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assis là sur un banc


  • poisson à demi-mort, à demi-mort

      elle s’en fout. tu peux tourner retourner
      la chose en tout sens, elle s’en fout, de toute façon elle s’en fout
      et moi aussi je m’en fous, d’un côté comme de l’autre je
      m’en fous. c’est comme ça
      comme ça
      pas autrement comme ça

      raye le ciel
      d’un coup de langue d’un
      trait d’impair esprit, c’est comme quand on était petit
      avec les doigts, ou serrant très fort ces débiles fonctions. j’avais l’adresse
      j’avais l’adresse, ne manquaient que
      la ville, la rue, le nombre
      rien ne collait

      on s’apprête à quelque chose, et déjà l’on coule à pic – avant même que ne
      monte la mer, l’on coule à pic, on s’apprête à quelque chose et déjà
      quelque chose nous tue, on s’arrange comme on peut, avec ou contre
      sa conscience
      y a pas d’immunité pour ça

      un homme sera heureux, d’après moi un homme sera heureux, survolant
      sa propre tombe, vivant
      de divers expédients. on croise un ours, on dit bonjour à l’ours – bonjour,
      nous répond l’ours

      qu’aucun livre ne pourrait contenir, qu’aucune histoire
      ne saurait circonscrire. là sans début ni faim là à
      courir en vain sur des jambes pendantes, des jambes
      pertinemment arides, bref des ailes
      de poisson mort

    14 août 2025

  • vache la mer

      tout se rapporte à la mer tout revient
      à la mer
      même le piquet, le piquet nu jailli
      de quelle vase, moignon teigneux

      sainte mer l’abruti
      ssante et les douleurs, j’espère encore
      un doigt de nuit
      j’espère encore un doigt de nuit, une heure en fuite
      un tas resplendit là
      un tas resplendit grave

      troquer nos ch’mises
      contre nos ch’mises, s’échanger nos salives
      c’est pas le temps qui manque, juste une éternité ne fut-elle
      qu’apparente, le slip en transparence. j’aime
      un quart d’heure trop tard, j’aime

      y a pas d’gens parmi les gens, pas de front
      sous ma frange, rien qu’une crampe
      sous le front, un froissement de langue, la jambe qui dépasse
      d’une manche, n’importe quelle manche, pauvre manche
      pauvre pauvre manche…

      chien qui n’en est même pas un, vivant de tout bord sans
      bouger d’un seul pouce, lever ne serait-ce qu’un
      majeur vers l’indifférent, l’insen
      sible très bas, quoique déjà hors de portée, de ma portée, de mon
      soulèvement de ver
      de jarre
      d’impardonnable amant

    11 août 2025

  • strucure du deuil

      tant à pardonner que le pardon n’y suffit plus, on se débrouillera
      autrement, avec encore un peu
      de salive à la bouche, de savon
      sur le gland, et dans l’espoir de rien, que de vivre demain
      contournant ce fébrile présent

      à chaque fois que, à chaque dent qui
      dans l’arrache-douleur
      la barbe de cent jours
      rappelle-moi ton nom déjà, et le mien
      le sien
      le chien
      ainsi que tout ce qui s’emmure

      telle une lèvre en lisière d’eau
      d’eau vive
      la lèvre à vif
      on ne manque de rien ici, vraiment on ne manque de rien
      ni de silence ni
      de l’illusion du silence on se tire
      une balle dans la couille, dépérissant
      de non-envie

      un chien sur le côté, une mouette en plein crâne
      le cri qui déborde, un peu
      de la bave de nourrisson – il en fit une avec sa femme
      roudoudou gisant là, sur le gazon rituel
      synthétique erratum

