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assis là sur un banc


  • j’ai tellement aimé tes dents grises. j’ai sucé tes dents grises

      marelle pas belle. réussir malgré tout son coup
    au rayon viennoiserie reculer, s'écœurer, tâtonner pour un puits solitaire, un tunnel de fortune ou quelque
    issue de secours, petit bonhomme vert courant dans son rectangle blanc
    j'exècre ta chevelure, j'exècre ta culture - me voici chauve de chez chauve
    hautement, et consciemment ignare



    vivre s'appelle comme il peut - appelle-moi simplement lolek
    ou récidive, quand chien ne garde ou n'y prend garde. l'espace
    ne s'embrase pas, et l'on respire un peu
    un peu pousse une truie. un peu
    remonte le courant, et n'y survivra pas



    un poisson hors le flot. un poisson privé d'air. un poisson triste
    qui te regarde tristement
    que tu regardes tristement
    le ciel demeure invisible. le sexe du poisson relâche
    l'abdomen se rétracte
    tu peux souffler la chandelle



    n'ai que le souvenir mais n'existe que sans
    lundi mardi jeudi. un homme front contre vide
    s'y jette pour que l'en sauve un sursaut
    un réflexe de répulsion. mars avril juin, ne te découvre pas d'une tuile. il y aura bien quelqu'un
    pour te renifler l'aisselle, morte ou vive
    le trou en feu, l'appareil de travers



    je n'accepte plus. rien. de rien. je n'accepte plus
    tout me traverse, tout me contraint. je laisse faire
    je n'accepte plus, donc je laisse faire
    la mer abonde. j'ai très peur de me retrouver seul au petit jour, face au vide tout à coup du dedans débordant, et démontant les angles
    très peur. cependant je me sens en odeur
    d'absorber mon néant
    6 juin 2026

  • faire sans

      vivre me bar-tabace
    à chaque fois
    pour une raison ou pour une autre, probablement pour
    nulle raison. il n'y a au final
    pas de raison voilà, vivre me
    bar-tabace c'est tout



    sournoise o mer-tourmente - quand dieu-même ne saurait,
    systémiquement, me combler.
    néant, plus que néant, rien que néant, au large de l'au-delà
    et plus profond encore.
    le dé à coudre d'une main, de l'autre l'océan...



    chacun son petit bidon, faisant la queue au puits
    ta mère jadis, ta mère m'a dit
    il faut une vie pour vivre, une vie à vivre, une mort pour mourir mais là fous-moi la paix
    mais là fais pas de bruit - laisse-moi, sur le silence étendu,
    faire à jamais la planche



    j'appelle une berge, une berge s'approche, s'apprête et me lance un "retourne chez toi métèque, et nique ta chèvre"
    je lève les bras je ne m'envole pas - mes bras quoi qu'ils brassent
    ne sont pas des ailes. je lève la patte ça dégouline de partout, ma patte quoi qu'elle en pense
    ne paye pas de mine
    alors j'explose et je dis rien, j'explose
    d'inconséquence et je dis rien



    une nuit je m'imagine. le jour je tombe des nues.
    la zone. la mouise. le mitard.
    face au miroir se prendre pour soi, comme si de soi, comme si de ça
    j'y arrive mais à peine. et à peine y arrivai-je
    que déjà foutu l'camp
    3 juin 2026

  • la nuit sans qu’on s’en mêle

      concrètement ça s'passe comment
    comme en sursis, comme à la mer, c'est à dire qu'on n'en voit pas le fond
    seulement l'abrupt
    je me fais la courte échelle - concrètement ça s'passe comme ça, je me fais
    la courte échasse, la longue malle



    pom pom boy et tout ce qui s'ensuit
    le billard à trois bandes, les points sur le a
    une âcre odeur de sexe
    je me suis assis dans un coin. un fleuve ou toute une mer, je ne sais plus
    coulait en contrebas



    tu danses seul à seule, rajoutant des e muets en queue quasiment de chaque mot
    chaque syllabe
    chaque lettre orpheline
    des bêtes y en a tout l'temps, prêtes à te bondir dessus
    ou comment de proie se faire croix, se rendre inattractif



    vivre de quelque chose, même en désordre
    comme une dame dont on pourrait pincer et tirer le téton
    figuier sans figue, raison que n'incommode nul principe
    vivre de trois fois rien, à penser qu'en soufflant d'sus, ça finira bien par germer
    quoi qu'il en germe



    je n'ai pas beau, fatal. je ne maîtrise
    pas l'art du souffle, non plus
    s'assoupir le bon congé, la vaste lande. s'assoupir du pied gauche
    quand tout faisant mystère, transparaît l'évidence...
    31 mai 2026

