marelle pas belle. réussir malgré tout son coup
au rayon viennoiserie reculer, s'écœurer, tâtonner pour un puits solitaire, un tunnel de fortune ou quelque
issue de secours, petit bonhomme vert courant dans son rectangle blanc
j'exècre ta chevelure, j'exècre ta culture - me voici chauve de chez chauve
hautement, et consciemment ignare
vivre s'appelle comme il peut - appelle-moi simplement lolek
ou récidive, quand chien ne garde ou n'y prend garde. l'espace
ne s'embrase pas, et l'on respire un peu
un peu pousse une truie. un peu
remonte le courant, et n'y survivra pas
un poisson hors le flot. un poisson privé d'air. un poisson triste
qui te regarde tristement
que tu regardes tristement
le ciel demeure invisible. le sexe du poisson relâche
l'abdomen se rétracte
tu peux souffler la chandelle
n'ai que le souvenir mais n'existe que sans
lundi mardi jeudi. un homme front contre vide
s'y jette pour que l'en sauve un sursaut
un réflexe de répulsion. mars avril juin, ne te découvre pas d'une tuile. il y aura bien quelqu'un
pour te renifler l'aisselle, morte ou vive
le trou en feu, l'appareil de travers
je n'accepte plus. rien. de rien. je n'accepte plus
tout me traverse, tout me contraint. je laisse faire
je n'accepte plus, donc je laisse faire
la mer abonde. j'ai très peur de me retrouver seul au petit jour, face au vide tout à coup du dedans débordant, et démontant les angles
très peur. cependant je me sens en odeur
d'absorber mon néant
-
j’ai tellement aimé tes dents grises. j’ai sucé tes dents grises
-
faire sans
vivre me bar-tabace
à chaque fois
pour une raison ou pour une autre, probablement pour
nulle raison. il n'y a au final
pas de raison voilà, vivre me
bar-tabace c'est tout
sournoise o mer-tourmente - quand dieu-même ne saurait,
systémiquement, me combler.
néant, plus que néant, rien que néant, au large de l'au-delà
et plus profond encore.
le dé à coudre d'une main, de l'autre l'océan...
chacun son petit bidon, faisant la queue au puits
ta mère jadis, ta mère m'a dit
il faut une vie pour vivre, une vie à vivre, une mort pour mourir mais là fous-moi la paix
mais là fais pas de bruit - laisse-moi, sur le silence étendu,
faire à jamais la planche
j'appelle une berge, une berge s'approche, s'apprête et me lance un "retourne chez toi métèque, et nique ta chèvre"
je lève les bras je ne m'envole pas - mes bras quoi qu'ils brassent
ne sont pas des ailes. je lève la patte ça dégouline de partout, ma patte quoi qu'elle en pense
ne paye pas de mine
alors j'explose et je dis rien, j'explose
d'inconséquence et je dis rien
une nuit je m'imagine. le jour je tombe des nues.
la zone. la mouise. le mitard.
face au miroir se prendre pour soi, comme si de soi, comme si de ça
j'y arrive mais à peine. et à peine y arrivai-je
que déjà foutu l'camp
-
la nuit sans qu’on s’en mêle
concrètement ça s'passe comment
comme en sursis, comme à la mer, c'est à dire qu'on n'en voit pas le fond
seulement l'abrupt
je me fais la courte échelle - concrètement ça s'passe comme ça, je me fais
la courte échasse, la longue malle
pom pom boy et tout ce qui s'ensuit
le billard à trois bandes, les points sur le a
une âcre odeur de sexe
je me suis assis dans un coin. un fleuve ou toute une mer, je ne sais plus
coulait en contrebas
tu danses seul à seule, rajoutant des e muets en queue quasiment de chaque mot
chaque syllabe
chaque lettre orpheline
des bêtes y en a tout l'temps, prêtes à te bondir dessus
ou comment de proie se faire croix, se rendre inattractif
vivre de quelque chose, même en désordre
comme une dame dont on pourrait pincer et tirer le téton
figuier sans figue, raison que n'incommode nul principe
vivre de trois fois rien, à penser qu'en soufflant d'sus, ça finira bien par germer
quoi qu'il en germe
je n'ai pas beau, fatal. je ne maîtrise
pas l'art du souffle, non plus
s'assoupir le bon congé, la vaste lande. s'assoupir du pied gauche
quand tout faisant mystère, transparaît l'évidence...
