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assis là sur un banc


  • le trou tel qu’il s’assoit

      le trou tel qu’il s’assoit
      dessus. moi j’ai pleuré la mort dans l’âme, moi j’ai dormi
      dedans.
      puis, quand tout s’est arrêté, j’ai plongé – j’ai plongé j’ai plongé – quand tout s’est arrêté j’ai plongé je
      ne sais où, en quoi

      quand un chien se regarde dans le miroir, c’est le miroir qui baisse les yeux
      on ne se souvient d’absolument rien, on le pur produit d’un défaut de réminiscence
      on embrasse un ballon sur la bouche : paf ! éclate le ballon
      on se gratte la cou-couille : paf ! éclate la cou-couille

      il y a quelque chose qui fait que nous ne disparaissons pas : notre faculté d’adaptation à notre propre disparition
      on lève les bras guili guili. on tombe les bras – bon, les bras m’en tombent
      ce qui nous mène nous mène – enflent nos chevilles en conséquence…

    31 août 2024

  • le mur s’est arrêté là, juste à ma porte

      il y a lieu comme il y a chant, à l’ouest de mon temps. un pas de côté nous sépare de la route. on durera bien jusqu’à novembre.

      tu couches avec le cheval mais le cheval lui ne jouit pas, il pense à autre chose. tu rentres par le chemin le plus long, celui qui ne sort pas de la cour.

      une minute d’intense silence, pendant laquelle tu te regardes tant que tu finis par ne plus te reconnaître. si tu tombes à terre un ciel se relève.

      je ne sais plus sur quelle ombre je me brise, à quelle vision je me raccroche. il fond. tu lui laisses ou lui gardes une place, lui fond quand même.

      il ne se passe rien, d’un ton pluvieux. j’attache les doigts à d’autres doigts ne ferme pas la corde. l’apesanteur finira par l’emporter.

    28 août 2024

  • manger une pomme

      je me range du côté
      des morts, de leur maison.
      à un moment donné je fais sécession, à un moment donné je pose
      ma démission. je me range du côté
      de l’absence monumentale, du non-lieu résiduel
      je pleure bitume

      histoire d’un blanc, d’un silence en
      rupture de ban.
      manger une pomme
      trognon, pépins compris – toutes les guitares
      se sont éteintes et de mon âme, oh de mon âme
      se retire à jamais l’âme

      bord de l’ombre. le paradoxe
      éclate la dualité. pencher seul au-dessus d’un
      succédané de café. la bruine misanthrope
      – quelque part quelqu’un
      revient

    25 août 2024

  • peau de ballon

      terre au goulot, chien au poteau. l’amour
      au piloris.
      quelque part me tape sur l’épaule
      ai-je une nuit, suis-je une nuit
      si profonde que je ne
      m’en réveille pas ?

      tue mon homo-, tue mon syno-
      nyme. la gare, le réfectoire. je quitte mon
      destin. par la fenêtre
      tombe
      tombe et retombe
      en vain : la fenêtre défini-
      tivement
      ne s’en relève pas

      plus tard tu tapes dans tes mains
      plus tard tu te lèves pour
      aller pisser. plus tard, tu ne dors pas
      dormir lâche les ballons
      le reste creuse, et creuse – peau de ballon, conditionnalité d’un
      l’orgasme inopiné
      pour tout dire exaspéré

    23 août 2024

  • genèse de l’indigence

      ce qui ne
      signifie rien – les belles dents blanches de ce qui
      ne signifie rien, sans espoir de ne
      jamais rien signifier
      d’autre qu’attendre, devant la boîte là
      éventrée, la bouteille cassée
      jolis tessons

      mourir ne dira pas son nom. mourir
      abandonnera son nom. mourir abandonne tout
      abandonne les ombres, les pétards mouillés les
      cinglants les
      étincelants. mourir
      rentre dans la tombe, et meurt
      sans fin meurt
      et meurt

      au doigt mouillé
      à la couche trempée
      au banc de sable.
      il y a eu un accident
      l’homme s’est relevé
      d’entre ses os
      – le néant même
      ne l’a pas reconnu

    21 août 2024

  • demain d’un long voyage

      tout dépend de comment on s’y prend, et là comme on s’y prend – pas mal, pas même de travers, mais pas. on ne s’y prend
      carrément pas. on
      dépose les armes, approximativement alignées et une fois
      les armes déposées, on respire un bon coup, un bon coup
      on respire bien à fond

      tu fais tout un printemps d’une hirondelle, tandis que moi depuis trois jours au moins je pèle de l’âme
      je suis tout huis
      j’attends que ça passe, sachant pertinemment que ça ne passera pas, vu que c’est déjà
      passé, l’année dernière déjà ou peut-être même avant
      déjà

      ensuite il est trop tard. trop tard pour se réveiller. trop tard pour se rendormir, également
      la chute, suspendue jusqu’à nouvel ordre. se dire que ci se dire que ça, le vide à moitié plein du sentiment de soi ou
      l’x d’une équation sans résolution alléluia, parfaite inadéquation

      demain d’un long voyage. enfin… d’un voyage
      une grue à l’optimale. à l’optimale de la verticale, perçant le reflet
      crevant le nuage. enfin… le nuage
      lourd d’inconséquence. si lourd. camion citerne. semi-remorque ne
      remorquant rien. rien d’un voyage à vide

