Aller au contenu

assis là sur un banc


  • à moins qu’il ne s’endorme

      le mort perd ses cheveux. on se retient, on se retire afin d'en
    tendre le silence, la plage nue
    se gratter par ci, se gratter par là, le sang faisant
    terribl non: patiemment défaut
    - du blanc au blanc ternit le gris



    monter les escaliers, ils - les escaliers -
    redescendront tout seuls
    en suspens dans les airs, raccrochés à je n'sais quoi - une corde une balle, une
    plaquette de cachetons
    mourir-fusée, respire-planer, j'en ai ma claque
    vraiment ma claque



    au final, ne demeurent que les choses.
    où me manque une ville tu feras un trou dans la carte, ou tu la rayeras d'la piste. tu exhibera mon nombril
    en grand
    à toute la planète, maudite. au yeux vides de toute la planète, maudite
    l'hurle-rouge. rouge-putride



    je ne savais pas
    je ne savais pas que j'étais, pourquoi être, je ne savais pas
    le doigt dans le trou- de nez, de ver, de chatte. ainsi passait le temps
    ouvrir en grand le temps
    surtout pas faire le con



    si quelqu'un se trouvait là alors il n'y est plus
    je tâte, il n'y est plus
    je tâte pas il
    n'apparait toujours pas. je tape : pareil
    ne pas s'attendre à une surprise ne pas s'attendre, en général
    sauf si rien. ou à peine plus que rien.
    à moins qu'il ne s'endorme
    7 mai 2026

  • je mens mais si je mens, je n’attrape rien

      tout ce qu'il dit
    tout ce qu'il dit ne ressort pas de l'ombre loin de là. il va nulle part
    va ou ne va, nulle part
    tout ce que l'ombre ne ressort pas du verbe ceci dit
    donc tout va bien. tout va
    putain de bien



    rentre au bercail, au berceau, ne se
    pense pas comme un être pourvu en rêves, en ciseaux, pas comme un cerf-volant bas
    juste le temps, de se faire la bise ses lèvres contre
    ses propres joues acroba-
    tiquement, et voilà qu'ça pue l'encens
    on meurt à soi trop tard, ne le sais-tu ?



    une bribe, de ci de ça qu'importe, un geste inconséquent
    à nourrir une hache et puis la désherber, la désosser, je me suis amusé
    la tête haute, le sang en vrac



    on s'est mis à rêver de quelque chose quelque chose une épingle
    dans l'œil du noyé. on s'approche un verdict
    à voix basse nous recompose. comme si
    nous allions de l'avant. de l'arrière ou d'en-haut comme si
    quelque part était où nous pourrions nous rendre



    une crasse intime, personnelle, plus ou moins perçue comme
    une antinomie à vif.
    j'avance d'un pas je tombe à pic, à-pic se remémore
    une estrade, une bannière, bref une fière paire de couilles mais non,
    rien ne lui revient, aucune vie ne se laissant ré
    approprier
    4 mai 2026

  • au pas de chiourme

    y avait quelqu’un là qui n’y croyait pas
    il aurait bien voulu certes, mais il n’y croyait pas. ne sachant distinguer
    l’aile du fond, le oui du non
    on le voyait se balancer à la branche ou au trapèze, selon l’adage
    comme quoi rien



    j’ai jeté le muguet par le hublot. libéré, le muguet
    ce qu’enjamber la mort a de commun avec le saut à la perche
    ou même à l’élastique
    le dimanche, je n’ai donc nulle part où me promener



    il manque un trou à ma marelle, il manque un trou à tout ce
    qui est censé me couvrir, me recouvrir
    un trou de ver à mon linceul par où le feu – non, la lumière
    jouir m’appauvrit



    les chèvres de mon enclos se sont mises
    à me maudire, à comploter, à cracher. elles n’apprécient pas
    qu’on les regarde de travers, elles bêlent : nique ta vérité
    attention, je suis le mort-au-rats



    passer d’une maison à l’autre, d’un enfant à l’autre, d’un trou vide
    à une mer calme
    parce que ça peut être calme, parfois la mer



    chanter toujours du même côté, et du côté où précisément, cela coince
    on revient vers soi à la première personne, du moins c’est ce que l’on croit naïvement
    ce que l’on croit jeu à gratter
    mais non, toujours rien de lumineux à ce clochard

