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assis là sur un banc


  • ‘clabousse ta nouille

      le ciel est-il imperméable ? les pauvres jouissent-ils
      de leur pustule de pauvreté ?
      je suis un homme qui ne compte que sous soi tandis que par dessus
      la mer étale son rang
      – on la voyait d’ailleurs par le hublot
      affréter nos peines perdues…

      un homme est mort là devant moi, je lui tire la queue du trou tout comme
      me tirera la queue du trou un homme étant là mort après moi
      recrache le noyau
      sauf qu’on ne meurt pas
      sauf qu’on ne meurt plus, de nos jours
      de nos jours on dit salut, à la prochaine

      sauf que je ne fais
      plus d’am stram gram
      de pic et pic ni même de colégram
      même si l’alsace, même si la lorraine, même si la nuit, énormément limpide
      faudra y revenir ou à défaut
      faudra en revenir

      j’achète une brouette mais t’inquiète, avec ma brouette
      je n’irai pas très loin. je ne comptais d’ailleurs pas
      aller jamais si loin – aller en soi
      était déjà trop loin pour moi alors j’ai ramassé les feuilles dans ma brouette, ramasser des feuilles étant
      devenu mon métier


      je vais bien
      je veux dire, si j’allais mieux ce serait à peine pire
      cette fois-ci j’ai bien les rames mais pas la barque, heureusement que je ne travaille pas
      j’achète un slip convertible, me manquent les fesses – comment survivre
      d’une seule raie, d’un miroir si
      peu conciliant ?

     

    'clabousse ta nouille

    7 octobre 2021

  • pleure t-il des glandes

      un tabac inanimé, un bureau de tabac, quant au tabac qu’on prise
      des gens meurent par milliers, des gens vivent par milliers aussi
      en nombre égal ou à peu près
      en tout cas le compte y est
      – mais pour combien de temps ?

      s’asseoir sur un mystère – on dira bon, s’asseoir sur un mystère et quoi ?
      je m’chope toujours un rhume à la saison des rhumes, à l’humide saison
      après, le froid crève le virus – il sert entre autres à ça le froid :
      il crève le virus

      mourir en fanfare
      comme dans un film de dumont
      parce que la fanfare aime à remettre debout ce qui est tombé
      et tombée ma jambe gauche tandis que ma jambe droite
      pagayait laborieusement pour rejoindre je ne sais
      quel morne horizon…

      tu fais câlin
      quand tu fais pas câlin, tu piques des aiguilles dans ta poupée-sardine
      les aiguilles, ça n’éjacule pas
      et les poupées, seulement si on les force
      sauf qu’on les force pas
      funeste conclusion : les poupées ça jouit pas
      la preuve par l’œuf

      je me suis habitué à survivre – survivre
      ne me demande pas grand effort
      on aurait pu jouer au foot, sur une flaque de verdure et voilà tout
      faudrait quand même enfin se résoudre au fait qu’une tombe, la nôtre en l’occurrence,
      ne se creuse qu’en plein ciel

    5 octobre 2021

  • pierre-tourmente

      sainte colère, rage de vent, le nerf à nu saccage les patiences
      mais rassure-moi : mes os font des bulles
      ramant à la dérive, les bulles ne coulent pas, les bulles
      allègent les surfaces

      un siècle avant moi déjà les gens faisaient la lune
      et la queue sur la lune
      il est présentement tard, bien trop tard
      pour se souvenir
      et plus encore pour oublier

      un chien fait comme
      s’il ne l’avait pas vue
      le hasard faisant bien les choses, la nécessité quitte à déplaire
      répare cette anomalie.
      à la grâce, je réponds par la grâce
      ou bien je cligne, cligne ou décline
      comme si décidément je ne
      l’avais pas vue

      tu reprends ton sapin
      et dessous ton sapin, fuyant, tu reprends ton lopin
      moi j’aime une chèvre – tu sais comme je la kiffe, comme je l’adule, la reine-chèvre
      la chèvre ardente
      avec ses petites cornes

      c’est un sacré merdier, dont on ne se désembourbe
      qu’avec l’accent local, voire le dialecte régional
      j’ai une bête et la bête me pique – je ne la laisse pas pour autant
      s’enfuir :
      mourir ne sert à rien mis à part que mourir
      ne sert qu’à ça

