il n'y a pas d'homme dedans, il n'y a pas d'homme devant - micro-vulve, océan pacifique
tourne en rond, tourne en rond dans le sens de l'infini sauf que
tout à coup
l'infini brise le cercle
j'avais une vache. pas de moteur mais une vache, une
simple vache.
j'avais un train. pas de rail mais un train, en avance sur son retard.
je ne crevais pas de misère - j'existais voilà tout, débordant du néant
je te caresse le cheval tu me lâches la bride. on se retrouve quelque part, le long de je ne sais quoi plus ou moins liquide, plus ou moins fluide
le puits c'est sans détour, et cependant si superficiels au bout du compte, nous contentant de vivre sans saisir vraiment
ce qu'on entend par là
la vie à côté de la vie, comme quelque chose de mort mais qui remue un peu, tandis que
l'éternité glisse, se répand. j'ai cassé ma mine,
déchiré ma feuille de dépit, j'ai cassé mon crayon.
être beau sans l'savoir, parfois. être beau sans l'vouloir
j'ai deux grenouilles en moi - une sur le poumon gauche, qui s'occupe du cœur notamment
et une sur le droit, juste au-dessus du foie.
on ne croit en dieu que quand on ne croit en rien, jusqu'au bout et même un peu plus loin
le reste du temps on flemmarde, on tapine de ci, de là...
-
micro-vulve, océan pacifique
-
monter sur le corps d’un-e autre
un loin dans le loin, un grincement
au niveau de la balançoire. on ne se touche pas
on reste là, l'un face à l'autre, mais surtout on ne se touche pas
on s'efforce de ne pas couler, l'un face à l'autre
il est impossible d'être seul au monde
impossible d'être seul cause notre irréductible solitude
toujours un manque de soi. une barrière
un cheval de Troie alors que Troie n'existe pas
un cheval d'e Troie à la porte de Nogent, un cheval sur trois pattes
la condition ou le déclin humain, ne pas tomber amoureux
se retrouver seul devant sa teube, face à son trou - on se demande par quel chemin
il fait sombre. il pleut quoi qu'on en pense
on écoute les sons, afin de conjurer le temps croit-on
rien d'un homme, rien d'une femme
et rien d'un animal
je crache dans mes mains. tous mes trous crachent dans mes mains
je m'appelle un trou, une fuite ou l'idée vague. depuis ma mort au moins
ma mort en tube
rien ne se passe
dame-pipi son prénom muet, son accent fluet
un jour tout nous quitte. pas plus tard que le lendemain, c'est à notre tour de tout quitter
un homme ne meurt pas pour rien - un homme meurt parce que rien
comme on pisse à côté, le vent venant de là
-
entre la mer et le tympan
respire
une fois l'amour ou ce qui en fait
pale figure éteint, respire
ne te souviens de rien ou bien d'un
simple paysage. le paysage n'enferme pas. demeurer
à l'intérieur de soi, certes mais jamais
enfermé, jamais estropié d'un
au-delà, si bancal fut-il
à la place d'un homme, de la tête d'un homme, on aurait mis une courge
évidée. une tiare
une casquette à bas prix chinée sur le marché de l'Aigle
chaque mardi
oui mais moi les mardis j'suis mort
ou je me gratte. ou je m'endors. oui mais moi les mardis gras
les mardis maigres
j'me dis allez vas-y, casse ta noix
bascule du côté où tu es sûr que personne, jamais
ne t'aimera
ni ta mère ni ton fils
ni la moule aubépine
j'ai juste envie d'aller me balader, ni trop loin ni trop près
de chez moi, j'espère
chez moi n'existe pas. il lève les bras on lui fait des guilis ça ne le
fait aucunement réagir. j'abrite un arbre, penché
j'abrite un arbre j'abrite une souche, je me dis que c'est pas mal pour aujourd'hui, je me dis
j'abrite un rêve et on verra, penché
ce matin j'ai bâton, quand ce matin tout brume et tout brouillard
j'espère être mort des mains de quelque chose, voire même de quelqu'un
par exemple je penche la tête de côté, et rien ne s'interpose
entre la mer et le tympan -
d'où l'accent grave...
