rôder dans l’immobile, broder sur l’identique – n’appartiendrais-je en bout de souffle qu’au langage?
tâtonnant entre le son et le sens, ânonnant ces hypnotiques bruissements d’eau, à l’affût de la moindre brisure ou de toute confluence – tout ne serait-il pas dès l’origine langue de bois, langue de feu?
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j’entre nu dans l’appréhension de mon intime et universelle nudité, la chose n’étant plus que le vestige de sa propre profondeur
la pensée littéralement décongelant l’ objet…
jeter du pain dur au poissons, accroupi en bout de ponton, me semble une occupation idéale, pour ne pas dire doucement convenable
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on se contentera d’être conscient, quelque forme puisse prendre la conscience
on se contentera du néant, si muet entre les nombres
on se contentera de couler tout au-dedans de soi, les mains tendues vers toi
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j’ai peu de souvenirs, mais la mémoire énorme, nébuleuse, comme l’univers tout entier tenant en équilibre sur la pointe d’un cheveu, ou le temps qu’on rabat sur la tempe et qu’on entend gargouiller…
les voix, les visages s’enlisent; le silence submerge les noms, défait les rides
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à force de regarder le vide dans les yeux, je finis par percevoir le jour à la fenêtre. se lève t-il? tombe t-il? ou demeure t-il ainsi toujours présent, épiant mon estime avant de se dissoudre dans la rétine, dissolvant celle-ci par la même occasion?