    1 mai 2026

  • ironie broute le matelas

      traire la licorne. puis se laver les mains
    sans eau, hors salve, d'un destin à la solidité de nain
    pas-de-chemin ne nous empêchera pas
    de rebrousser



    le non élimine le oui. le non élimine le non. manque une chemise
    à son bouton
    que devient donc le cercle une fois démise
    la circonférence ?



    bête à bouffer du foin. j'ai du
    prendre froid. articuler m'appelle
    âne à braire, il tourne, il tourne - le paysage quant à soi
    ne bouge pas d'un pouce



    l'accent dit grave, en pente l'essentiel
    derrière la porte respire l'inconnu
    devant la porte, pareillement



    la cage, ou toujours plus de vide
    que de barreau
    au fond du trou j'm'envole, j'm'envole à p'tite allure
    c'est mort. le trou du fond c'est mort
    avec envie parfois



    dieu, ne me ressuscite pas - ressuscite-toi, toi
    ne m'abandonne pas à moi - lime-lui l'ongle et la boue
    chuter déménage. chuter dégage la vue, optimal poumon
    dieu je t'en supplie, ne casse pas la patte
    à mon canard
    28 avril 2026

  • tapis roulant, siège éjectable, allez fft

      mais comme elles s'oublient. peut-être
    n'y ont-elles jamais vraiment pensé
    penser brouille la connexion. elles se sont
    contentées d'être là, le moment venu



    tomber à petites foulées
    à travers toute image parle le mort. avec une mâchoire
    qui s'ouvre se referme sans émettre d'autre son
    qu'un léger claquement de vide, c'est dur



    j'ai pris un pied, l'ai balancé devant
    puis l'autre, plus en avant encore
    et tout cela sans à aucun moment m'extraire de ma peau, de ma
    poche fossile, ma poche antimissile, rouge foncé



    c'est aride
    terriblement aride
    une pomme ridée, de face comme de profil
    on fait coucou avec la main : "coucou avec la main". il ne
    reste rien à pardonner



    l'essentiel; l'accent grave. il s'enfonce avec soin
    la coquetterie tatouée sur la cuisse. l'os dure
    clairière ouverte, volets clos. quelque chose de plus profond encore
    en-dedans dure
    émerge du charnier



    sous le préau, tricycles et parapentes. j'abjure
    un ange ma masse les os. jusqu'à ne faire qu'un os
    une seule pipe pas de feu :
    cette étrange fumée...
    25 avril 2026

  • ça y est, j’ai rendu l’âme

      chacun son seul et propre témoin. on lui glisse un coussin dans le dos
    quelqu'un ne sait pas, quelqu'un ne s'approche pas
    il débouche une bouteille. quelqu'un pactise avec l'idée
    n'importe quelle idée - s'adossant au pur vide



    le mec n'est pas officiellement mort
    manque un tampon, l'arrêt d'un organe dit vital
    la photo d'un poumon sur un paquet de clopes
    officieusement retombe la mouche



    t'avais d'accord t'avais promis
    que tu ne te retournerais plus
    dans ta tombe, dans mon lit, l'indigeste refrain
    je te noie tu me noies, la surface nous écrase. nous n'avons plus la langue
    de nous la relicher



    suce le moignon. on pourrait s'appeler comme ça : suce-le-moignon
    le jour être méchant. la nuit se lamenter, en cachette
    tu te gares je me gare - l'hypostase sexuelle, exclusivement sexuelle
    un bout de PQ par là, un naufrage ontologique par ci...
    22 avril 2026