-
field commander ali passe la troisième
quelque chose ou la nuit, encore, fait mine de m'effacer
j'aspire l'écho frileux des brumes - en moi se noie gris l'océan
j'y pense, mais de façon si maladroite, et malencontreusement
à la fin le lit s'étire : je reste nu, sans un contentement
quelquefois oui mais parfois, sans faire attention, presque par mégarde
je m'achète une distinction, à bas prix comme on dit, je m'achète un dollar vide
je sais que je ne ressemble à rien. en tout cas pas à ça, qui s'éloigne titubant, titubant au-dedans
un rivage désuet. des cailloux qui font pshit
la mer ricochant sur un point d'horizon - à ne pas confondre avec celui d'alençon
faire le tour du néant ne m'aura rien appris. j'ai mangé ma chanson
de jolies dents. de celles que l'on casse quand on n'a rien à faire, poupée sur le déclin
il y a un œil pour ça. il ne cligne pas. ne se rend pas à la salle de sport une ou deux fois par semaine - le mardi et le vendredi, par exemple
il pense que s'il est mort, il n'a absolument aucun moyen de le savoir, ni même de s'en apercevoir
c'est la dernière fois que je te regarde. la toute dernière fois
l'ascension ne se fait pas en hélicoptère. pas d'autre aile au christ que les bras d'une croix
croix de bois croix de fer, tu reprendras bien une bière. il fait souvent froid ici. froid et pluvieux. même en hiver
-
fatal sentimental
qui se ressemble se touche le visage et se demande: est-ce bien toi?
ailleurs se serre les coudes, essuie-glace sur pare-brise en panique
un sourire m'accroche, moi qui ne sais sourire, pince les lèvres et rentre tout au fond de ma bouche
je retourne à la montagne - un sac une gourde
et l'huître de grand silence...
il se fout des claques dans la glace, sans en ressentir la moindre onde de choc sur la joue. je ne sais pas comment il s'y prend
des choses ayant commencé au tout commencement des choses échouent finalement là, à la seconde où l'on y pense
le poisson fondamental n'y entend rien, se mettant à couvert sous son
parapluie anthracite
lâche-moi l'couille s'il te plaît, gambade en la carrière
je me dis tu tu me dis il, on se dit ça tout l'temps, entre deux courses longues. il
ne revient de nulle part, manches tombées, la vulve retroussée
secoue l'arbre secoue l'arbre - n'en tombe que l'écho, d'un vide substantiel
s'il meurt avant toi soigne son corps, couvre son corps, enterre-le profond
si tu meurs avant lui ouvre-lui le chemin, avec ta lampe-torche, tes petites mains blanches
tu n'auras plus besoin de ton sextant
la vache qui me pèse me soulève d'une main. et c'est lourd à porter, une main...
un sommeil malgré moi. on se parle à deux, comme si l'on ne s'était jamais rencontré, comme si jamais la nuit tombée
sur une seule épaule
répondait à la nuit jamais tombée
sur l'épaule opposée...
-
et tout ce qui fait pshit
on se raccroche à quelque chose. quelque chose coule
un pneu, une couille
la mort au bout du rouleau. et le héros également, tout fier d'un gant.
je m'achète une corde de guitare
sans la guitare évidemment, cela ne rime à rien
tu te souviens de quelque chose, toi ? non, moi je ne me souviens de rien
l'amour une mine, une mine à tout bout d'champ. l'amour une corde.
on s'assoit là et puis l'on reste rien
l'on reste rien, la bouche ouverte
je viens de dire non. non à la forêt qui pousse, non à la pierre
angulaire comme de voûte. je m'arrache une dent or une dent n'importe quoi
mourir à la moindre des choses
le pôle s'endort. t'achètes un bijou j'te nique un doigt
on fera avec ce qu'on n'a pas, définitivement
derrière moi un schéma. devant moi ce néant aberrant
donc tu t'envoles, dans l'infini tout s'envole
dieu toute allure, dieu comme si l'on ne
s'y attendait pas. j'écarte les jambes
j'écarte les jambes, et toujours rien ne vient
je voudrais bien te dire quelque chose - un butte dorénavant, un soleil en mi-teinte
mais rien. non, je n'ai rien à te dire. les ovaires les ovules
et tout ce qui fait pshit
-
frotte la besace
je voudrais être l'homme auquel
tu ne donnes rien à boire. c'est comme ça tout le temps :
tu te retournes et y a personne. alors que toi aussi réponds absente quand
qui que ce soit se retourne, sans crier gare
des bouches à travers chaque trou, on ne s'en lasse pas.
je me regarde travailler. travailler à ne rien faire.
