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assis là sur un banc


  • la nouvelle humanité

      il y a toujours une porte derrière toi. mais si tu te retournes (admettons que tu te retournes), à quel vide fais-tu dos ?
      et quand se lève la porte, le souffle du temps suffira-t-il
      à maintenir les murs
      droits, ou tout au moins debout ?

      ville neuve
      ville entièrement neuve
      en ruines neuves
      neuves ruines
      recouvertes de ruines
      et recouvrant des ruines
      ruine-sur-ruine
      ville neuve
      ruines veuves
      moins un arbre, rabougri

      pétaouchnok
      devant la ville une autre ville, proprette, émancipée
      derrière ses murs un torrent
      de murs, de bouses affectives
      une vielle dent
      on n’attend rien les uns des autres, on fait du stop
      sachant bien qu’aucune auto – ai-je vraiment dit auto ? –
      ne s’arrêtera jamais

      allez flow, en avion flow
      et l’avion flow
      en plein air, en open space
      rigole, destin ! ici le chien mord bleu
      – retour à rien
      le rien cible immense, inratable in-
      dépassable, ici le rien
      à flot
      le rien à flot
      sonar peinard

    27 juillet 2025

  • dieu entre volver et revolver

      putain mais quand on n’a rien à dire on la ferme, quoi
      petit rouleau compresseur compressé, décomplexé
      petite pelle
      salive en stock et gros mouchoir
      je m’appelle vendredi
      je m’appelle tous les vendredis
      à part vendredi dernier, où malencontreusement je, enfin j’é-
      tais absent, précisément parce qu’absent
      et pour cause d’absence rien qu’absent, un peu mais tout aussi sévèrement que
      que
      que tous les autres jours

      je m’appelle à mon boulot. heureusement, je n’ai pas de boulot
      je n’ai guère la joie non plus
      d’être par-dessus et de faire ouf, ouf, ouf
      disons un peu comme on meurt, à moitié comme on meurt, c’est à dire la moitié
      qui meurt et l’autre qui ne meurt pas, tranquille

      la gloire s’en va
      je fais tout pour la retenir mais shlouf, la gloire s’en va
      mes années mes lumières, mon petit rat bougri
      la lune nénuphar – faudra bien un jour que je me parle de celle-ci
      de celle-là
      ou de celle plus bas encore, et dont on n’a rien dit
      et dont on ne sait rien
      vu qu’elle n’éclaire pas

      j’habite à côté de chez moi, dans un avenir de moins
      en moins proche que ça
      ras le pubis
      ras, tout l’ennui
      si tu te portes pâle tu te portes pâle ,- cela ne donne lieu à aucun commentaire
      là tu vois bien qu’on ne commente rien si ce n’est
      le rien en toute sa splendeur
      le rien en toute son horreur
      et allez une, di’ng din’g don’g, et aller où, aller où en commençant par où
      et finir où au final à la
      pénultième et anté-
      pénultième

    24 juillet 2025

  • l’ange a tout pris

      dis-moi comment tu fais non mais dis-moi comment tu vis
      d’la charpie oh, d’la charpie partout
      et des gens qui rechignent, et des gens tout en sport
      on s’en souviendra non, on s’en souvient pas
      et des gens qui au bord, bon
      se trompent de genou, m’empruntent mon faux nez

      j’ai beau m’rouler, j’ai beau m’rouler, dans la boue
      ou la boue ou la boue de mes é-
      lucubrations
      j’ai beau m’rouler j’ai bout d’rouleau, de mes é-
      radications – j’réponds quoi ?
      allez vas-y dis moi quoi j’réponds quoi z’
      à mon contradicteur, à mon fichu
      horodateur ?

