mon corps est à moi, roué de poux
il s’avance vers moi et c’est moi qu’il ne reconnaît pas
il s’avance à tâtons à tâtons il s’enlace, voulant me retenir, il m’enlace, voulant se souvenir
de manière quasi subtile, d’une esquive à bon dos lui ferai-je défaut
une boule à la fenêtre une fenêtre dans la gorge, c’est comme ça qu’on s’y prend
on s’y prend comme un nœud, un nœud
ne s’y prendrait pas autrement, on enfonce les doigts pour en retirer débris, arêtes, relents de paysages
relents de paysages malgré tout
j’ai un peu le vertige en hauteur, en bas c’est plus propre
ça tourne un peu en rond mais on s’y fait avec le temps, on se fait à tout
avec le temps. sauf au temps. sauf aux ronds
sauf à tourner en rond, en bas c’est plus propre et cependant
en bas aussi j’ai le vertige
à la mort coccineau. comme à la mort. coccineau
tu te couches dans ton panier, en boule dans ton panier, panier percé panier papier
si tu me regardes à travers le trou d’une serrure c’est que je suis déjà mort, tu peux me recouvrir de ta paupière
je le dirai à personne, recouvre-moi
de ta paupière et d’un peu
de poussière…
un garçon s’est tu. à corps et à cris. s’est tu
je ne pensais pas te retrouver là. je vais à reculons. jusqu’à la ferme des potiers
quand on remonte le chemin on se dit que l’on décroît
l’on décroît jusqu’à soi. à corps et à cris. un zénith flambant neuf




