le chien meure et tout s’éclaircira, tout s’éveillera
comme au premier jour du temps, une aurore impeccable j’imagine, et deux roues à la dérive
entraînées dans la quête tant désespérée qu’inconsistante de
leur originel vélo
il eut fallu le dire sans le dire, et le taire sans le taire, mais tu as planté dans le sol un piquet
de pure violence
délimitant autour de lui tout un espace en lequel était aboli
le mensonge, et pire même : en lequel la vérité cessait soudainement de constituer
une option parmi d’autres
ils se sont arrêtés à mi-chemin, les hommes qui couraient à leur but et cherchaient un motif
à leur sombre jouissance.
je n’ai jamais regardé de ce côté-là j’écoutais ta voix c’est tout, sans tenir compte des paroles
à force de nuit un point fixe en plein hasard finira bien
par s’embraser, me disais-je
les trous ont poussé sous mon manteau, je commence à ressembler
à un boulevard à taupes. et faire comme si je riais, pour dissimuler le fait
que je ne ris pas.
les bouches restent fermées, hermétiques tant aux baisers
qu’aux déchirantes vérités
le son de la pluie piquant de mille baisers une plaque de tôle – pure prière ou hasard méthodique…
quand j’ai réalisé que je ne voulais pas de dieu, et qu’une chatte borgne ne me rendrait pas la vue, j’ai pris la pince à épiler
pour épiler quoi peu importe