     

    pierre-tourmente

    3 octobre 2021

  • où qu’on enfonce le doigt

      la nuit habite un homme cru. un homme habite une baraque délibérément vide
      c’est la vie d’un homme, et qu’est-ce que la vie d’un homme, la vie d’un homme est vide
      vide de tout ce qui l’encombre, l’entrave, émet ce petit son
      quand on appuie dessus
      ou qu’on enfonce le doigt

      je parle très mal allemand, j’écrase les chips entre mes doigts gras
      si je ne t’entends guère c’est que tu ne parles guère, je vois défiler toutes ces paresses où personne ne ride. on dort un minimum
      sinon on meurt. on finit
      par dormir un minimum

      un homme n’est pas un homme tant qu’il n’est pas un chien
      quelqu’un de la fenêtre d’en face m’observe avec insistance sans même m’apercevoir
      moi par exemple je ne me vois pas. je cherche ta langue dans le noir mais je ne me vois pas
      je ne sens pas ma langue
      je trempe désespérément mais je ne goûte pas ma langue

      un lien m’a tissé dès lors indéfectible. je ne ressemble pas.
      je pense que si je tends la main une joue finira par s’y fracasser. je pose par terre
      je pose par terre, là sans prétendre à rien, puis je m’appelle bras
      je rappelle ce bras, le replie sous la manche. un homme meurt et vit sous ses bras

    1 octobre 2021

  • chien, chiourme, et la potence

      chacal, chacal lové
      on se battra pour moi, on se bat bien pour du vent
      il paraît qu’un effort n’en valait pas la peine. on a fini par s’aimer, vu qu’il ne restait rien
      à aimer, parachever, persévérer dans la durée
      durée trouée

      on s’embrasse par contumace, avec des bouches en plastique mol
      les grands sèment le vent. les moindres, seulement moindres, récoltent la poussière, de sauvages tourbillons par-delà la poussière
      on transperce la mort de nos petites cuillères et même, de nos petites cuillères,
      qu’on lui déterre les yeux

      j’arrive un jour mais j’arrive pas. et le jour court encore
      si je savais où aller, j’irais. si je savais qu’être je l’éviterais. d’un sombre rocher je me suis jetée
      ou bien défenestrée, peu importe puisque
      à la mer ou autre sol n’ait jamais succombé, retourne à ton émigration

      j’arrive à peine à te dévisager. faut dire
      que regarder ne me regarde pas. ou plus. ne me regarde plus.
      j’ai toujours craint les dimanche j’ai toujours craint
      qu’il advienne quelque chose un dimanche. un dimanche
      a envahi toute ma vie

      je te lance un gifle mais le temps qu’elle te parvienne ce n’est plus que caresse
      que caresse entends-tu, que caresse le sens-tu, ébréchée presque rance
      ce qu’il y a de pur en moi s’est vidé de sa race et a jeté sa pierre
      sur la marelle d’un outre-temps

     

    chien, chiourme, et la potence

    29 septembre 2021

  • le mercredi que le jeudi

      le jour vient et vaut mieux, que ça, que dalle
      à l’aveuglette, puisque la raison d’être s’effondre, vénus extirpée de sa coquille et se rasant
      les poils du pubis ou se pressant sous un para-
      pluie en forme de pluie

      je ne sais plus rien
      j’éprouve la mort la mort me bannit de son champ je dresse ma tente vingt pas plus loin
      je ne sais plus ce que j’éprouve
      le temps perdu nous est rendu intact. j’embrasse une bouche la bouche m’en tombe…

      j’abreuve un meurtre, quelque chose comme un meurtre
      un meurtre consenti, un meurtre consentant
      heureusement mon animal navigue, lequel sombre tout autant mais selon
      un sens divergeant, curieusement navigue

      va falloir trépasser. c’est à dire consentir
      à l’un comme à l’autre, et plus encore à rien
      j’aime un cheval, quoiqu’un cheval aille sans selle
      sans pass sans bistrot, à cru le mors aux dents, j’intègre
      la perception. la perception dure toujours

      un châle. une vie comme ça
      on n’aboutit à rien, on aboutit à ça
      parfois je risque de tomber, d’autrefois je ne risque de rien
      tandis que sur ma chaise, je vise, je vise à l’infini