      suspance oh mon jour pur
      mon jour très pur mon jour à fleur
      j’redégringole
      j’redégringole comme on s’envole
      verge au refrain long bycicle. toujours le tien
      toujours le tien jamais le mien, je meurs d’envie
      d’envie de rien
      d’envie de soi
      j’murmureduson quelquefois. et d’autres fois carrément non
      d’autres fois carrément non, je murmure pas

      d’un ciel si bas – on aurait dit qu’il pleut. et pourtant…
      et pourtant ce n’est qu’un simple lundi, un lundi de mauvaise grâce
      court-bouillon de lundi
      on aurait dit quoi, on aurait dit un cht
      on aurait dit un allez va chten
      un allez va ch’t’emmerde, ange de les deux
      bref un genre de diatribe

    21 juillet 2025

  • par abandon

      qu’une seule personne
      la pluie à force de tomber
      du barbelé en guise de pieds

      la pluie contre toute apparence
      je me regarde dans le vide
      le nombril fluctuant

      ne dort ni ne veille
      la jambe a lâché, quelque part
      vu d’ailleurs cela semble si peu…

      sous les radars, passant persistant
      petit tas melancolo
      bouddha veille sur soi

      carré d’os
      petite mine ce matin
      la couverture à moitié nue

      il plante un clou, en commençant par
      la paume gauche. puis
      il refait surface, sans que cela ne
      porte à conséquence

      toute ombre bue
      gentiment la lisière, s’effondre
      je n’ai que trop dormi…

    18 juillet 2025

  • pinçon ardent

      j’échangerais bien mon chien contre rien, me femme contre une bundes-party
      comment c’est facile de mentir, sauf quand ça devient impossible évidement
      ou que tout devient impossible
      la preuve : je n’existe pas

      la nuit ne se rend compte de rien – elle ouvre juste des yeux énormes et se dit mais comment j’ai pu louper ça, comment me retrouvé-je dans le haut alors que
      le bas n’a même pas commencé

      tout d’une vie, mais rien d’une nuisance allez hop c’est fini – allez hop c’est fini, définitivement fini – ça fait si mal et pourtant qu’est-ce que ça soulage, définitivement fini
      fini sur toute la ligne

      je m’ouvre une porte. dedans crashe au-dedans tandis qu’
      au-dehors s’envole, mais putain s’envole où, où et haut, s’envole où
      lorsque je reviens à moi me voilà déjà nulle part
      et nulle part me répare

      entre la mort et dieu, je n’ai plus ou ne fais plus aucun lien
      le linceul d’un destin me découvre une épaule
      tu m’attrapes par la barbe pouah, je me coupe la barbe
      je crois bien que j’ai eu tort avant toi, alors laisse-moi passer
      dernier recueil

    15 juillet 2025

  • déroute psychique

      il y a pomme pierre ciseaux, et puis il y a moi, le trou au centre du cercle le cercle
      tout autour de nulle part
      il y a même un pigeon qui s’envole à chaque fois que
      l’on fait clac
      ou qu’on se brûle un bach

      désormais la nuit commet – on ne s’y reconnaît plus
      vivre comme n’étant pas chez soi, hostile à chez soi, allergique à chez soi
      mauvaise mère
      mauvaise mère mauvaise paire de manches
      mauvais tout court

      sur mon chien j’ai marqué mon prénom
      à la craie, pour qu’il ne s’efface pas
      d’où que je parte j’aboutis toujours au même : j’aime un dieu, un seul dieu
      un dieu
      si définitivement seul

      en plein vide il y a une chose qui pend là, inutile
      un mort pend à une louche de terre, il ne rigole pas
      personne ne rigole
      personne ne montre ses mains (ses dents, ses seins), si blanches soient-elles
      quelqu’un me tue devant

      chaque fois que je l’ouvre
      l’ouvre et pour ne rien dire
      rien dire et ça s’inscrit dans l’acier, sur
      la gencive d’une vague et cetera
      alors fais pas chier

    12 juillet 2025

  • là-bas

      j’ai vu un ours se dandiner parmi les hautes herbes
      je me suis reculé jusque derrière l’écran
      jusque derrière l’esprit
      toutes les langues sont étrangères. toute mère étrangère de même. j’ai vu
      un ours se dandiner
      parmi les hautes herbes

