le ciel est-il imperméable ? les pauvres jouissent-ils
de leur pustule de pauvreté ?
je suis un homme qui ne compte que sous soi tandis que par dessus
la mer étale son rang
– on la voyait d’ailleurs par le hublot
affréter nos peines perdues…
un homme est mort là devant moi, je lui tire la queue du trou tout comme
me tirera la queue du trou un homme étant là mort après moi
recrache le noyau
sauf qu’on ne meurt pas
sauf qu’on ne meurt plus, de nos jours
de nos jours on dit salut, à la prochaine
sauf que je ne fais
plus d’am stram gram
de pic et pic ni même de colégram
même si l’alsace, même si la lorraine, même si la nuit, énormément limpide
faudra y revenir ou à défaut
faudra en revenir
j’achète une brouette mais t’inquiète, avec ma brouette
je n’irai pas très loin. je ne comptais d’ailleurs pas
aller jamais si loin – aller en soi
était déjà trop loin pour moi alors j’ai ramassé les feuilles dans ma brouette, ramasser des feuilles étant
devenu mon métier
je vais bien
je veux dire, si j’allais mieux ce serait à peine pire
cette fois-ci j’ai bien les rames mais pas la barque, heureusement que je ne travaille pas
j’achète un slip convertible, me manquent les fesses – comment survivre
d’une seule raie, d’un miroir si
peu conciliant ?




