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assis là sur un banc


  • à ch’val sur rien, clop clop clop

      j’arrête tout, la soupe et le boucher. je vole un mort, un mort seulement
      quand j’arrive y a plus personne. y a plus personne alors j’arrive. je me pointe, d’un doigt mineur
      tant de froideur humaine. faut mettre un pull. un sous-pull en-dessous

      voiture macabre. à quoi sert un printemps finalement ? restons-en là
      je squatte une vieille souche. on n’attend pas la fin du monde, un départ d’éternité nous laisserait de marbre
      de marbre, entends-je dire
      si la voiture tombe en panne, nous continuerons à dos d’âne, à peau d’âne la pauvre

      chacun cherche son bouddha, et ne trouve qu’un mouchoir, avec tout ce qu’on peut faire d’un mouchoir je te laisse imaginer
      sauf peut-être du patin – on ne glisse pas sur un mouchoir. d’après moi on ne glisse pas
      même si ça revient au même
      au même rien
      au même même

      dehors la tête, dedans les bulles.
      on a l’air sentimental comme ça, quoique de nature suspensive
      à tort ou à raison, plus vraisemblablement à tort, ai-je changé les lampions
      des rouges des jaunes et cetera – tout pour tenir le coup, encaisser le contre-sens
      on dirait une poupée, alors que c’est même pas une poupée, qui pleure ou qui ronchonne

    26 novembre 2025

  • tramadol ô tramadol, dis-moi qui est la plus belle en cette carriole

      on a des chauds violons là, vraiment, on a des chauds violons
      ne leur manquent que les cordes, et le couteau à faim
      depuis qu’on se pose des questions, depuis qu’on s’abstient de réponses regarde, les chats crèvent par milliers
      regarde-les-moi, tous ces chats crevés…

      j’atteindrai jamais l’an deux mille bon ben tant pis
      ni même l’an un, ni même l’an trois mille
      j’errerai seul parmi les décombres de ma pauvre mémoire, ma sinistre fantaisie
      et si quelque chose s’enflamme regarde, il ne s’agit pas de mon cœur mais de celui
      de l’arbre d’à côté

      dieu m’arrache une boule. tu me diras ce n’est qu’une boule, et non pas de cristal
      j’avance avec un salut par devant. s’ensuit la pente, rectiligne. s’ensuit la longue quiétude
      la quiétude. je te parle de la quiétude. ce n’est qu’une bombe à soi

      vivre me demeure tapi
      j’achète une grosse. une grosse fait bien dans ma demeure. nourrit les coins
      j’ai mal à ma douleur, mais seulement un jour sur deux et ça tombe bien : cela concerne en effet le jour où
      je ne boite pas, ni même ne tremble

    23 novembre 2025

  • la bouche du néant sur l’orteil qui dépasse

      plus maritime que ça tu coules
      heureusement : ferme le large, stable le flou
      écornée malgré tout, l’apparence

      ne pas être impliqué c’est tout ce que je demandais
      dans quoi que ce fut quitte à finir écrasé sur
      une langue de verre, le frigide fragile

      plus loin plus près c’est comme tu voudras, mais surtout pas ici
      ici l’ailleurs me lâche
      ici le nœud coulant, le lieu croulant
      – dommage…

      arrache-toi une dent elle ne repousse pas
      une cigarette ne renaît pas de ses cendres
      avec toi tout s’en va : les combles, les fondations
      un mur n’a pas saisi l’message

      sous quelles latitudes, à quel moment
      m’as-tu vu redescendre ?
      une mer m’oppose. tout ce que tu sauras c’est qu’enchaînée, déchaînée,
      une mer m’oppose

      tu me gaves. partout où tu vas tu me gaves
      je n’ai pas d’ennemi, mais ce sol pourri
      ce malencontreusement banal
      et spiritus punky

      un jour on va mettre tout dans une boîte et on dira (peut-être en parlant de la boîte) : ceci
      n’est pas un visage
      il n’a pas pris une ride, regarde, ceci
      n’est pas un visage

