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assis là sur un banc


  • pinçon ardent

      j’échangerais bien mon chien contre rien, me femme contre une bundes-party
      comment c’est facile de mentir, sauf quand ça devient impossible évidement
      ou que tout devient impossible
      la preuve : je n’existe pas

      la nuit ne se rend compte de rien – elle ouvre juste des yeux énormes et se dit mais comment j’ai pu louper ça, comment me retrouvé-je dans le haut alors que
      le bas n’a même pas commencé

      tout d’une vie, mais rien d’une nuisance allez hop c’est fini – allez hop c’est fini, définitivement fini – ça fait si mal et pourtant qu’est-ce que ça soulage, définitivement fini
      fini sur toute la ligne

      je m’ouvre une porte. dedans crashe au-dedans tandis qu’
      au-dehors s’envole, mais putain s’envole où, où et haut, s’envole où
      lorsque je reviens à moi me voilà déjà nulle part
      et nulle part me répare

      entre la mort et dieu, je n’ai plus ou ne fais plus aucun lien
      le linceul d’un destin me découvre une épaule
      tu m’attrapes par la barbe pouah, je me coupe la barbe
      je crois bien que j’ai eu tort avant toi, alors laisse-moi passer
      dernier recueil

    15 juillet 2025

  • déroute psychique

      il y a pomme pierre ciseaux, et puis il y a moi, le trou au centre du cercle le cercle
      tout autour de nulle part
      il y a même un pigeon qui s’envole à chaque fois que
      l’on fait clac
      ou qu’on se brûle un bach

      désormais la nuit commet – on ne s’y reconnaît plus
      vivre comme n’étant pas chez soi, hostile à chez soi, allergique à chez soi
      mauvaise mère
      mauvaise mère mauvaise paire de manches
      mauvais tout court

      sur mon chien j’ai marqué mon prénom
      à la craie, pour qu’il ne s’efface pas
      d’où que je parte j’aboutis toujours au même : j’aime un dieu, un seul dieu
      un dieu
      si définitivement seul

      en plein vide il y a une chose qui pend là, inutile
      un mort pend à une louche de terre, il ne rigole pas
      personne ne rigole
      personne ne montre ses mains (ses dents, ses seins), si blanches soient-elles
      quelqu’un me tue devant

      chaque fois que je l’ouvre
      l’ouvre et pour ne rien dire
      rien dire et ça s’inscrit dans l’acier, sur
      la gencive d’une vague et cetera
      alors fais pas chier

    12 juillet 2025

  • là-bas

      j’ai vu un ours se dandiner parmi les hautes herbes
      je me suis reculé jusque derrière l’écran
      jusque derrière l’esprit
      toutes les langues sont étrangères. toute mère étrangère de même. j’ai vu
      un ours se dandiner
      parmi les hautes herbes

      étrangement, pas besoin de visa là – mais où creuser sa tombe ?
      partir en fumée rejoindra t-il le ciel ?
      j’ai mangé d’la mort, mangé d’la mort
      maintenant j’aimerais bien que quelqu’un vienne me pousser
      à la balançoire…

      tout ça pour quoi, une plage sans slip
      des discussions à n’en plus finir avec un sensible horodateur
      arrive t-on jamais où que ce soit quand on revient de loin, de si loin qu’on ne        revient plus de nulle part ?
      entre deux eaux tranquilles, un os tient le guet

      je ne m’aborde plus
      que par la face nord. celle au regard vide et froid
      au bosquet de bouleaux que toute pitié a déserté
      et là je claque des mains
      des dents des mains je claque que veux-tu
      c’est bien le minimum

    9 juillet 2025

  • mais carrément le gars s’envole

      les grandes, les immenses les
      perpétuelles vacances
      et ce sentiment-là d’entre les os, de sinistre, d’extatique de
      sublime indifférence
      mais toujours pas de repos

      pas de grands arbres, puissants
      pas de petites faméliques
      les yeux, ouvre bien grand les yeux – un, deux, trois vagabonds plus loin
      et toujours rien dans la besace…

      les querelles, les atrides, et trapu ce bunker, là
      posé nu sur la plage
      à la remorque de je n’sais quoi, marée fluctuante
      faudra pas venir se plaindre…

      mourir soit mais dans l’éternité – mourir
      dans l’été de l’esprit, ou à peu près
      bombe larguée sur une mer de sable, de sablonneux
      de retour à l’envoyeur
      dont on taira évidemment le nom

      vider la mémoire à l’aide d’un passoire n’en délogera ni n’en désenclavera l’oubli
      une tombe tombe morte j’en ressors
      sans une égratignure comme quoi
      comme quoi quoi ?
      comme quoi rien

    6 juillet 2025

  • plouf plouf

      c’est pas grave. il n’y a pas de
      jardin.
      méchant jardin

      des choses qui se suivent mais de loin, sans jamais se
      rejoindre, ni même se rapprocher
      blanc seing et no comète

      caresse ton gnome, la source blême.
      quelqu’un est 
      passé par là
      avant quand j’étais mort

      un trou dans l’habitude, ou la
      mort sans combattre
      sans séquelle – simple
      rupture de ton

      j’avais disons
      rayé d’la carte, rayé la carte, ba-
      lancé les dés :
      joué à plouf-plouf, en fait