-
je m’achèterais bien une robe
on se rapproche du lieu, du lieu mourir heureux
sauf que dans l'âme, bien au-dedans de l'âme, ça ratiboise
entre-temps pensais-je, je boîte un pas sur deux
fabrique-moi un jouet, n'importe quel jouet
avec n'importe quoi, ou en n'importe quoi, d'un famille ouvrière
d'un canard au bec tordu, le corps à l'abandon
à l'abandon c'est pas gagné
je ne me souviens de rien, d'un rien mais si confus
tomber se dresse debout, supplier tend ses deux lèvres
t'attends quelqu'un - du tout début jusqu'à la fin de quoi, t'attends quelqu'un
une brouette
l'effort de n'être pas.
repousser l'échéance. enfreindre l'é-
ternité ou du moins ce qu'on en pense, alors même qu'on ne, n'y pense pas
je me réveille, mais ne constate aucune
divergence. presque une similitude, une disons
déroutante similitude...
devant s'attroupe un homme
un humain, pour ainsi dire
la voix chante famine - chante t-elle famine, la voix ?
aucun aucune, ne pousse en soi. d'aucuns d'aucunes
ne pousse en moi, ballerine
-
le vaste infini. détail
je ne pleure pas. je me mets sur le côté et j'attends que
cela passe, j'attends que
cela passe ou non, figé en sa débâcle
nombril en chute libre
tourner en rond
tourner en rond jusqu'à ce que l'esprit se mette à
chauffer: manœuvre préhistorique, attitude foncièrement
anhistorique. une paire de lunettes qu'on balance
par la fenêtre d'un train
rattaché aux humains par les mots
au monde physique par la dévoration
à dieu par l'angoisse, le néant
tout cela commence avec soi - une rivalité sans fin, une
chute ascensionnelle. l'espoir d'un improbable retour
de nulle part vers nulle part, débordant sur les marges
voir les choses telles qu'elles sont avant même qu'elles ne soient ce
qu'elles sont. et passer outre. passer
allègrement outre
on s'apporte à manger. chacun son tour de rôle
on se fait boire, à la gourde ou au sein, selon ce dont
on dispose. on s'attache une corde au vide, on se plante un bouton
d'or sous le menton, rêvant à vague ouverte d'un
esprit sans rêve...
on se rapproche de rien et comme c'est lumineux
abat-jour et train de nuit - ça nous fait combien d'heures déjà, combien de vies?
le rien et la lumière, au-delà même de l'obscène: des noces purement
cérébrales...
-
d’ordinaire
deux biches et trois souillons
revendiquent m'avoir épousé. étrange messe...
j'avale un ch'val, un ch'val me fixe
droit dans les yeux. les yeux c'est quelque chose
et pour tout dire je m'en sors plutôt bien
bref je m'en sors
rien ne m'inspire
sortir du sarcophage pour seulement mimer l'épouvantail. on n'a rien vu
quoi qu'on ait cru voir, on n'a rien vu vraiment
ni venir, ni repartir
peut-être entendu le coucou, une fois ou deux, tout au bout du silence
mais même pas sûr
chaque fois que j'entends la voix d'un enfant je crois avoir ressuscité mais non
la balançoire balance à vide
l'avenue se recroqueville
on dirait un chien se grattant rageusement les côtes,
le pitoyable auvent d'une caravane
en fin d'saison
il reste une huître
à jouir dedans, et s'en foutre des perles
comme de l'accoutumée.
un jour est sans partage, il traîne là
à l'avant-garde d'une armée en déroute - pire:
d'une horde-fantôme.
rêvons. mais rêvons juste
et si seulement vacant-vacance, tu crachais dans le vide, béant-béance
d'un ongle la vertèbre frottée, saisir
l'essence du bonheur, ou faire comme ci
ou faire comme ça
se couper l'ongle par exemple. du pouce par exemple
. et si seulement...