    20 novembre 2025

  • circus bonheur, l’enfant perdu

      je ne suis pas tout le temps mort des fois, je fais semblant d’être mort
      je regarde par le fenêtre ou je
      fais semblant de regarder par la fenêtre histoire de
      histoire de rien, de fuir sous un semblant de ciel, de trouver un appui de ne
      pas retomber dans le vide en pluie fine, même s’il paraît que l’on
      ne s’élève qu’au-dessus de sa chute

      en avoir marre de cette vie-ci, de cette vie-là, en avoir marre et marre de tout
      soulage.
      tu dors couvre la nuit. c’est ce que je me dis. ou du moins ce que je me dirais si seulement j’avais
      les mots pour le dire, le verbe de l’égrener, la moindre envie de signifier…
      mais je reste là comme je reste là, effroyablement distant
      quoique d’une distance nulle

      je ne savais plus quoi faire avec tes cheveux alors je
      les ai coupés court, ou jouis dedans je ne me souviens plus. en tout cas plus osé les toucher.
      quelqu’un se tait au bout du fil. cela finit toujours ainsi
      par un abrupt claquement de silence
      puis on s’en va. ou c’est tout le décor qui s’en va, au-dehors comme au-dedans

      carrément dans le trou, quand tu tombes, c’est que tu tombes encore
      rien qu’une mauvaise habitude, me diras-tu si jamais l’envie te prenait de me dire quelque chose
      en attendant nous voilà bouffant des toasts dans de tristes appartements
      on rase les murs, sachant bien que ceux-là repoussent d’autant plus
      tout comme repoussent les chutes

      le reste du temps on se rate, on se rate pour de bon
      on se rate à domicile, on se rate à l’extérieur, on se rate à rebours
      c’est pour dire, dans mon truc, y a un truc qui n’va pas
      et pourtant que mon bonheur est grand, ô dieu, mon bonheur de ton bonheur
      et toue honte bue…

    17 novembre 2025

  • tombe dans le trou allez vas-y, tombe dans le trou

      les gens d’à côté, mais d’à côté de quoi, de qui? toi le ballon, moi la dégonfle
      j’aimais un seul Courseulles-sur-Mer – ou plus loin au large je ne suis pas certain
      bref on n’en saura pas davantage. on se contentera
      de ce qui ne suffit pas

      un chien ça me retient de quoi? de pas grand chose, ou de rien que l’on puisse décemment dire
      décemment c’est important. presque autant que dire
      décemment dire soit déjà mort. il faudra
      mourir sans passer par tout ça, ces rites dégénérés

      en dehors de dieu je n’ai pas de femme, et vice versa
      je m’appuie sur une épaule, une épaule s’affaisse. je m’appuie sur l’idée d’une épaule
      sur l’idée d’un appui
      et puis je tombe sans coup férir
      sans coup férir insinue davantage

      je t’aime comme tu veux, mais comme tu veux vaut davantage
      on se supporte comme ça, toute une vie durant, moi et soi, soi et lui
      quelle plus belle preuve d’amour que de tuer son amour
      de lui enfoncer des bulles tout au-dedans de soi?

      et puis tu me rencontreras. nous prendrons alors la mort
      en son flagrant délit

    14 novembre 2025

  • j’avais vacances

      quelque chose à dire. rien à dire
      quelque chose à penser. rien à penser
      quelque chose à souffler. oh, le souffle dur
      j’avais vacances alors quant à ce qui s’est passé, c’est pas vraiment ma faute…

      je n’ai mal nulle part. même le trou n’a pas de fond
      une guitare sans corde, plus propre, pas de fausse note
      je m’attache à ton mollet, à ta cuisse. plus haut c’est suspension
      le nette suppression

      je ne m’habitue pas. on ne s’habitue pas au néant
      le reste tombe en désuétude
      claudique entre deux jambes grêles
      on épile on épile, mais ça repousse toujours
      tel le vide après chaque

      il ne pleut pas grand chose. juste là derrière l’oreille
      ou l’amour vérolé
      on penche sur le côté, sur le côté seulement
      sinon il y en aura d’autre, et de bien plus beau
      quand personne et moi ne ferons qu’un, et ce un moins que rien
      toute classe ouverte

      la ballade à deux mains. la nuit qu’on lance
      comme ça en l’air, quand elle retombe
      j’orgasme entre deux os, deux os ne
      s’en souviennent peut-être pas
      trop tard en effet pour se souvenir
      de quoi que ce soit
      deux os à moelle

    11 novembre 2025

  • travailler quel soupir

      la nuit laisse-moi tomber. et dans la mort et demie m’ensevelisse
      j’ai changé de lunettes, j’en ai pris des vertes. ça n’a aucun sens
      la vérité perd ses poils – tous ses poils
      c’est la vérité nue

      je me jette dehors, avec la pluie
      avec ou sous la pluie
      le jour d’avant le jour d’après, le trou bien calé entre les deux
      l’oreille attrape un son. ou le son percute une oreille. dans un sens comme dans l’autre c’est rien
      t’en fais pas simple rupture, le cortex c’est rien

      quand on y va on y va. on n’y va pas quand même
      maria s’assoit dessus
      les caresses restent accrochées au granit. la peau s’écaille. pèle le doudou
      quand on y va on n’y va pas. c’est quand on n’y va pas
      ça ne se discute pas

      travailler quel soupir. je ne fabrique rien
      la terre prend mon visage. il ne restera rien
      rien c’est déjà beau
      beau c’est déjà trop
      j’aboie, j’aboie quoique je ne sois pas un chien
      ni un autre, chien ou pas

      on verrouille les issues. bon, les issues sont verrouillées
      chacun reprend sa place, puis occupe sa place
      les déserteurs désertent
      on leur caresse la queue jusqu’à ce qu’ils la crachent