assume un ch'val, assume enfin
une journée de ta vie claire
penser qu'on s'en sortira comme ça. au pire comme ci. penser
raccommode les trous. les trous vibrant d'eux-mêmes.
c'est la déchute. tout l'monde à terre, c'est la déchute
soluble dans l'insignifiance, je me regarde les doigts d'pieds. je me regarde les trous d'nez.
on meurt à n'importe quoi. n'importe quoi c'est soi, tel qu'il se décrit
je m'apprête à t'aimer, n'importe qui c'est soi
caresse une borne. et puis dans l'autre sens.
si j'étais mort je te dirais quelque chose - une connerie genre... enfin tu vois.
jouir de travers ne nous aura pas grandi. jouir de travers...
et si seulement
et si seulement t'étais morte à ma place, je te
caresserais les cheveux, je te masserais le crâne
- on s'envole on s'envole, mais dans l'infini tout s'envole
-
la mourir m’a bouffé l’cœur
je préfère perdre dieu - c'est la façon parmi nulle autre
d'y rester fidèle : mourir de vivre, embrasser sur la bouche
un bazooka en jupe
tu te rappelles quand on n'avait rien, mais alors rien du tout ?
pas un trognon, mauvaise figure, par un temps de flemmard
dieu est-il beau ? dieu m'aime t-il ? j'accouche, soit
mais j'accouche d'un rien, la tête morte
j'ai mangé toutes mes dents, une à une, comme si de rien n'était
dehors est mort, effroyablement mort
dedans la lie remue encore, acharnement neuroleptique
j'te verrouille le visage, j'te racornis l'image, rien n'y fait :
tu resplendis. chiant d'la boue, recrachant la moitié de l'océan, tu resplendis
j'étais pas prêt à ça. je m'étais juste
habitué à rien
toucher du bois mes p'tites fêlures
j'ai tellement peur, sans vraiment comprendre de quoi
mort avant de s'en apercevoir, en tout petit, tout minuscule
petit personnage...
dévorant, l'appétit des vivants pour les défunts
n'en reste que les os
j'ai vendu ma mère, mon père, à un pauvre fabriquant d'jouets
la toupie ma toupie, c'est ma toupie à moi
-
les géraniums tremens
une bulle s'ennuie, me roule sur le dos
éclate à mon insu
mon insu. béni soit mon insu
souviens-toi d'un bouée, et coule
coule avec elle, coule de toute ta
verticalité. crécelle à l'agonie, j'crache mon tuyau, à la fin caressant
la joue de n'importe qui, n'importe quelle
je ne sais pas parler autrement, autrement qu'à une douille
la grâce malgré tout, quand malgré tout s'enlise
un désespoir ne viendra pas au bout du deuil, ni lui de lui
on se touche le zizi. on rougit. la peur de soi
nous sauve de l'oubli. pour l'instant.
manette, petite manette sur le côté. comme une narine poussant sur le pied.
de l'étudiant pendu, la chaussette flottante.
j'ai mine de rien. même le miroir
me refuse l'image. je compte mes abonnés, mes abonnés absents
arrache un cri au gris, avant que lui ne te l'arrache
rien là c'est tellement grand
-
un truc de fille
scorpion, se parle à soi. crochet d'attelage, le cœur pendant
j'ai mal à ta douleur alors je jouis dedans, je pisse mes dents. d'abord un chien
puis la laisse. l'absence tenant la laisse.
je te touche la nausée, je te caresse la mort
tu ne dis rien
si seulement mais si seulement, on gardait nos paupières
relevées, même retenues par
des pinces à linge, des trombones du fil chirur-
gical et seulement, mais si seulement.
je t'arrache une couille : ton regard toujours aussi doux, aussi triste
la paix en dieu ça n'arrivera pas
avant que l'on tombe tous
subsiste un doute. le silence compact d'une douleur inextricable
tu parles de quoi là ? non mais tu parles de quoi ?
la redevance audiovisuelle, la taxe foncière, les ordures ménagères
un jour un œil s'ouvre. jamais ne se referme. la mort soudain l'agrandissant
démesurément ou je m'égare
mort brune la serpillère
on s'apprête à jouir, on se retient. de toute éternité on se retient. là tout au bord.
torpiller les ballons. on fait semblant de ne rien se rappeler
en chien navré, chien intégral, on s'apporte une cruche
on se verse de l'eau sur le corps l'un de l'autre