j’ignore où je vais mais au fur et à mesure que je découvre le chemin, je reconnais le chemin. où j’appartiens me mène à lui quasiment à mon insu. en conséquence de quoi, que dieu m’oublie ne me fera pas l’oublier
j’appuie sur le bouton rien ne se passe. j’appuie sur le bouton : aucun son. je m’appuie pas sur le bouton rien ne se passe, hormis le possible. un silence s’étire, prêt à craquer. j’appuie sur le bouton le bouton sonne creux
toute ma famille est morte, d’un seul coup, sous le même arbre. je saigne du nez je le fais pas exprès, à tout moment je saigne du nez. au bout du compte je n’accouche que d’un sapin sans guirlande
la nuit je rentre seul. je conduis saoul je rentre seul. aucun numéro ne s’affiche. ou les numéros qui s’affichent ne m’évoquent plus rien. je pourrais sauter par la fenêtre, s’il y avait une fenêtre au vide
je parle de mes tout petits animaux. j’ai garé mes tout petits animaux dans la ruelle derrière. je t’ai attendue après minuit, jusque deux heures, jusque trois heures je t’ai attendue. on part de rien pour n’arriver à rien, soit, , mais à l’heure pile




