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assis là sur un banc


  • la tronche

      aman en pierre, hiéroglyphes sur chewing-gum – chacun son peur, chacun son purulent
      dortoir des filles

      la pluie ivre de moi, je la pousse sur le côté, la pluie ivre de moi
      tout le sport m’abandonne

      on dit si peu. c’est un trou dans la mort, une plaie au milieu. qu’on arrête alors
      de se raconter des histoires

      avec ça je vais même pas pouvoir donner à boire à mon ch’val. tout juste enfoncer la tête dans les épaules tandis que
      tombent les bombes

      courage, il pleut. les noces sont remises à un quelconque après-sarajevo. tant cela manque de structure tant ce la manque
      d’amour enfin propre

    28 novembre 2024

  • elles ploient sous le chagrin

      on n’fait rien on s’en va
      on fait mine de rester là alors qu’au fond on s’en va
      s’en va vraiment, là. le jouet à la surface
      et la mer tout au fond

      je m’tiens bien. je n’ai pas vu venir le deuil, mais je m’tiens bien
      quelqu’un me porte sur ses épaules, disons un défunt
      j’augmente le chauffage, disons que c’est de saison

      on capte pas la radio – le tunnel si long…
      un jour je mets mon costume du dimanche, la mer de plus en plus froide
      je reviens. même s’il n’y a nulle part où revenir, je reviens

      cette béquille-là…
      j’ai jeté le chemin, j’ai gardé la béquille
      manque un sens à l’endroit, un envers au revers
      d’abord tombent les mots. ça commence par les mots
      la chute sans le vertige

      j’enlève mes trois pulls et je cours nu dans la neige, ça n’arrive qu’en rêve
      je n’arrive qu’en rêve. partout ailleurs et le reste du temps, je pars
      c’est même pas triste

      je mange mes mains
      toi tu dis allez mange pas tes mains, mais moi je mange mes mains
      c’est une ville
      une ville grandiloquente
      et j’y peux rien dedans

    25 novembre 2024

  • ma cendre, mes os

      qu’ils prennent exemple sur
      la nuit des corps, or
      ça n’existe pas

      traînée derrière traînée, pas mort
      pas mort devant
      pas mort debout

      un lieu tout au milieu
      d’un lieu, et la mort au-dedans
      clin d’œil du néant

      feindre
      feindre et refeindre or
      ça n’existe pas

      l’homme de loin l’homme
      de rien, mais loin
      à presque bout portant

      on s’en va pas
      on est trop triste pour ça alors
      on s’en va pas, sans retour

      je n’ai pas l’eau
      courante, seul me caractérise un
      charnier – ils sont tous morts dedans

      il y a une pute
      parmi les morts – par elle à eux
      reviennent-ils, substantiellement

      la mort ça n’a que deux
      entrées
      l’histoire d’un trou maubeuge

    22 novembre 2024

  • plutôt pleuvoir

      être là n’a pour fonction que de ne pas être ailleurs, avec ses bâtiments pourris, ses plages à l’infini…

      et tenant tout entier dans un mouchoir de poche, je me retiens d’éternuer – je me retiens, tout simplement

      granville sous la pluie et le banc bien au sec. bon. on tentera de rallier l’épicentre. et encore bon

      tomber du lit, s’asseoir sur ses genoux – ça commence mal
      je n’ai strictement rien à dire : je jette un drapeau en l’air, le temps qu’il ne retombe…

      au final le processus conduit toujours à un résultat semblable : il manque un bouton. à tout ce qui vit, il manque un bouton

      les sens possibles, surgissant du seul sens impossible – essuyer ce genre d’ennuis-là, cancrelats de la sacro-sainte inoccupation

      je pense quelque chose de plus, m’est rendu quelque chose de moins. on ne s’entendra pas mourir, ni le crac

    19 novembre 2024

  • chez moi d’un long baiser

      dans la nuit du jour ni dans la boue sanguine, je n’change rien – je n’change rien à tout c’qui bouge

      on s’entendait mal : le vent, l’épaule et par-dessus l’épaule, le large…
      on s’entendait mal, si épais se massait le silence…

      un mètre cube, genre un mètre cube, ou de quoi tenir quelques jours – contre le froid, la grêle, les esprits affamés…

      on s’embrasse un jour un autre on ne s’embrasse pas. ça finit de toute façon par un régulier lavage de dents. l’éternité s’arrête là

      j’ai mal au crâne. j’ai mal à tout ce qui réfléchit, à tout ce qui stagne. j’ai mal en tout, partout, jusqu’au bas bout du bord

      sur ma page n’est nulle part fait mention d’une quelconque altercation. j’aurai donc vécu sans heurt, sans ambition, les seins minés

      chez moi d’un long baiser. j’ai l’exil pratique, les yeux me piquent un peu. puis toute la mort rentre dans l’ordre, comme initialement prévu. ou chez moi d’un long baiser

