les entre deux choses, les entre deux villes, et la mort au milieu
en alternance je te souris, tu me souris – c’est le choc des dents
ultimes paroles qu’on laisse sur le répondeur avant de partir forever, ou simplement pour dire
qu’il est minuit, qu’il neige à Argentan
on en connaît tous, de ceux pour qui mourir constitue un immense soulagement
on envie un tel soulagement. on retourne la main côté paume, on retourne la main côté dos
mes ondes sont froides. de plus en plus de bestioles qui piquent dans la chambre
elles grimpent dans mon lit
je n’ai parlé de mes cheveux à personne. un jour j’attrape quelqu’un
par la gorge ou le bras, un jour quelqu’un se fige, là en moi, terrifié
car convaincu du pire
finalement on ne prête attention à quiconque ni à rien. on se contente de suffoquer au fond d’une piscine sans eau
j’ai soufflé toutes les bougies. toutes les bougies sont mortes. on me touche le bras je n’ai pas le temps de voir qui c’est
qui ce n’est pas
à tour de rôle on entonne une chanson. je n’ai jamais été très doué pour les chansons
les chansons ça finit mal
mon dos n’a plus toute sa visière. il semble avoir opté pour la psychologie du veuf, à son insu cela va sans dire
maman n’a plus toute sa raison. plus rien ne m’évoque l’amour
je me demande à quel âge on commence à perdre les poils du pubis