    18 août 2024

  • mâchouille ta danse

      donne-moi le reste. le reste tu ne le vis pas, le reste tu ne le penses pas
      assiège-toi dans la foulée. par exemple ne réponds pas aux questions qu’incidemment tu te poses. rends-moi l’écuelle
      rends-moi l’écuelle, tombent les gouttes, et pour finir me voici raclant
      le dos profond d’un ciel inverse

      jamais je ne regrette. mensonge. j’ai toutes les dents qui tombent
      avant midi fait presque nuit; après midi nuit tout autant. on ne sait plus par où commencer, par où continuer
      je crois avoir avalé le miroir mais l’image semble restée coincée
      en travers de la gorge

      toute la splendeur d’un héros sans son slip. le ciel s’affaisse
      le ciel s’affaisse que veux-tu. mauvaise inclinaison. la tombe ouvre sa gueule en grand
      je te caresse la tête jusqu’à ce que, la relevant, tu me dises oui caresse-moi la tête mais demain, ou plutôt après demain
      mais maintenant laisse-moi tranquille

      mon verger donne directement de la gnôle, sans passer par les pommes
      sans même grimper aux arbres. un flic derrière chaque môme. la récré court-bouillonne
      un animal rôde par chez moi. j’ignore ce qu’il cherche, après qui il en a. un animal rôde
      je lui sort des croquettes, à tout hasard

    15 août 2024

  • l’amour sale

      quelqu’un ne me dit rien. les moutons
      fixés au sol, ne sautent que dans leur rêve
      lequel se dégonfle, se dégonfle, et à force de se dégonfler finit
      par coïncider à la forme indéfinie quoique définitive
      de l’évidence

      parler comptant. se taire tout au centre
      une vache me toise. les défunts fument
      je ne pars pas en vacances. ou si je pars c’est
      pour ne pas revenir, à mi-chemin entre jamais
      et définitivement

      marcher recule. l’espace s’approfondit sous l’effet
      de qui ne supervise. d’ailleurs j’arrête le sport
      c’est décidé, j’arrête le sport
      en long et en travers, j’alimente l’immobile

      casse-toi le gant. on improvisera
      j’ouvre ma tombe un ciel s’en échappe, on crève
      pour moins que ça. on crève même pour un rien
      or par miracle on ressuscite sys-
      tématiquement

    13 août 2024

  • s’agenouiller sur les ch’villes, les jointures les gonds

      une ombre se tient debout, debout sur
      son homme à terre
      dans la mort il y a la mort, bon, et dans le reste se noie
      un poisson, pauvre bocal. j’ai attendu, attendu que ça passe
      – en vain

      et que ce dieu ne soit plus qu’une tache au milieu, la dernière menstrue de mon émotivité. et que dieu ne soit plus
      que mon remord de n’avoir pas été, en retard d’une mare
      je t’ai embrassé les seins, je t’ai mordu la chatte – qu’aurais-je pu faire d’autre ? le sol se défausse, le ciel se défile
      la mort même n’a plus d’impact

      tant que ne crève le chien, debout se tient la croix
      je n’attends rien. je hais la pluie. que l’homme soit ivre que l’homme soit sobre, la mer en conséquence
      filet de jour entre deux eaux, pâle figure
      et dieu, que j’aurai honte oh dieu, que j’aurai honte…

      la pluie dans ce contexte
      – laisse tomber
      tomber couler…
      un jour dans la chambre
      ras de matelas
      émietté
      l’humain comme alibi

    10 août 2024

  • pulsion grave dans les dents

      ce n’est plus le corps ni l’esprit, mais le temps en soi – ouvert, férié,  intrinsèque
      le pur temps de l’attente, impuissant tant à rejoindre son objet qu’à le quitter.
      puer des pieds, surtout mort
      d’abord et avant tout mort
      crachotant

      mon chien a des dents, donc il mord
      mord le vent, le spectre, son propre aboiement
      les jours où je ne meurs pas je bois. je ris, je pleure – non, je bois.
      mon chien a perdu toutes ses dents, toute sa queue scorbuteux, alors quoi d’autre il s’est mé-
      tamorphosé en canard

      chien est la vie qui persiste dans le ventre de l’homme mort.
      m’a semblé qu’il me regardait de travers. on ne se pose pas trop de questions
      par la grâce de dieu, on s’en fout
      et on n’a toujours pas compris à quoi pouvait bien servir
      une, ou un, sexe

      pierre d’achoppement.
      l’éternité, faite femme, ne se souvient pas comment
      j’avais une autobahn devant moi ce n’était pas encore l’éternité mais ça y
      prétendait néanmoins – que ferais-je désormais de l’éternité, moi que le temps
      aborde par le côté mou, par le côté lent

    7 août 2024

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