-
bouge ton pied d’là, marelle
zoulou chez toi, zoulou partout
dénué de femme, il attaque un talus dénué de femme, il escalade une butte
redevenir soi-même déclenche une chiasse, il s'effraye d'un mouton,
de se retrouver face à soi et de se dire, tu vois, tu l'auras quand même bien cherché
zombie mais pas de n'importe quel genre
zombie mais pauvre, poches trouées
zombie, mais d'ignoble paresse, béate oisiveté
je mets un pyjama, pour voir
il ma colle à la peau, ce pyjama
chacune de mes victoires a déclaré forfait, moindre des politesses.
j'acacia partout, j'acacia tout l'temps - jacacia a dit: levez la patte!
je regarde sur la dalle en béton agoniser le piaf venu
s'éclater contre la vitre. la sainte et maudite
vitre
tu t'achèves, je m'achève
à petits pas, à petit bruit
si je décolles toi tu t'envoles - ne m'est laissé que le choix
de retomber
sur mon nez, mon aisselle creuse
ma verge en toute impunité
- faut bien se lever matin, n'est-ce pas?
hein, n'est-ce pas?
-
renard poisseux ouvre le chemin
je suis tombé
pire que d'un arbre : d'une équation sans
résolution.
on marchait droit - enfin... plus ou moins droit plus ou moins
devant soi
le sexe en devanture
la fuite en couverture
je mange
une tête de mort toute entière, j'aspire par les trous
la moelle d'un songe creux
j'arrive au cœur du truc
comme face à un miroir sur lequel nul reflet
ne me situe, ne me
restitue
pleure sur les marges - peut-être cela les
assouplira t-il un peu.
un peu ronge la baleine. un peu économise
sur le rouleau d'PQ
je chante mais d'une seule corde - me
captes-tu monotone ? à contre-courant. à contre courant de tout et même de
pas de courant du tout
la vitre alloue ses deux faces
à qui s'y cogne, s'y fracasse
deux bords d'un même basculement tant je me trouve à la fois
au-dehors du dedans comme
au-dehors du dehors, poil hérissé
-
l’infâme et sa valise
apparemment là c'est vivant, alors qu'on meurt dedans
dehors poussent les ailes. au-dedans sans un cri tombent les ailes
morflent, s'agenouillent, et se rasent le gland
dehors disais-je poussent les ailes, deux ailes au bord d'une hirondelle
quand l'autre me traverse
chez moi n'est pas chez moi. l'air y fétide
à quel point faudra t-il humilier dieu pour qu'il daigne enfin se relever ? on ne ressent plus la douleur
trop de douleur absorbe la douleur
mort au monde. mort à soi. mort à dieu.
mort sans combat
si on l'dit c'est qu'on est encore vivant, faut pas se plaindre
tous les missiles du monde se sont abattus sur moi. je me suis levé de mon banc
on se remariera bientôt tu m'entends ? on se remariera
bientôt
il y a une mort après la mort, appelons-la marie
ou d'un tout autre nom, peu importe
entre l'éternel et moi que dire ? et que se dire ?
on s'embrasse comme ça, des fois sur la bouche
autrefois sur le trou
je ne veux plus savoir, je ne veux plus vouloir. je ne veux plus qu'éclose ce qui doit éclore
on se tiendra sur le qui-vive. peut-être même, sait-on jamais
que nos regards se croiseront sur le miroir
et alors quoi
-
un cheval s’est mis à braire. je me suis alors su chez moi
c'est que tout s'éloigne, d'un versant comme de l'autre
c'est que, comment dire..., ne se ressemble pas. ni de dos
l'été éclot un mardi. un mardi ça va comme ça
juste avant un mercredi
...
un mercredi ça va comme ça
tu mourras tiens tu mourras
et sinon, tu mourras tiens tu mourras, quand même
même si déjà mort, tu mourras quand même
vivre reprisera les coudes, vivre raccommodera les pertes
les fracas
les pertes et les fracas
et tu mourras vivras. dans les interstices
les liaisons mal agencées, les liaisons mal foutues
rien tient le tire-bouchon, rien
ne s'intéresse à rien
même pas à moi, lequel pourtant...
chien descente, faillite certaine
comme entrée en matière. sinon mon chien sommet, ma hargne lourde
et me voici, tout pimpant,
vide de substance, os sans moelle, tuyau percé
j'insiste mais voilà, j'insiste à vide
un dernier petit tour
de non-magie, à peine consenti
de non-manège. c'est un tout petit tour
de l'univers en large, en long du pâté de masures. vaste fumisterie
la prof affirmait déjà : lolek, vous n'êtes qu'un fumiste
je n'ai même pas de feu. un fumiste sans feu
tant va et vient que viens et vas. tant pis
on s'arrêtera bien quelque part et quelque part alors
s'éveillera, bâillera, s'étirera
recrachant l'herbe et toute la terre