    16 novembre 2024

  • piétonne de quoi, là, déjà ?

    on s’en tirera pas comme ça, avec un hameçon qu’on traîne derrière soi dans la rue piétonne, mais piétonne de quoi ?

      je suis enfin rentré chez moi, et tout ce que j’y ai trouvé c’est un poisson en rade – et cette odeur de mer…

      et comment tu t’en sors, toi de ton côté, avec l’émotion d’exister ?

      c’était une toute petite maison : nos bras sortaient par la fenêtre. nous nourrissions notre souris de mort-au-rat périmée en légers flocons bleus

      j’ai vendu ma ville. ma ville ne valait pas grand chose. puis je suis descendu prendre un café sans sucre

      j’ai une viande qui pendouille entre les cuisses, et pourtant je ne me plains pas

      j’aime dieu. je ne sais quoi faire d’autre que d’aimer dieu, sans crier gare

      les morts ils font semblant : en fait les morts, ils se promènent tranquilles, de long en large en et hors bois

    13 novembre 2024

  • une vie de cancre

      mon appartement se situe au troisième étage d’un immeuble sans ascenseur, rue de Chaussey, derrière le réservoir

      tout est parti d’un papier-bulle. et penser que l’ultime demeure flotte toujours entre les briques…

      toute la mer a grandi là, entre l’œuf et la misère

      je l’ai tellement aimée que j »en retire encore des arêtes

      dieu comme un seul courant d’air, et les portes qui claquent…

      il a dit qu’il partait nourrir les chats, alors qu’en fait il allait caresser son rat

      rue Euripide, il n’oublie pas de remettre une pièce dans le juke-box

    10 novembre 2024

  • grosse part de mon ennui

      comme si un homme, une tour bancale
      montait la garde en moi

      une vie pas comme elle veut, une vie
      à contre-pied

      un jour sur trois osselets
      m’en tombaient deux des mains

      vérification faite, un grave-moi l’temps

      rétrécir les distances, raccourcir les délais
      ad vitam nauseam

      et puis lécher le sol, laper la mort, déterrer
      l’os véridique

      je porte sur ma verrue un bien triste visage
      une figure sans style

      la mort me lève, me brosse les dents
      mange mon pain, mes prunes

      un animal me manque, une paire de lunettes afin d’identifier
      cet animal

      le gravement futile, dis-tu
      flotte le rat, mort ou vivant

      petit cheval sans dent, regarde
      le destin s’embourber

      et la résurrection alors, c’est pour mon cul
      ou à l’instant ?

    7 novembre 2024

  • retour au tombeau

      à nouveau midi, dépourvu d’ombre
      j’enjambe un mort, deux morts, encule une verte gamelle
      quelque chose en dieu vire de l’œil
      vrille de l’aile
      cercueil en chute libre

      demain me détache
      du poteau
      lui répète après moi : arbre es-tu ? me manges-tu ?
      je repense à la seule et plurielle, je me rapproche
      – vive absence –
      de l’astre mort

      rembobiner la rame
      on se pense à côté
      on se chie par-dessus
      bord
      long ce jour ne mangeant pas
      de pain

      le retour en chimère, l’ouverture du tombeau
      au final on ne mange plus
      qu’avec les doigts
      la rage en moins, le nerf flottant
      je ne m’adresse plus la parole
      qu’en silences pesants

    4 novembre 2024

  • la nuit dormant debout et autres cochonneries

      on marchait comme on marche
      jusqu’à l’os

      quelqu’un pour dire adieu
      une tombe à tout va

      puis la mort en suspens, un jour i-
      nexorablement bleu

      partie en couille, mais partir
      sur un mode hijaz

      tout ce qui pleure compte pour du beurre
      propose le mouchoir

      j’ai peur de quoi j’ai peur de moi, ce qui
      ne m’avance guère

      dors sur ton épaule
      droite, dors sur ton turc

      je ne m’imaginais pas – d’ailleurs je ne m’
      imagine toujours pas

      haut le départ, quand si menues
      les retombées

      ta gueule en sa demeure – je me suis retenu
      de chialer

      je bois comme un troupeau
      racle le fond

      et plus personne après soi pour remonter la pluie
      ou faire comme si

    1 novembre 2024

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