    8 août 2025

  • le chêne à rempoter

      Mérédith ne m’aimait pas beaucoup, et j’en passe
      j’en passe énormément
      avec essentiellement une virgule de retard, un trou dans le
      lieu si commun, et transposable à souhait

      je reviens de Verdun. je n’ai jamais mis les pieds à Verdun
      ni passé la frontière, si fluctuante soit-elle, la frontière
      à Verdun je me suis fait un couscous, je ne sais pas pourquoi
      peut-être parce que c’était Verdun, et nulle part ailleurs
      ou bien qu’il n’y avait plus d’oursins

      silence on s’aime, et pas un autre
      un doigt vissé dans le nombril, un autre, mouillé, tâtant le vent
      tentant le tout pour le rien, prenant la circonstance pour l’ensemble
      ensemble n’arrivera jamais au bout d’un seul, je présume

      on a tout fait comme il fallait, laissant là tout en plan
      en jachère irraisonnable
      parfois le sens fuyait des choses parfois, simplement découlant du vide en ce miroir…
      – ou la fragilité du sujet dans les
      yeux d’un rat mort

    5 août 2025

  • sur un seul pied, sur une seule montagne

      l’idée du berceau, qui a eu l’idée du berceau ? le berceau tombe à l’eau
      inébranlable, l’éternité. indéchiffrable le nombre
      et pourtant y en a qu’un

      pleut et repleut, jusqu’au principe
      vague remontée du présent, inconsolable par nature
      en se rendant ici il se retrouve là, comme par hasard

      de l’exclusion et du prénom qui le porte. bien-sûr il eut fallu
      ne pas se coucher du mauvais côté, bien-sûr il eut fallu
      ressusciter à temps
      – mais cela aurait-il seulement suffi ?

      mémoire tombée du ciel. maudite nudité
      on pêche à la ligne mais cela ne va pas plus loin, à la ligne
      d’ailleurs pas de poisson dans ce ruisseau à sec, et à la ligne
      toujours plus à la ligne

    2 août 2025

  • les anneaux de vénus

      la dernière manche, ubuesque croûte, c’est le trou qui l’a remportée
      le trou
      celui que l’on creuse avec le clou
      le clou
      que l’on enfonce à tout va, n’importe où que l’on enfonce
      en plein trou
      le trou
      ubuesque croûte

      j’ai perdu mon ch’val, bon, je retourne à mon ch’val
      mon ch’val vide
      mon vide en slow galop
      mon ch’val à vide
      toujours en train de dormir du mauvais côté c’est peut-être du à mon
      mauvais instinct

      vire ta volte et sèche ta chatte, florentina
      ou devrais-je dire : blossomless
      crachant en toute direction, sur toute dimension, déréliction confondue
      on murmure en-deçà, on murmure tout en soi, on crève
      d’un rase ton bulbe, florentinule

      je n’aime que d’un côté, abrégeons ce baiser
      abrégeons donc ce sentiment de courte durée, de
      visqueuse éternité
      chamallow vaporeux
      je n’aime que d’une berge, rétrécissons la vulve
      la vulve
      la vulve en très
      rase campagne

      arrivals. departures. allons, cesse donc de faire l’enfant
      cesse donc
      de porter des pantalons jaunes ou des pulls rouges cesse donc
      de te tripoter l’absence, l’absence en grand l’ab-
      sence en dur, vitalement pleutre
      le tour du trou allez va c’est foutu

    30 juillet 2025

  • la nouvelle humanité

      il y a toujours une porte derrière toi. mais si tu te retournes (admettons que tu te retournes), à quel vide fais-tu dos ?
      et quand se lève la porte, le souffle du temps suffira-t-il
      à maintenir les murs
      droits, ou tout au moins debout ?

      ville neuve
      ville entièrement neuve
      en ruines neuves
      neuves ruines
      recouvertes de ruines
      et recouvrant des ruines
      ruine-sur-ruine
      ville neuve
      ruines veuves
      moins un arbre, rabougri

      pétaouchnok
      devant la ville une autre ville, proprette, émancipée
      derrière ses murs un torrent
      de murs, de bouses affectives
      une vielle dent
      on n’attend rien les uns des autres, on fait du stop
      sachant bien qu’aucune auto – ai-je vraiment dit auto ? –
      ne s’arrêtera jamais

      allez flow, en avion flow
      et l’avion flow
      en plein air, en open space
      rigole, destin ! ici le chien mord bleu
      – retour à rien
      le rien cible immense, inratable in-
      dépassable, ici le rien
      à flot
      le rien à flot
      sonar peinard

