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assis là sur un banc


  • sous chapiteau

      à mi-chemin, faire demi-tour
    ne m'épile qu'un sourcil.
    un chemin de travers ne me traverse plus, j'ai rendu l'âme
    au plus offrant je crois - y avait pas
    foule au portique non plus : seul errait là encore
    un lendemain venteux...




    où l'on commence à douter de sa propre éternité, plus un pied dans l'eau
    un orteil disons - peut-être même
    qu'un regard suffira
    posé à la surface, oiseau à tout égard,
    filet ratissant large
    4 août 2026

  • ce qui va de soi et ne cherche pas l’amour

      passer sa vie à dire adieu
    alors comment on fait avec les puces ?
    on s'envole pas. de toutes nos forces, on s'envole pas



    on s'embrasse comme ça, par le plus court chemin
    ne me dilue pas trop, et apprends-moi
    en quoi le néant n'a rien de féminin



    une fois la roue, une fois la tombe
    je n'y suis pour rien simplement je lève le bras
    en l'air, ou autrement
    la mort oublie-moi



    une étoile et un doigt mort - survivre mais à quoi ?
    en-deça de la mer crève, sinon regarde-toi
    crever



    que faire d'autre que partir, tandis qu'en contrebas s'écoulait
    au compte-galet
    la plage d'en-dedans ?



    serais-tu de celles qui
    apportent de l'eau à un noyé, ou leur rince les yeux ?
    dis-moi ce que tu veux, sauf la vérité :
    elle ne tiendrait pas dans mon carré...
    1 août 2026

  • quitté l’pays, l’origine, la raison

      chien manque d'espace, part en vadrouille - il faut
    tout pardonner et tant pis pour
    ce qu'on ne peut se
    pardonner soi-même



    dès que survivre ne sera plus le but, ni mourir l'espérance
    on fera mine de ci, on fera mine de rien, et de vivre
    si dieu le veut, par exemple



    les mots
    se détachent de mon esprit, peaux mortes
    et mon esprit de même, carcasse à la lisière
    mais j'm'en fous - tant que le très haut continue
    de payer mon loyer...



    vieux mort, jeune veuve
    sauf si tu la suces disons mille ans durant, et que durant ces mille ans
    tu te regrettes un peu...



    c'est comme si tout à coup on avouait tout, suicide ostentatoire c'est comme si tout à coup
    nous manquait le bras
    le doigt
    d'indiquer où l'on va



    à priori je ne suis guère reconnaissante, simplement je me contente
    de jouir
    sous la plante de ton pas
    est-ce clair ainsi ?



    elle se tient la main et moi, je tombe, d'être un autre homme
    après tout c'est l'inclinaison qui compte, l'oblique d'un trait fluide
    - et maintenant : partir
    29 juillet 2026

  • aussi simple qu’un lacet défait

      plante un drapeau sur une planète morte: la mort ne bouge pas
    au pire, elle change de trottoir,
    d'animal totem



    des tréfonds du miroir un homme
    se dirige vers moi.
    où que j'aille je me perds de vue, je me perds
    à perte de vue



    il a bu
    c'est l'heure rose après tout. il fait semblant de tourner
    sur une ligne irrévocablement droite



    quelqu'un a pied. plus loin, quelqu'un perd pied
    c'est tout ce que l'on sait de lui c'est tout
    ce qu'il y a a savoir, de lui ou d'un autre



    la nuit s'empêtre dans les couleurs: je n'ai rien à te dire
    le trou reste à gravir



    de dieu à dieu le trou béant. quelque chose
    m'écorche la joue - la ronce d'un ongle, une quelconque cicatrice
    une absence majeure...



    elle me respire, elle me respire enfin
    écarte bien les dents. laisse passer l'ombre
    26 juillet 2026

