tu t’appelles comment tu t’appelles le petit sang ta mère
c’est comme toi sans le sang et toi comme le sang sans ta mère on fait ce qu’on peut je le sais bien et de là
on fait ce qu’on veut, amen
t’es un mec ou t’es pas un mec, si t’es un mec.
le tic-tac d’une horloge arrêtée.
le mal loin derrière soi, le sang rouge à force d’être noir
noire la couleur s’étant couvert la vue – la vue ne suffit plus
s’endeuille le paysage
j’habitais ma chanson, sans crier gare
j’aurais pu vivre ainsi, me branlant l’ombre, me retournant la peau du visage
il y a des moments comme ça où les choses ne voulant plus rien dire
se révèlent exactement telles qu’elles sont
la rage nous aura conduit à cette indifférence exacerbée, ce lieutenant assis
j’eus l’impression de me tenir là sur le rebord du nombril universel c’est alors que
je me pissai dessus, tout seul, comme un grand
palpitent les tombes. urgent les vessies
la mort ne résout rien. te souviens-tu de rien ?
je me baisse et embrasse la ligne de toute frontière mais j’y peux rien j’éjacule, ça mouille j’ai pas de quoi essuyer je me sens
si sale
ou si triste
n’ayant plus de raison d’en vouloir à qui que ce soit, j’arrache les bouts
de tout temps, de toute hérédité, j’arrache les bouts
des antennes aux racines j’arrache, j’arrache les bouts
la lumière se replis sur dieu, le dégoût de soi ça va
c’est bon, ça va