      étrangement, pas besoin de visa là – mais où creuser sa tombe ?
      partir en fumée rejoindra t-il le ciel ?
      j’ai mangé d’la mort, mangé d’la mort
      maintenant j’aimerais bien que quelqu’un vienne me pousser
      à la balançoire…

      tout ça pour quoi, une plage sans slip
      des discussions à n’en plus finir avec un sensible horodateur
      arrive t-on jamais où que ce soit quand on revient de loin, de si loin qu’on ne        revient plus de nulle part ?
      entre deux eaux tranquilles, un os tient le guet

      je ne m’aborde plus
      que par la face nord. celle au regard vide et froid
      au bosquet de bouleaux que toute pitié a déserté
      et là je claque des mains
      des dents des mains je claque que veux-tu
      c’est bien le minimum

    9 juillet 2025

  • mais carrément le gars s’envole

      les grandes, les immenses les
      perpétuelles vacances
      et ce sentiment-là d’entre les os, de sinistre, d’extatique de
      sublime indifférence
      mais toujours pas de repos

      pas de grands arbres, puissants
      pas de petites faméliques
      les yeux, ouvre bien grand les yeux – un, deux, trois vagabonds plus loin
      et toujours rien dans la besace…

      les querelles, les atrides, et trapu ce bunker, là
      posé nu sur la plage
      à la remorque de je n’sais quoi, marée fluctuante
      faudra pas venir se plaindre…

      mourir soit mais dans l’éternité – mourir
      dans l’été de l’esprit, ou à peu près
      bombe larguée sur une mer de sable, de sablonneux
      de retour à l’envoyeur
      dont on taira évidemment le nom

      vider la mémoire à l’aide d’un passoire n’en délogera ni n’en désenclavera l’oubli
      une tombe tombe morte j’en ressors
      sans une égratignure comme quoi
      comme quoi quoi ?
      comme quoi rien

    6 juillet 2025

  • plouf plouf

      c’est pas grave. il n’y a pas de
      jardin.
      méchant jardin

      des choses qui se suivent mais de loin, sans jamais se
      rejoindre, ni même se rapprocher
      blanc seing et no comète

      caresse ton gnome, la source blême.
      quelqu’un est 
      passé par là
      avant quand j’étais mort

      un trou dans l’habitude, ou la
      mort sans combattre
      sans séquelle – simple
      rupture de ton

      j’avais disons
      rayé d’la carte, rayé la carte, ba-
      lancé les dés :
      joué à plouf-plouf, en fait

    3 juillet 2025

  • ta bulle et ses miroirs

      secoue-moi
      il en tombera peut-être des prunes, ou des ballons morts
      on meurt plus profondément tout seul
      plus loin en mer
      dans l’horreur de la mer
      – vraiment pas le moment de penser aux grenouilles…

      une unité merveille, une mansarde à l’ouest
      je ne m’habille en rien. c’est le carnaval des morts à moitié
      des morts en chemin
      si secret qu’on peine par ailleurs à le divulguer, petite bulle avortée

      j’assomme un cochon – que voulais-tu que je fasse ?
      on marche en soi, comme si on allait jamais revenir quelque part
      si je lève les bras je m’envole, c’est risqué – comment en effet de là-haut, tout là-haut, résister à la
      tentation de s’écraser ?
      du coup je baisse les bras

      mourir sans combat. les chiens jouent dans la boue
      s’oublier enfin. se poser la main sur l’épaule
      se gratter, si gratter nous soulage
      ou se redire adieu, encore et encore
      vider tous ses cartons

      soutirer le feu à la flamme, et il en reste quoi – quel genre ou quel
      spectre d’éternité ?
      j’avance sur place, dans une verticalité d’opérette
      et quand tombe la nuit, c’est sur elle-même qu’elle tombe
      – l’infini sans issue ou simplement grenouille
      assise sur un échiquier…

    30 juin 2025

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