  • j’avais le feu dans l’appareil néant j’avais le feu

      le grand-œuvre achevé, on posera un caillou dessus
    puis il pleuvra



    j'aime une boîte. sans cesse cette boîte. le vide à l'intérieur
    le souffle de ce vide



    l'envers du décor faisant partie du décor, il fait pfft
    d'un geste de la main



    théocentrique à ces heures perdues, l'indifférence des mouches à son égard
    le méduse, lui ouvre
    définitivement l'esprit



    tremper un orteil dans le désastre, qui plus est universel
    ne le fait plus bander



    le poil planté dans la couille, poupée vaudou
    et le reste en plein mer



    d'alcool un chien, une corde
    le vide aux deux bouts de la corde
    allez petite fille, entre donc dans la corde



    j'ai gardé ma robe en rouge
    avec un pli sur le côté, un cloche-pied pour toute
    éternité
    23 juillet 2026

  • beauté triste de la résignation

      pas d'arbre sur cette route
    ni de route en cet espace, d'ailleurs
    un oiseau de malheur me confond avec le ciel, en ce miroir
    descendant, le miroir ascendant, marcher sur le pied d'une ombre cependant
    "j'en n'ai pas fait exprès", se défend-elle



    lumière suprême, lumière de fond, sœur lumière
    des p'tits pipis par ci par là, que l'on relâche dans la nature
    je garde quelques dents pour toi, la langue éteinte
    la pluie sous son palto dressant le portrait d'une ville



    il fait beau tout le temps désormais, même quand il pleut maussade
    autrement dit il pleut tout le temps, jusqu'au cœur de la canicule
    on s'habitue
    à rien. à être sans que cela ne porte
    à conséquence. on s'achète un troupeau, on se rend inutile
    seul jusqu'à l'au-delà, un peu plus haut encore



    touche à sa fin, laquelle moite, et caresse un poteau
    il va faire jour c'est sûr il va faire jour - que pourrait-il faire d'autre ?
    je ne pensais pas qu'aller nulle part aboutirait à cette éternité-là, d'un regard surplombant
    la douleur ancestrale
    20 juillet 2026

  • l’homme sans saigner d’dans

      selon ce que l'on traîne
    d'éros et de poussière
    les p'tits trucs à languette, la mort de passer-l'boire
    selon ce que l'on brame
    de foison et de vide
    l'un périt l'autre demeure, plus que jamais tremblante



    il a raison, celui qui recule de cent pas, ou monte sur un tertre
    il a raison même si raison ne fait guère sens, et peut-être qu'un arbre
    cache l'arbre, ou le contraire
    ou le contraire précisément



    les peuples de la terre, les oiseaux sur la mer
    de tout âge, de toutes race et condition
    les plumes de surcroît, en prévision de rien
    alors ne m'appelle plus untel, untel ou unetelle, ne m'appelle plus
    je n'ai pas assez de vide en moi pour taire toute la douleur
    ni crier tant la douceur



    chien contre toute espérance, ménage tes fuites
    je ne sais pas. tu passes près de moi comme on frôle la mort, s'enfonce
    en sa propre ombre
    il suffit d'un kopeck, d'un pile et d'une face, il suffit de trois yeux pour enfin
    se rendre aveugle à soi



    sur un chemin fuyant, un chemin d'une seule traite
    et si vide aussi, par quel bout qu'on le prenne
    et si vide aussi, parce que d'une seule chaussure
    l'autre je l'ai perdue - le courant, probablement
    ou même l'immobilité, plus imprévisible encore



    la couleuvre n'a pas de dent
    et l'heure soixante minutes
    entre le début et la fin rébus
    entre la fin et le début je ne ramasserai plus promis
    de balles perdues...
    17 juillet 2026

  • la vie d’un vide est claire

      tout le fond s'est blotti dans une barque
    du coup la barque n'avait plus sur quoi flotter, sur quoi naviguer
    tout le fond a sauté de la barque du coup la barque suspendue
    virant de bord, coulant à pic
    et morte d'inquiétude



    l'aguicheuse devant, derrière et au milieu, des papillons dans les ch'veux
    passionnément indifférent, je passe mon chemin - allez vas-y, passe mon chemin
    de toute façon j'pleure au milieu, devant sur les côtés, j'pleure de tout bord allez vas-y, crame ces haillons



    là tient toute la différence. montre-moi les mains vides, le vide
    fait toute la différence. elles caressent le chauve. l'humide mais le chauve
    comme un quatorze juillet tout à coup tombant et s'affalant
    sur un commun mardi...