    8 novembre 2025

  • sous les radars exactement

      généralement j’ai pas. je parle comme on se touche pas grave géné
      ralement j’ai pas, je saisis une
      poignée d’air au-dessus de ton
      chignon – ton chignon c’est non. taisons-nous ne
      culbutons pas nos dortoirs ne
      chahutons plus le silence

      quelqu’un ne dormait pas quelqu’un
      gardait un œil ouvert. un œil ouvert sur la séquence, l’inconséquence
      on parle de l’au-delà, de l’au-delà c’est doux, on parle de là-bas
      ici les pieds mouillés, les pieds mouillés le cul trempé. ici le chant très bas, le chant si
      profondément bas

      que personne ne m’approche, que personne… je m’appelle va
      ce qu’il est urgent d’accomplir avant de trépasser je m’appelle va
      les déserts ne se corrompent, ni les mousses, quand bien même cela ne
      mènerait à rien je m’appelle va

      on pourrait se dire quelque chose on pourrait
      mais à quoi bon ? on n’ose pas
      se tenir par la langue on n’ose pas, voilà
      avec la mer sous tension, mais la mer hors-réseau
      d’autre part tout n’est pas mort – je ne comprends pas pourquoi
      une histoire de flexible, sans doute…

    5 novembre 2025

  • et les carences, bébé!

      c’est le soir. il est néanmoins temps que ma mémoire se vide, se vide
      de l’angoisse du soir en premier lieu. or outre-mémoire
      ne plonge ni ne m’élève. me barrer – je me contenterais bien de
      me barrer maintenant

      petit être fragile, petit être – nique ta queue
      mon sommeil est mort, mon sommeil
      ne me regarde pas même en rêve. rien
      ne me regarde et moi-même ne
      regarde rien, du slip dans la tempête. un vent châtain
      raccommodera mes os

      si une femme, ou si le doigt d’une femme.
      je ne vois pas d’autre lien. le sacré cœur n’existe pas
      ni le doigt ni la femme, de surcroît. je n’arrive pas
      à me faire à l’idée que je suis mort déjà
      pas plus qu’à celle où je suis là encore, malgré tout respirant
      mais si une femme – imagine – ou la langue d’une femme…

      j’abandonne
      je ne sais pas ce que j’abandonne mais quoi que j’abandonne, j’abandonne
      c’est un trou de caracture
      je marche à vide. dès que je cesse de marcher les murs
      s’aplatissent il faudrait faire attention
      aux murs, à soi, au large éventail d’existences en faillite au mieux – il
      faudrait faire attention un peu

    2 novembre 2025

  • hommes comme des pierres, jouets comme des pommes

      chacun de son côté, moi de mon angle, mon angle mort
      depuis trois quarts d’heure je ne meurs plus, je ne meurs plus trop souvent
      j’avais un spectre, un spectre s’est déplacé
      le miroir a fait semblant

      tout au bout de moi il y a toi, soi, un orgasme mécanique
      quantique aérobique
      j’ai peur de soi j’ai peur de moi. je m’appuie sur dieu et voilà qu’il déconne – ça me
      fait pas rigoler. je ne rigole plus
      je dors en travers soi

      j’ai une ballade j’ai trois ballades, j’ai toute l’éternité pour me regarder
      passer. j’aurais voulu te sentir de plus près j’ai bavé sur tes lèvres
      je sais pas à qui c’est, cette tôle, cette dent d’insagesse…

      il y a un homme et il est libéré
      on ne sait pas comment il s’y est pris, parler d’une résurrection sans permis
      on fait ce qu’on a pu, on est ce qu’on aura été
      entre temps se faufile le temps. s’il savait durer il durerait
      s’il pouvait passer il resterait

      entre dieu et moi, ne reste qu’à souffrir
      je marche dans les blés. les blés sont fauchés, il n’y a pas de blé
      je construis un pavé, je construis une vitre – comment ne pas s’y reconnaître ?
      quand je marche n’importe où, n’importe où dis-moi tu

    30 octobre 2025

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