je suis un homme qui ne va nulle part or un homme qui ne va nulle part n’est pas vraiment un homme
il y avait du vent il y avait des vagues il paraît même
qu’il y avait des hommes, tambours battant et peut-être également des êtres
humains pour le décor
mais humain ça veut rien dire, humain ça sent
la mort ou ses antécédents
un chien perdu deux vagabonds, dont l’un je fus
je ne suis l’objet d’aucun sujet, tous morts selon mon hypothèse
si l’on n’appartient à rien, quelle connivence du coup s’établit-il entre ceux qui ne s’appartiennent pas eux-mêmes ?
on s’assirait sur le muret, buvant à même le goulot et on se dirait putain qu’c’est bon d’être à ce point-là
né pour rien
je ne m’appartiens pas – simple précision
j’aime un mort, lequel malgré ce ne parvient pas à me ressembler
les cercueils en carton coûtent bien moins cher et brûlent d’autant mieux
faut-il se tuer ou faut-il subsister, quitte à endurer la honte ?
crève et c’est un ciel. heureusement le ciel était présent
je vis dans l’âme où l’âme semble un tout petit rien – un tout petit rien c’est tellement moins que rien, boudant là dans un coin
je vis avec la sensation que cela ne veut plus dire grand chose, et de dire ça je me sens si petit, comme quand j’aimais une femme parce que le sexe traîne une réputation d’organe sensible
quoique sensiblement mort