    3 juillet 2025

  • ta bulle et ses miroirs

      secoue-moi
      il en tombera peut-être des prunes, ou des ballons morts
      on meurt plus profondément tout seul
      plus loin en mer
      dans l’horreur de la mer
      – vraiment pas le moment de penser aux grenouilles…

      une unité merveille, une mansarde à l’ouest
      je ne m’habille en rien. c’est le carnaval des morts à moitié
      des morts en chemin
      si secret qu’on peine par ailleurs à le divulguer, petite bulle avortée

      j’assomme un cochon – que voulais-tu que je fasse ?
      on marche en soi, comme si on allait jamais revenir quelque part
      si je lève les bras je m’envole, c’est risqué – comment en effet de là-haut, tout là-haut, résister à la
      tentation de s’écraser ?
      du coup je baisse les bras

      mourir sans combat. les chiens jouent dans la boue
      s’oublier enfin. se poser la main sur l’épaule
      se gratter, si gratter nous soulage
      ou se redire adieu, encore et encore
      vider tous ses cartons

      soutirer le feu à la flamme, et il en reste quoi – quel genre ou quel
      spectre d’éternité ?
      j’avance sur place, dans une verticalité d’opérette
      et quand tombe la nuit, c’est sur elle-même qu’elle tombe
      – l’infini sans issue ou simplement grenouille
      assise sur un échiquier…

    30 juin 2025

  • d’autres se sont dit : toi, boomerang creux

      l’abîme l’attriste. personne ne dort
      personne derrière le paravent non plus, même si d’aucuns pour se consoler continueront à se dire
      que doudou n’est peut-être pas mort pour rien, après tout

      je ne mange plus
      j’essaie seulement de ne pas me faire tuer
      par la mort qui patrouille
      ou par l’insignifiance blette.
      selon une autre version je mange de l’herbe, des bestioles
      que l’on trouve dans l’herbe

      ,le ciel ment. c’est plus fort que lui, il ment
       je… faisais mes exercices d’aïkido comme tous les matins, quand soudain je pris conscience
      que le ciel mentait.
      mais que faire de ça, vide révélation
      anus sans perspective ?

      j’ai en ma possession une lanterne, dont j’ignore néanmoins le processus d’allumage
      il me faudrait inspirer l’atmosphère entière
      pour ne pas imploser, ou suffoquer d’un tel soupir existentiel
      zob en déperdition

      avoir mal à l’homme, au centre de gravité de l’homme
      l’angoisse en guise de moelle épinière, et cette méfiance suicidaire
      sinon c’est pas grave : je danse avec toi
      advienne ce qu’il advienne, moi je danse avec toi –
      je veux dire ton absence, ou l’absence en tant que telle

    27 juin 2025

  • enterre ta tête

      on se respecte on se vouvoie, on se touche l’intestin on se
      tâte la couille – on voudrait bien, or rien n’est moins certain,
      sortir de là
      lui dire qu’elle se lèche le frein

      quand est-ce qu’on va
      et puis quand est-ce qu’on va, envers et contre tout
      supporter c’est trop grave. supporter c’est plus possible
      mon sexe me tient par la main il me dit crache
      allez crache ton machin

      j’amoure à vide
      j’ai rêvé d’un cancer, de vacances sur la côte – pouilleuse côte…
      je m’en prends au réverbère, pauvre petite lumière
      c’est vraiment pas mon jour

      on trouve le feu où, pipe faussaire
      je m’achète un disque. je m’achète toujours un disque. toujours le même disque
      ce qui me distingue d’un mort n’est pas seulement la mort. mais mon chien n’aboie plus
      mon chien
      n’aboie pas

    24 juin 2025

  • nulle part ailleurs. manger d’la terre

      il faut mourir. la mort en soi reste secondaire
      n’être le jumeau de personne ne m’aura pas franchement aidé non plus
      l’image dans mon crâne, et son destin de poisson rouge…

      j’apporte un jour tu me remontes
      le slip.
      il y a des caresses qui se perdent – parfois pas de caresses
      du tout.
      une jambe plus basse que l’autre d’un côté et de l’autre
      un ciel un peu fébrile, par contumace

      on se parle comme ça, disons de but en blanc
      comme on se parle à soi, la voix patraque et l’oreille caverneuse
      à quoi ressemblerait donc le suicide d’une fenêtre – un genre de « déshumanération » ?

      si j’avais un dictaphone je pourrais m’enregistrer, improviser de vive voix quelque rachitique poème
      charrier l’absence ne saurait constituer un but en soi, pas plus de mon vivant que de mon mourant
      d’ailleurs tant qu’on y est, les morts se brossent-ils mes dents ?

    21 juin 2025

  • ton truc de ventre, tes pilules abortives

      les gens sont les gens, dès qu’ils marchent à l’envers
      te souviens-tu de moi, ou ne fus-je qu’embarras ?
      la misère, de ne plus savoir faire semblant

      et ceux-là quand ils courent, on dirait qu’ils courent toujours du côté moche
      on les traite comme des bêtes, et puis on monte le son
      de tout mon corps je déteste l’océan, même quand il pleure

      il ne me reste que l’éternité, ou comment la gâcher
      tu me tiens par la main, un peu comme un fantôme son mur
      les flaques sur le sol, on a beau les écraser…

      l’amoureux parmi moi, putréfaction nubile
      si j’accepte ce chewing-gum, sans devoir l’avaler ?
      et mon chien qui a perdu l’usage de son aboiement…

    18 juin 2025

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