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assis là sur un banc


  • micro-vulve, océan pacifique

      il n'y a pas d'homme dedans, il n'y a pas d'homme devant - micro-vulve, océan pacifique
    tourne en rond, tourne en rond dans le sens de l'infini sauf que
    tout à coup
    l'infini brise le cercle



    j'avais une vache. pas de moteur mais une vache, une
    simple vache.
    j'avais un train. pas de rail mais un train, en avance sur son retard.
    je ne crevais pas de misère - j'existais voilà tout, débordant du néant



    je te caresse le cheval tu me lâches la bride. on se retrouve quelque part, le long de je ne sais quoi plus ou moins liquide, plus ou moins fluide
    le puits c'est sans détour, et cependant si superficiels au bout du compte, nous contentant de vivre sans saisir vraiment
    ce qu'on entend par là



    la vie à côté de la vie, comme quelque chose de mort mais qui remue un peu, tandis que
    l'éternité glisse, se répand. j'ai cassé ma mine,
    déchiré ma feuille de dépit, j'ai cassé mon crayon.
    être beau sans l'savoir, parfois. être beau sans l'vouloir



    j'ai deux grenouilles en moi - une sur le poumon gauche, qui s'occupe du cœur notamment
    et une sur le droit, juste au-dessus du foie.
    on ne croit en dieu que quand on ne croit en rien, jusqu'au bout et même un peu plus loin
    le reste du temps on flemmarde, on tapine de ci, de là...
    3 juillet 2026

  • monter sur le corps d’un-e autre

      un loin dans le loin, un grincement
    au niveau de la balançoire. on ne se touche pas
    on reste là, l'un face à l'autre, mais surtout on ne se touche pas
    on s'efforce de ne pas couler, l'un face à l'autre



    il est impossible d'être seul au monde
    impossible d'être seul cause notre irréductible solitude
    toujours un manque de soi. une barrière
    un cheval de Troie alors que Troie n'existe pas
    un cheval d'e Troie à la porte de Nogent, un cheval sur trois pattes



    la condition ou le déclin humain, ne pas tomber amoureux
    se retrouver seul devant sa teube, face à son trou - on se demande par quel chemin
    il fait sombre. il pleut quoi qu'on en pense
    on écoute les sons, afin de conjurer le temps croit-on



    rien d'un homme, rien d'une femme
    et rien d'un animal
    je crache dans mes mains. tous mes trous crachent dans mes mains
    je m'appelle un trou, une fuite ou l'idée vague. depuis ma mort au moins
    ma mort en tube



    rien ne se passe
    dame-pipi son prénom muet, son accent fluet
    un jour tout nous quitte. pas plus tard que le lendemain, c'est à notre tour de tout quitter
    un homme ne meurt pas pour rien - un homme meurt parce que rien
    comme on pisse à côté, le vent venant de là
    2 juillet 2026

  • entre la mer et le tympan

      respire
    une fois l'amour ou ce qui en fait
    pale figure éteint, respire
    ne te souviens de rien ou bien d'un
    simple paysage. le paysage n'enferme pas. demeurer
    à l'intérieur de soi, certes mais jamais
    enfermé, jamais estropié d'un
    au-delà, si bancal fut-il



    à la place d'un homme, de la tête d'un homme, on aurait mis une courge
    évidée. une tiare
    une casquette à bas prix chinée sur le marché de l'Aigle
    chaque mardi
    oui mais moi les mardis j'suis mort
    ou je me gratte. ou je m'endors. oui mais moi les mardis gras
    les mardis maigres



    j'me dis allez vas-y, casse ta noix
    bascule du côté où tu es sûr que personne, jamais
    ne t'aimera
    ni ta mère ni ton fils
    ni la moule aubépine
    j'ai juste envie d'aller me balader, ni trop loin ni trop près
    de chez moi, j'espère



    chez moi n'existe pas. il lève les bras on lui fait des guilis ça ne le
    fait aucunement réagir. j'abrite un arbre, penché
    j'abrite un arbre j'abrite une souche, je me dis que c'est pas mal pour aujourd'hui, je me dis
    j'abrite un rêve et on verra, penché



    ce matin j'ai bâton, quand ce matin tout brume et tout brouillard
    j'espère être mort des mains de quelque chose, voire même de quelqu'un
    par exemple je penche la tête de côté, et rien ne s'interpose
    entre la mer et le tympan -
    d'où l'accent grave...
    29 juin 2026