    27 juillet 2025

  • dieu entre volver et revolver

      putain mais quand on n’a rien à dire on la ferme, quoi
      petit rouleau compresseur compressé, décomplexé
      petite pelle
      salive en stock et gros mouchoir
      je m’appelle vendredi
      je m’appelle tous les vendredis
      à part vendredi dernier, où malencontreusement je, enfin j’é-
      tais absent, précisément parce qu’absent
      et pour cause d’absence rien qu’absent, un peu mais tout aussi sévèrement que
      que
      que tous les autres jours

      je m’appelle à mon boulot. heureusement, je n’ai pas de boulot
      je n’ai guère la joie non plus
      d’être par-dessus et de faire ouf, ouf, ouf
      disons un peu comme on meurt, à moitié comme on meurt, c’est à dire la moitié
      qui meurt et l’autre qui ne meurt pas, tranquille

      la gloire s’en va
      je fais tout pour la retenir mais shlouf, la gloire s’en va
      mes années mes lumières, mon petit rat bougri
      la lune nénuphar – faudra bien un jour que je me parle de celle-ci
      de celle-là
      ou de celle plus bas encore, et dont on n’a rien dit
      et dont on ne sait rien
      vu qu’elle n’éclaire pas

      j’habite à côté de chez moi, dans un avenir de moins
      en moins proche que ça
      ras le pubis
      ras, tout l’ennui
      si tu te portes pâle tu te portes pâle ,- cela ne donne lieu à aucun commentaire
      là tu vois bien qu’on ne commente rien si ce n’est
      le rien en toute sa splendeur
      le rien en toute son horreur
      et allez une, di’ng din’g don’g, et aller où, aller où en commençant par où
      et finir où au final à la
      pénultième et anté-
      pénultième

    24 juillet 2025

  • l’ange a tout pris

      dis-moi comment tu fais non mais dis-moi comment tu vis
      d’la charpie oh, d’la charpie partout
      et des gens qui rechignent, et des gens tout en sport
      on s’en souviendra non, on s’en souvient pas
      et des gens qui au bord, bon
      se trompent de genou, m’empruntent mon faux nez

      j’ai beau m’rouler, j’ai beau m’rouler, dans la boue
      ou la boue ou la boue de mes é-
      lucubrations
      j’ai beau m’rouler j’ai bout d’rouleau, de mes é-
      radications – j’réponds quoi ?
      allez vas-y dis moi quoi j’réponds quoi z’
      à mon contradicteur, à mon fichu
      horodateur ?

      suspance oh mon jour pur
      mon jour très pur mon jour à fleur
      j’redégringole
      j’redégringole comme on s’envole
      verge au refrain long bycicle. toujours le tien
      toujours le tien jamais le mien, je meurs d’envie
      d’envie de rien
      d’envie de soi
      j’murmureduson quelquefois. et d’autres fois carrément non
      d’autres fois carrément non, je murmure pas

      d’un ciel si bas – on aurait dit qu’il pleut. et pourtant…
      et pourtant ce n’est qu’un simple lundi, un lundi de mauvaise grâce
      court-bouillon de lundi
      on aurait dit quoi, on aurait dit un cht
      on aurait dit un allez va chten
      un allez va ch’t’emmerde, ange de les deux
      bref un genre de diatribe

    21 juillet 2025

  • par abandon

      qu’une seule personne
      la pluie à force de tomber
      du barbelé en guise de pieds

      la pluie contre toute apparence
      je me regarde dans le vide
      le nombril fluctuant

      ne dort ni ne veille
      la jambe a lâché, quelque part
      vu d’ailleurs cela semble si peu…

      sous les radars, passant persistant
      petit tas melancolo
      bouddha veille sur soi

      carré d’os
      petite mine ce matin
      la couverture à moitié nue

      il plante un clou, en commençant par
      la paume gauche. puis
      il refait surface, sans que cela ne
      porte à conséquence

      toute ombre bue
      gentiment la lisière, s’effondre
      je n’ai que trop dormi…

    18 juillet 2025

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