quand tu touches au néant, que le néant se met à clignoter au fond de ton cœur sec – à la unième tasse de café tu te lèves, tu te lèves enfin: il faut que t’ailles pisser
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tu ne marches plus. en tous les sens du terme tu ne marches plus. tu lèves vers le ciel un regard de chien battu, un regard en point d’interrogation, un regard en doigt d’honneur tu tires vers le ciel la langue d’un homme dépossédé, et une goutte de silence te perfore la mémoire
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pour fonctionner la grâce se doit d’être exceptionnelle, inattendue – inespérée. un léger glissement, une légère intrusion dans l’ordre des choses et munificente la lumière rejaillit. on n’ose y croire, on n’y croit pas et cependant tout l’être s’attendrit, tout l’être s’extasie. ce qui déborde ainsi réconcilie l’existence débile et mutilante à la vie éternelle. mais ça ne dure jamais trop longtemps en fait – ça serait pas du jeu sinon…
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j’aime le néant car de lui seul peut surgir une vérité, à jamais nouvelle et d’un coup éternelle. j’aime le néant car, faute de vérité il condense toute la réalité. le reste du temps je me bagarre un peu, contre mes propres poings, contre mon propre nez. je saigne d’une encre noire, je saigne d’un encre blanche, l’âme d’un gris incandescent…
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je ne m’en lasse pas, de ressasser les mêmes inepties je ne m’en lasse pas, du requiem en queue de cochon je ne m’en lasse pas, de me lasser ainsi, jusqu’à ce que mort s’ensuive et ne se ressemble pas. une nuit je découvre que le néant vit, une fois le jour levé je m’en fous – je récite à l’envers ma prière pour conjurer le mauvais sort, laissant traîner de faux indices et me perdre dans l’inédit