    27 septembre 2021

  • où l’inutile s’avère nécessaire

      rien ne vous empêche de poser un mouchoir devant vous et de fermer les yeux
      les yeux ou tout ce qui vous viendrait à l’esprit sauf le sang, tant le sang se fait rare
      et rares les mouchoirs…

      dieu n’est que prétexte : la vie se trouvait là
      bien avant le néant – le néant quoi qu’il en soit, chemin de traverse ou œil pour dent
      je te remarque que tu
      ne me remarques pas, cent ans de vie funèbre

      j’aime les mouches – peut-être parce qu’elles ne piquent pas et se contentent
      de prendre sans mendier, dansantes obstinées…
      derrière moi se tient un homme et je tue l’homme, l’homme étant ce qui reste
      de l’homme qu’il a tué

      ton eau pue le vin, ton ciel va nu-pieds
      bouseux métaphysique
      des papillons sèment à tout va – que donc ? même pas du vent : des marlènes, des lilis, des airs tristes et blêmes afin d’exorciser
      le néant pur, les couilles qui tournent à vide, de menus artifices
      qu’on s’octroie faute de mieux…

      je crois qu’il est dans les airs, je crois
      qu’un homme se porte garant de sa claire déchéance
      il n’abhorre plus, il oublie d’aboyer. il retourne ses dents, inutilement méchant – méchant seulement
      pour être méchant
      pour être moi

     

    où l'inutile s'avère nécessaire

    24 septembre 2021

  • one by one les mouches

      dieu comme un ciel inattendu, la part de fée en moi. la part de rien en soi
      n’être rien, n’avoir nulle part, nul oreiller, finira par représenter l’essence même du bonheur – d’un bonheur
      vide de sens, dépourvu de but, ou d’un quelconque intérêt

      choyez la porte et la porte sera brève
      la personne que j’embrasse sur la bouche à l’exclusion de toute autre ne vit pas de la même mort
      je vais pourvoir passer devant. pourrir sur pied passer devant

      dans la banlieue d’adèle j’ai fini par haïr adèle, et les centres urbains
      je recueille sur ma langue la sueur de qui meurt à son odeur, de qui ne jouira plus
      de qui la tombe se pare d’une bête guirlande de noël

      les étoiles concaves, ou comment l’on se trompe
      de poupée. de poupée se tromper. et se morfond
      on arrivera à vivre malgré tout ou au pire, on ouvrira les clapiers

      on s’abrite derrière un arbre et l’arbre n’en finit pas
      de rétrécir, jusqu’à laisser nos fesses à découvert, et nos malfaçons
      j’ai perdu quelque chose. en chemin j’imagine, dès l’entrée du faubourg ou bien sur les coteaux, j’ai perdu quelque chose…

    22 septembre 2021

  • l’homme de personne

      un ciel sans faute
      un saut qui dure
      accroupi, un homme s’oublie
      mouille l’herbe
      l’herbe sous lui
      repousse
      ou pas
      . pas de permis de vivre

      orphelin est un
      métier
      le jour s’en fut
      le jour s’en fout
      il s’en fallut
      de peu, presque de
      tout un destin
      . orphelin est une vo-
      cation

      j’ai fait un trou
      dans ma cervelle
      en enfonçant le doigt
      il pleut
      par moments, il pleut
      on dira
      que par moments il pleut
      par moments non
      en enfonçant le doigt

      une butte
      (un tumulus)
      . sur une butte
      siège un enfant
      l’homme sous lui
      ne l’atteint pas
      ne le recouvre pas
      sangsue, tique, lierre
      peau truquée
      l’hiver à fleur de pipe

      un chien
      n’a pas de nom
      on ne donne pas de nom, galeux
      à ce chien-là
      on meurt assis
      monument aux puces
      on boit à même
      la flaque

      chien-appeal
      il touche du bois
      il mord du bois
      il raide
      la corde au loup
      et quand il redevient
      loup
      il mord le trou
      . j’ai tombé dans le sceau, se surprend-il

     

    l'homme de personne

    20 septembre 2021

  • naviguai naviguèrent, où navigué-je

      à mi-chemin
      d’un côté
      comme de l’autre
      sauf que ça ne coûte rien
      rien d’un côté
      comme de l’autre
      à mi-chemin
      de nulle part vers
      là où
      . rentre dehors

      trace une ligne
      et sur la ligne un corps
      : perdre le temps
      et perdre ce qui
      n’est déjà plus le temps
      râle d’une morte
      . j’attends d’avoir trop bu

      quelqu’un
      rouge cuillère
      s’amenuise envers
      quelqu’un
      . je repars
      inabouti je
      repars en son
      obstinément l’ab-
      stention

      à force de
      crever on finit par
      marcher. ça ne
      s’arrête pas
      ou c’est d’un arrêt fluide
      permanent
      vacation permanente

      si peu d’homme après moi
      je ne
      débouche sur rien
      l’huître a sa perle
      l’oiseau son nid
      le regard son mystère
      et l’autre son
      vide abyssal, mi-
      roir aux abois

      sable dans
      la soupe
      ou entre les
      orteils, nombril
      pas de nombril ou dans l’
      nombril
      sable dans
      mouvant le trou
      le trou mouvant
      mouvant garçon

    18 septembre 2021

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