  • field commander ali passe la troisième

      quelque chose ou la nuit, encore, fait mine de m'effacer
    j'aspire l'écho frileux des brumes - en moi se noie gris l'océan
    j'y pense, mais de façon si maladroite, et malencontreusement
    à la fin le lit s'étire : je reste nu, sans un contentement



    quelquefois oui mais parfois, sans faire attention, presque par mégarde
    je m'achète une distinction, à bas prix comme on dit, je m'achète un dollar vide
    je sais que je ne ressemble à rien. en tout cas pas à ça, qui s'éloigne titubant, titubant au-dedans



    un rivage désuet. des cailloux qui font pshit
    la mer ricochant sur un point d'horizon - à ne pas confondre avec celui d'alençon
    faire le tour du néant ne m'aura rien appris. j'ai mangé ma chanson



    de jolies dents. de celles que l'on casse quand on n'a rien à faire, poupée sur le déclin
    il y a un œil pour ça. il ne cligne pas. ne se rend pas à la salle de sport une ou deux fois par semaine - le mardi et le vendredi, par exemple
    il pense que s'il est mort, il n'a absolument aucun moyen de le savoir, ni même de s'en apercevoir



    c'est la dernière fois que je te regarde. la toute dernière fois
    l'ascension ne se fait pas en hélicoptère. pas d'autre aile au christ que les bras d'une croix
    croix de bois croix de fer, tu reprendras bien une bière. il fait souvent froid ici. froid et pluvieux. même en hiver
    26 juin 2026

  • fatal sentimental

      qui se ressemble se touche le visage et se demande: est-ce bien toi?
    ailleurs se serre les coudes, essuie-glace sur pare-brise en panique
    un sourire m'accroche, moi qui ne sais sourire, pince les lèvres et rentre tout au fond de ma bouche
    je retourne à la montagne - un sac une gourde
    et l'huître de grand silence...



    il se fout des claques dans la glace, sans en ressentir la moindre onde de choc sur la joue. je ne sais pas comment il s'y prend
    des choses ayant commencé au tout commencement des choses échouent finalement là, à la seconde où l'on y pense
    le poisson fondamental n'y entend rien, se mettant à couvert sous son
    parapluie anthracite



    lâche-moi l'couille s'il te plaît, gambade en la carrière
    je me dis tu tu me dis il, on se dit ça tout l'temps, entre deux courses longues. il
    ne revient de nulle part, manches tombées, la vulve retroussée



    secoue l'arbre secoue l'arbre - n'en tombe que l'écho, d'un vide substantiel
    s'il meurt avant toi soigne son corps, couvre son corps, enterre-le profond
    si tu meurs avant lui ouvre-lui le chemin, avec ta lampe-torche, tes petites mains blanches
    tu n'auras plus besoin de ton sextant



    la vache qui me pèse me soulève d'une main. et c'est lourd à porter, une main...
    un sommeil malgré moi. on se parle à deux, comme si l'on ne s'était jamais rencontré, comme si jamais la nuit tombée
    sur une seule épaule
    répondait à la nuit jamais tombée
    sur l'épaule opposée...
    23 juin 2026

  • et tout ce qui fait pshit

      on se raccroche à quelque chose. quelque chose coule
    un pneu, une couille
    la mort au bout du rouleau. et le héros également, tout fier d'un gant.
    je m'achète une corde de guitare
    sans la guitare évidemment, cela ne rime à rien



    tu te souviens de quelque chose, toi ? non, moi je ne me souviens de rien
    l'amour une mine, une mine à tout bout d'champ. l'amour une corde.
    on s'assoit là et puis l'on reste rien
    l'on reste rien, la bouche ouverte



    je viens de dire non. non à la forêt qui pousse, non à la pierre
    angulaire comme de voûte. je m'arrache une dent or une dent n'importe quoi
    mourir à la moindre des choses



    le pôle s'endort. t'achètes un bijou j'te nique un doigt
    on fera avec ce qu'on n'a pas, définitivement
    derrière moi un schéma. devant moi ce néant aberrant



    donc tu t'envoles, dans l'infini tout s'envole
    dieu toute allure, dieu comme si l'on ne
    s'y attendait pas. j'écarte les jambes
    j'écarte les jambes, et toujours rien ne vient



    je voudrais bien te dire quelque chose - un butte dorénavant, un soleil en mi-teinte
    mais rien. non, je n'ai rien à te dire. les ovaires les ovules
    et tout ce qui fait pshit
    20 juin 2026