  • je m’achèterais bien une robe

      on se rapproche du lieu, du lieu mourir heureux
    sauf que dans l'âme, bien au-dedans de l'âme, ça ratiboise
    entre-temps pensais-je, je boîte un pas sur deux



    fabrique-moi un jouet, n'importe quel jouet
    avec n'importe quoi, ou en n'importe quoi, d'un famille ouvrière
    d'un canard au bec tordu, le corps à l'abandon
    à l'abandon c'est pas gagné



    je ne me souviens de rien, d'un rien mais si confus
    tomber se dresse debout, supplier tend ses deux lèvres
    t'attends quelqu'un - du tout début jusqu'à la fin de quoi, t'attends quelqu'un
    une brouette



    l'effort de n'être pas.
    repousser l'échéance. enfreindre l'é-
    ternité ou du moins ce qu'on en pense, alors même qu'on ne, n'y pense pas
    je me réveille, mais ne constate aucune
    divergence. presque une similitude, une disons
    déroutante similitude...



    devant s'attroupe un homme
    un humain, pour ainsi dire
    la voix chante famine - chante t-elle famine, la voix ?
    aucun aucune, ne pousse en soi. d'aucuns d'aucunes
    ne pousse en moi, ballerine
    28 mai 2026

  • le vaste infini. détail

      je ne pleure pas. je me mets sur le côté et j'attends que
    cela passe, j'attends que
    cela passe ou non, figé en sa débâcle
    nombril en chute libre



    tourner en rond
    tourner en rond jusqu'à ce que l'esprit se mette à
    chauffer: manœuvre préhistorique, attitude foncièrement
    anhistorique. une paire de lunettes qu'on balance
    par la fenêtre d'un train



    rattaché aux humains par les mots
    au monde physique par la dévoration
    à dieu par l'angoisse, le néant



    tout cela commence avec soi - une rivalité sans fin, une
    chute ascensionnelle. l'espoir d'un improbable retour
    de nulle part vers nulle part, débordant sur les marges



    voir les choses telles qu'elles sont avant même qu'elles ne soient ce
    qu'elles sont. et passer outre. passer
    allègrement outre



    on s'apporte à manger. chacun son tour de rôle
    on se fait boire, à la gourde ou au sein, selon ce dont
    on dispose. on s'attache une corde au vide, on se plante un bouton
    d'or sous le menton, rêvant à vague ouverte d'un
    esprit sans rêve...



    on se rapproche de rien et comme c'est lumineux
    abat-jour et train de nuit - ça nous fait combien d'heures déjà, combien de vies?
    le rien et la lumière, au-delà même de l'obscène: des noces purement
    cérébrales...
    25 mai 2026

  • d’ordinaire

      deux biches et trois souillons
    revendiquent m'avoir épousé. étrange messe...
    j'avale un ch'val, un ch'val me fixe
    droit dans les yeux. les yeux c'est quelque chose
    et pour tout dire je m'en sors plutôt bien
    bref je m'en sors



    rien ne m'inspire
    sortir du sarcophage pour seulement mimer l'épouvantail. on n'a rien vu
    quoi qu'on ait cru voir, on n'a rien vu vraiment
    ni venir, ni repartir
    peut-être entendu le coucou, une fois ou deux, tout au bout du silence
    mais même pas sûr



    chaque fois que j'entends la voix d'un enfant je crois avoir ressuscité mais non
    la balançoire balance à vide
    l'avenue se recroqueville
    on dirait un chien se grattant rageusement les côtes,
    le pitoyable auvent d'une caravane
    en fin d'saison



    il reste une huître
    à jouir dedans, et s'en foutre des perles
    comme de l'accoutumée.
    un jour est sans partage, il traîne là
    à l'avant-garde d'une armée en déroute - pire:
    d'une horde-fantôme.
    rêvons. mais rêvons juste



    et si seulement vacant-vacance, tu crachais dans le vide, béant-béance
    d'un ongle la vertèbre frottée, saisir
    l'essence du bonheur, ou faire comme ci
    ou faire comme ça
    se couper l'ongle par exemple. du pouce par exemple
    . et si seulement...
    22 mai 2026