    le verre à moitié verre, un reste d'homme divague
    tu la vois venir de ce côté-ci, chagrine. ou de ce côté-là, miskine - le verre à moitié nu, le vide à cours de chance
    et d'argument
    un phénix en papier



    personne à la porte, personne à la fenêtre, et le qi distrait
    penser à rien, à rien durant le rien, avec une certaine insistance
    se démettre une épaule, un pan de vitre, ne réagir nullement
    à l'absence d'issue - ça fait déjà pas mal pour une journée
    ça fait déjà pas mal, pour une vie entière
    14 juillet 2026

  • tu t’habilles comme tu veux, le nu vibre en haut lieu

      tiens, montre-moi ta main. montre-moi
    ce que tu as dans ta main. ne cache rien
    ou seulement en pensée, dans le fond de ta pensée, cache ta main, ta main avec
    tout ce qu'elle contient, ou ne contient pas - montre-moi le vide le grand vide
    de ta pensée



    je me cache sous une feuille. une feuille c'est exactement ça. ça me brûle les doigts
    il me manque deux doigts, deux doigts sur le milieu, plus un sur le côté
    un pouce me suffira, certainement me suffira
    et le bruit de la mer...



    je me promène trop vite. l'angoisse de rentrer me submerge. est-ce qu'elle submerge, l'angoisse ?
    non, je ne pense pas
    je ne pense pas assis je ne pense pas debout. je m'allonge sur la pensée et là je rame avec mes deux petites paumes tendues
    est-ce qu'elles rament, mes deux petites paumes ?
    non, je ne pense pas



    un humain de travers, qui pousse de travers, pour un pet de lumière
    j'ai perdu mes lunettes, je ne sais plus aller. un humain de plein pied s'allonge à travers champ
    Ai Aso penchée sur lui murmure un chant funèbre un chant
    systématiquement funèbre. si funèbre soit-il



    il mange du cheval et boit de la limonade. c'est un enfant timide, un enfant recroquevillé
    la terre fume la carpette, le ciel pompe toute la pluie. il fait si froid dedans, dedans, cible du froid
    l'horizon malgré tout, l'horizon coûte que coûte
    11 juillet 2026

  • marie-trottinette

      c'est marie - elle va toujours en trottinette
    j'éjacule un peu partout, mais jamais où il faudrait, c'est bête. ou triste. ou triste et bête, par la même occasion
    elle m'attrape par les cheveux. du coup je prends soin auparavant de me raser le crâne



    cadenassé ça se passe comment - je regarde les nuages ils disent qu'il va pleuvoir je regarde les nuages
    il ne pleut toujours pas.
    ça serait pas mal de se tuer ça ferait vivant, ça ressemblerait à quelque chose enfin
    mais on ne sait que survivre. on n'a rien appris d'autre



    la galère a une morte de plus, on la cache entre nos jambes
    raide corde, ça fait quand même quelque chose je sais pas
    une émotion. une tension.
    mais les premiers les derniers. et seuls ceux qui refusent et s'obstinent
    à demeurer derniers



    je me raconte des histoires okay tu te racontes des histoires, on se raconte des histoires
    on se serre on se secoue on se tord les boyaux
    on se tue par pure nécessité.
    soudain je m'envole. avachi là mais je m'envole : en fait c'est juste
    l'univers qui coule, collapse, s'effondre
    un soir de bruine



    l'amour n'est pas mort, c'est simplement le mort
    qui n'bande plus
    se tire la peau du zob là
    jusqu'à ce que ça craque.
    la mer quant à elle reste calme. elle en sait trop
    et tant qu'elle ne s'agite pas, elle reste calme, la mer...
    8 juillet 2026

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