  • frotte la besace

      je voudrais être l'homme auquel
    tu ne donnes rien à boire. c'est comme ça tout le temps :
    tu te retournes et y a personne. alors que toi aussi réponds absente quand
    qui que ce soit se retourne, sans crier gare



    des bouches à travers chaque trou, on ne s'en lasse pas.
    je me regarde travailler. travailler à ne rien faire.
    assume un ch'val, assume enfin
    une journée de ta vie claire



    penser qu'on s'en sortira comme ça. au pire comme ci. penser
    raccommode les trous. les trous vibrant d'eux-mêmes.
    c'est la déchute. tout l'monde à terre, c'est la déchute



    soluble dans l'insignifiance, je me regarde les doigts d'pieds. je me regarde les trous d'nez.
    on meurt à n'importe quoi. n'importe quoi c'est soi, tel qu'il se décrit
    je m'apprête à t'aimer, n'importe qui c'est soi



    caresse une borne. et puis dans l'autre sens.
    si j'étais mort je te dirais quelque chose - une connerie genre... enfin tu vois.
    jouir de travers ne nous aura pas grandi. jouir de travers...
    et si seulement



    et si seulement t'étais morte à ma place, je te
    caresserais les cheveux, je te masserais le crâne
    - on s'envole on s'envole, mais dans l'infini tout s'envole
    17 juin 2026

  • la mourir m’a bouffé l’cœur

      je préfère perdre dieu - c'est la façon parmi nulle autre
    d'y rester fidèle : mourir de vivre, embrasser sur la bouche
    un bazooka en jupe



    tu te rappelles quand on n'avait rien, mais alors rien du tout ?
    pas un trognon, mauvaise figure, par un temps de flemmard
    dieu est-il beau ? dieu m'aime t-il ? j'accouche, soit
    mais j'accouche d'un rien, la tête morte



    j'ai mangé toutes mes dents, une à une, comme si de rien n'était
    dehors est mort, effroyablement mort
    dedans la lie remue encore, acharnement neuroleptique



    j'te verrouille le visage, j'te racornis l'image, rien n'y fait :
    tu resplendis. chiant d'la boue, recrachant la moitié de l'océan, tu resplendis
    j'étais pas prêt à ça. je m'étais juste
    habitué à rien



    toucher du bois mes p'tites fêlures
    j'ai tellement peur, sans vraiment comprendre de quoi
    mort avant de s'en apercevoir, en tout petit, tout minuscule
    petit personnage...



    dévorant, l'appétit des vivants pour les défunts
    n'en reste que les os
    j'ai vendu ma mère, mon père, à un pauvre fabriquant d'jouets
    la toupie ma toupie, c'est ma toupie à moi
    14 juin 2026

  • les géraniums tremens

      une bulle s'ennuie, me roule sur le dos
    éclate à mon insu
    mon insu. béni soit mon insu
    souviens-toi d'un bouée, et coule
    coule avec elle, coule de toute ta
    verticalité. crécelle à l'agonie, j'crache mon tuyau, à la fin caressant
    la joue de n'importe qui, n'importe quelle



    je ne sais pas parler autrement, autrement qu'à une douille
    la grâce malgré tout, quand malgré tout s'enlise
    un désespoir ne viendra pas au bout du deuil, ni lui de lui
    on se touche le zizi. on rougit. la peur de soi
    nous sauve de l'oubli. pour l'instant.



    manette, petite manette sur le côté. comme une narine poussant sur le pied.
    de l'étudiant pendu, la chaussette flottante.
    j'ai mine de rien. même le miroir
    me refuse l'image. je compte mes abonnés, mes abonnés absents
    arrache un cri au gris, avant que lui ne te l'arrache
    rien là c'est tellement grand
    11 juin 2026

  • un truc de fille

      scorpion, se parle à soi. crochet d'attelage, le cœur pendant
    j'ai mal à ta douleur alors je jouis dedans, je pisse mes dents. d'abord un chien
    puis la laisse. l'absence tenant la laisse.
    je te touche la nausée, je te caresse la mort
    tu ne dis rien



    si seulement mais si seulement, on gardait nos paupières
    relevées, même retenues par
    des pinces à linge, des trombones du fil chirur-
    gical et seulement, mais si seulement.
    je t'arrache une couille : ton regard toujours aussi doux, aussi triste
    la paix en dieu ça n'arrivera pas
    avant que l'on tombe tous



    subsiste un doute. le silence compact d'une douleur inextricable
    tu parles de quoi là ? non mais tu parles de quoi ?
    la redevance audiovisuelle, la taxe foncière, les ordures ménagères
    un jour un œil s'ouvre. jamais ne se referme. la mort soudain l'agrandissant
    démesurément ou je m'égare



    mort brune la serpillère
    on s'apprête à jouir, on se retient. de toute éternité on se retient. là tout au bord.
    torpiller les ballons. on fait semblant de ne rien se rappeler
    en chien navré, chien intégral, on s'apporte une cruche
    on se verse de l'eau sur le corps l'un de l'autre
    9 juin 2026

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