  • j’appelle à la retenue mais bon, je déborde toujours

    une fois nu, une fois à découvert
    plus nu encore qu’au miroir livide, l’image à vide
    il gobe une mouche, une mouche-t’emmerde
    faudra s’y faire. ou pas. cela n’impliquant
    strictement rien



    je m’achète un costume. pour un rendez-vous dans l’arrière-cour
    seul un chemin de croix, un chemin tortueux
    si tu m’appelles appelle-moi, je n’existe toujours pas
    ou si peu qu’un jour souffreteux
    parvient à s’arracher au confort du néant



    chêne. mort. une luge.
    on tape dedans on tape dedans, rien n’en sort
    se taire avant même d’avoir proféré un mot, cervelle en friche
    je m’assois quelque part quelque chose finira bien
    par pousser



    accroche-toi à ma main. ignore
    si je nous pisse dessus
    un jour tu te prends pour une boule de gris
    le lendemain simplement tu fatigues, hydrophobe
    se noyer ne suffit pas : encore faut-il que cela s’accomplisse
    hors la moindre goutte d’eau…

    19 avril 2026

  • pas d’eau dans ma boussole, pas d’chakra

      il tombe. de plus en plus il tombe
    comme si seul l'extra-ordinaire était désormais acceptable
    avec sa tondeuse à fausse pelouse
    son ciel-naufrage
    caillou pointu dans la grolle de l'ogre



    j'achève une tombe
    tu te trompes d'adresse - je dis : j'achève une tombe
    une en-dessous une au-dessus, mieux en vaut deux pour être tranquille
    la nuit les nénufars s'allument
    c'est tout ce qu'il me reste



    un grenier dedans moi
    une femme atone
    enceinte d'un doigt d'honneur
    j'appelle les pompiers, le numéro n'est plus attribué
    ai-je jamais répondu à quoi que ce soit ?
    non monsieur. pas dans mes cordes



    j'ai mangé de l'herbe, rien que de l'herbe
    mourir ne représentait que la partie émergée de la douleur
    à sucer mon glaçon, rien que mon glaçon
    je ne fus plus que langue
    16 avril 2026

  • neurone tranquille, épais brouillard

      je ne rigole pas, j'essaie de supplier
    rien ne vient. le moteur tourne à froid
    je ne sais plus comment te dire adieu - il eut fallu sans doute
    partie à temps, ou du moins
    cracher dans l'gant



    non, je ne bâille pas - j'attends seulement qu'il
    ne se passe rien, ou un peu moins disons
    que pas grand chose
    je pose mon verre il se met à bruiner
    à bruiner par milliers, à bruiner de caresses



    messe basse et trou d'l'anus
    mon avenir s'étiole, je remonte la couverture
    peut-être si on devine dans quelle main "ça" se trouve on crèvera pas tout d'suite
    on jouera aux indiens, peut-être même
    qu'on sauvera sa peau



    immense
    et depuis lors elle tombe, elle tombe
    s'écorche les genoux - ça arrive
    perdre les dents lors d'un baiser de souche, ça arrive aussi, quelquefois
    et même lors de pas de baiser du tout
    ravale sa langue



    d'un préjugé l'autopsie. plus bas que moi dieu ressuscite
    hors pâques hors sol, hors tout ce que tu voudras, il se relève d'entre ma mort
    alors on reste là, ne sachant trop quoi faire, machinalement se
    grattant le zizi
    13 avril 2026

  • terrain d’entente, marelle errante

    plein de choses en son contraire, et la bulle au milieu
    l’infaillibilité neige
    d’ailleurs je sors mon parapluie

    celle à qui manque un bruit, ou même un son
    carapace contre hameçon
    j’espère n’avoir rien retenu, j’espère
    n’avoir pas été jusque là, où que ce soit

    une pluie d’alléluias – on n’avait plus de riz, on n’avait plus de
    pétales de rose, il fait
    froid quand il fait froid, et de plus en plus froid
    du coup je brule mes dunes, de fond en comble

    un simple coloriage, l’almanach des postes
    j’ai une morte. une morte parmi moi. et je ne sais qu’en faire
    – lui colle un timbre-poste ? L’encule par le nombril ?
    j’ignore où la vacance…

    je m’arrête un instant – un instant me dis-tu ?
    Vois comme tout cela est moche, tâte comme le sexe mou
    un regard de traverse, une chute frôlée – j’esquive
    j’esquive ma propre âme

    10 avril 2026

Page précédente Page suivante