, un sol
    un sol commun, auquel aucun miroir
    ne renvoie l'écho - c'est donc ainsi
    qu'il se comporte, le roi-mendiant,
    l'assis sur rien



    je me promène, en temps voulu. le temps venu je me promène, encore
    il fait doux entre les gouttes, à température constante le révolu
    je t'attends là, à la
    sortie de métro, d'une bouche de métro, du trou en terre je t'attends
    là



    de mensonge en mensonge, comme si on n'arrivait
    pas à se dire, à passer à l'aveu
    un jour en soi personne ma bouche, on oublie l'heure
    le vide en vrille on oublie l'heure
    c'est mieux comme ça



    quelque chose au fond
    ne passe pas - le trou par trop étroit, le
    grain de sable têtu que sais-je, les deux doigts d'un main
    me grattent le front que sais-je, peut-être seulement pensais-je
    à l'heure qui ne vint, l'heure dont on rentre
    bredouille, un soir de rien,
    une vie entière...
    10 août 2026

  • ferme les yeux mange ton cheval – moi, je redeviens

      le pluriel cette année
    s'accordera au singulier. petit père des
    défaites imaginaires, souffle pour moi
    dans ton triste duduk et plante un arbre
    dans mon cimetière mélancolique ou sur ma tombe - crache sur le sol, je ne suis désormais plus que
    tympan pour le bourdon, une agonie d'injures



    judo de tous les côtés, et ce malgré l'été. je me love discrètement
    entre le vent futile et
    l'impérieuse canicule. y a tant d'argent
    y a tant d'argent et toi t'es pas content



    l'étau desserre le moi, je m'en vais
    sans contour
    sans sommeil c'est préférable, j'apporte
    un croissant à grand-mère, un cubi de rosé, que le loup
    reste en-dehors de ça - demain j'ai congé sabbatique demain
    réparera le jour d'avant, pour le jour d'après on verra bien



    je n'ai pas peur d'un homme c'est quand même bizarre un homme : il faut que ça touche
    pendant que moi console flagrante, je reste là penché sur ma poupée à lui
    laver la tignasse, la peigner la sécher lui
    torcher chaque orifice la pénétrer ne serait-ce que
    d'un silence radical
    7 août 2026

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