  • bouge ton pied d’là, marelle

      zoulou chez toi, zoulou partout
    dénué de femme, il attaque un talus dénué de femme, il escalade une butte
    redevenir soi-même déclenche une chiasse, il s'effraye d'un mouton,
    de se retrouver face à soi et de se dire, tu vois, tu l'auras quand même bien cherché



    zombie mais pas de n'importe quel genre
    zombie mais pauvre, poches trouées
    zombie, mais d'ignoble paresse, béate oisiveté
    je mets un pyjama, pour voir
    il ma colle à la peau, ce pyjama



    chacune de mes victoires a déclaré forfait, moindre des politesses.
    j'acacia partout, j'acacia tout l'temps - jacacia a dit: levez la patte!
    je regarde sur la dalle en béton agoniser le piaf venu
    s'éclater contre la vitre. la sainte et maudite
    vitre



    tu t'achèves, je m'achève
    à petits pas, à petit bruit
    si je décolles toi tu t'envoles - ne m'est laissé que le choix
    de retomber
    sur mon nez, mon aisselle creuse
    ma verge en toute impunité
    - faut bien se lever matin, n'est-ce pas?
    hein, n'est-ce pas?
    19 mai 2026

  • renard poisseux ouvre le chemin

      je suis tombé
    pire que d'un arbre : d'une équation sans
    résolution.
    on marchait droit - enfin... plus ou moins droit plus ou moins
    devant soi
    le sexe en devanture
    la fuite en couverture



    je mange
    une tête de mort toute entière, j'aspire par les trous
    la moelle d'un songe creux
    j'arrive au cœur du truc
    comme face à un miroir sur lequel nul reflet
    ne me situe, ne me
    restitue



    pleure sur les marges - peut-être cela les
    assouplira t-il un peu.
    un peu ronge la baleine. un peu économise
    sur le rouleau d'PQ
    je chante mais d'une seule corde - me
    captes-tu monotone ? à contre-courant. à contre courant de tout et même de
    pas de courant du tout



    la vitre alloue ses deux faces
    à qui s'y cogne, s'y fracasse
    deux bords d'un même basculement tant je me trouve à la fois
    au-dehors du dedans comme
    au-dehors du dehors, poil hérissé
    16 mai 2026

  • l’infâme et sa valise

      apparemment là c'est vivant, alors qu'on meurt dedans
    dehors poussent les ailes. au-dedans sans un cri tombent les ailes
    morflent, s'agenouillent, et se rasent le gland
    dehors disais-je poussent les ailes, deux ailes au bord d'une hirondelle
    quand l'autre me traverse



    chez moi n'est pas chez moi. l'air y fétide
    à quel point faudra t-il humilier dieu pour qu'il daigne enfin se relever ? on ne ressent plus la douleur
    trop de douleur absorbe la douleur
    mort au monde. mort à soi. mort à dieu.
    mort sans combat



    si on l'dit c'est qu'on est encore vivant, faut pas se plaindre
    tous les missiles du monde se sont abattus sur moi. je me suis levé de mon banc
    on se remariera bientôt tu m'entends ? on se remariera
    bientôt



    il y a une mort après la mort, appelons-la marie
    ou d'un tout autre nom, peu importe
    entre l'éternel et moi que dire ? et que se dire ?
    on s'embrasse comme ça, des fois sur la bouche
    autrefois sur le trou



    je ne veux plus savoir, je ne veux plus vouloir. je ne veux plus qu'éclose ce qui doit éclore
    on se tiendra sur le qui-vive. peut-être même, sait-on jamais
    que nos regards se croiseront sur le miroir
    et alors quoi
    13 mai 2026

  • un cheval s’est mis à braire. je me suis alors su chez moi

      c'est que tout s'éloigne, d'un versant comme de l'autre
    c'est que, comment dire..., ne se ressemble pas. ni de dos
    l'été éclot un mardi. un mardi ça va comme ça
    juste avant un mercredi
    ...
    un mercredi ça va comme ça



    tu mourras tiens tu mourras
    et sinon, tu mourras tiens tu mourras, quand même
    même si déjà mort, tu mourras quand même
    vivre reprisera les coudes, vivre raccommodera les pertes
    les fracas
    les pertes et les fracas



    et tu mourras vivras. dans les interstices
    les liaisons mal agencées, les liaisons mal foutues
    rien tient le tire-bouchon, rien
    ne s'intéresse à rien
    même pas à moi, lequel pourtant...



    chien descente, faillite certaine
    comme entrée en matière. sinon mon chien sommet, ma hargne lourde
    et me voici, tout pimpant,
    vide de substance, os sans moelle, tuyau percé
    j'insiste mais voilà, j'insiste à vide



    un dernier petit tour
    de non-magie, à peine consenti
    de non-manège. c'est un tout petit tour
    de l'univers en large, en long du pâté de masures. vaste fumisterie
    la prof affirmait déjà : lolek, vous n'êtes qu'un fumiste
    je n'ai même pas de feu. un fumiste sans feu



    tant va et vient que viens et vas. tant pis
    on s'arrêtera bien quelque part et quelque part alors
    s'éveillera, bâillera, s'étirera
    recrachant l'herbe et toute la terre
    10 mai 2026

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